Première mondiale pour Olivier Brault et Sonate 1704

Par Stéphane Fortier
Première mondiale pour Olivier Brault et Sonate 1704
Lancement d’un disque unique au monde par Sonate 1704. André Fontaine et Nathalie Ricard, conseillers de la Ville de Terrebonne, entourent les musiciens de Sonate 1704,

À l’occasion du premier concert de la 8e saison de Sonate 1704, le 13 octobre, son directeur, Olivier Brault, en a profité pour procéder au lancement d’un album unique au monde.

On sait que depuis plusieurs années, le violoniste Olivier Brault fait connaître au public la musique baroque originaire de France. Cette fois, avec ses complices musiciennes Dorothéa Ventura et Mélisande Corriveau, il a pris l’initiative de ressusciter les œuvres de Joseph Bodin de Boismortier, compositeur dont les pièces ont été écrites au cours de la première moitié du 18e siècle.

«Il était beaucoup plus connu pour ses compositions destinées à la flûte, mais il a signé plusieurs autres œuvres pour les instruments à cordes et cela s’est perdu avec le temps», explique Olivier Brault d’entrée de jeu. Tellement perdues, ces œuvres de Boismortier, que même les musicologues français craignaient que ces sonates soient disparues pour de bon.

Après plusieurs mois de recherches, c’est finalement à la British Librairy de Londres qu’Olivier Brault a déniché les fameuses sonates de Boismortier. «Ils m’ont fait parvenir des copies par la poste et en mai 2018, nous nous rendions à l’église Saint-François-de-Sales, à Laval, et enregistrions ces sonates», de relater Olivier Brault, un fier Terrebonnien.

Unique

Le résultat? Un album unique au monde. «Ces pièces étaient tombées dans l’oubli et n’avaient jamais fait l’objet d’un enregistrement. Il s’agit donc d’une première mondiale», mentionne fièrement Olivier Brault.

Assurément, cet album fera le tour du monde et contribuera à faire connaître Sonate 1704, car sa musique franchira dorénavant de multiples frontières et saura intéresser ses collègues du milieu de la musique ancienne, d’autant plus qu’elle est diffusée par une maison de disques renommée, soit Analekta.

«On parle ici d’un exercice de recréation. Nous rendons cette musique de Boismortier de nouveau disponible», précise le grand violoniste, lequel, avec ses deux complices, Dorothéa et Mélisande, se produit un peu partout dans le monde.

S’il s’agissait d’une 66e participation d’Olivier Brault à un disque, l’album consacré à Boismortier est le premier du Terrebonnien comme interprète soliste. «C’est gros pour moi. Il y a longtemps que des compagnies de disques me sollicitent, mais je ne me sentais pas mûr, par encore prêt. Là, je l’étais», affirme le musicien.

Un premier concert

On le sait, Olivier Brault s’est donné, il y a huit ans, la mission de faire découvrir au public la musique classique française. Et depuis ce temps, il offre des concerts uniques à Terrebonne. Le premier concert de la 8e saison, qui avait lieu au Collège Saint-Sacrement, était consacré, il va de soi, à Joseph Bodin de Boismortier, mais on a également pu entendre des œuvres de Giovanni Antonio Guido et de François Couperin.

Le prochain concert de Sonate 1704 à Terrebonne se déroulera le 19 avril et mettra en lumière les œuvres de Jean-Baptiste Anet. Mais pourquoi aussi peu de concerts? «Nous avons tous des carrières très exigeantes, nous manquons de temps, ce qui explique le petit nombre de concerts», justifie Olivier Brault. Ce dernier se disait déçu de la faible assistance à ce concert et il souhaite que plus de gens s’intéressent à leur musique qui est pourtant, disons-le, extraordinaire. En passant, Olivier Brault rêve d’apporter un clavecin à Terrebonne. «Il n’y en a malheureusement pas ici et il en coûte très cher pour en louer un», fait remarquer le musicien en conclusion.

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