Prendre conscience ensemble de l’enjeu de l’itinérance

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Par Gilles Fontaine
Prendre conscience ensemble de l’enjeu de l’itinérance
Dans Lanaudière, on remarque un nombre grandissant de personnes âgées de plus de 50 ans en situation ou à risque d’itinérance. L’itinérance des femmes est aussi de plus en plus visible.

Plus de personnes âgées et de femmes sont en situation ou à risque d’itinérance sur le territoire de Terrebonne. C’est ce que nous apprend le rapport du comité spécial portant sur l’itinérance et la toxicomanie qu’a entériné le comité exécutif de la Ville de Terrebonne le 11 décembre dernier.

Créé en octobre 2018, le comité spécial avait le mandat de dresser un portrait de la situation d’itinérance et de la toxicomanie à Terrebonne et d’élaborer trois recommandations à l’intention du comité exécutif.

Cependant, le comité spécial a choisi, pour ce rapport, de ne se concentrer que sur les enjeux de l’itinérance, principalement parce que la toxicomanie n’est pas ressortie comme un facteur principal d’itinérance. Le rapport précise plutôt que la toxicomanie et les problématiques de santé mentale « sont les principaux facteurs aggravants liés à la condition de personnes se retrouvant à la rue ou à risques d’itinérance. »

L’enjeu de la toxicomanie serait possiblement abordé dans la Politique de développement social à venir, aux dires de Simon Paquin, conseiller et président de la Commission du développement social et communautaire de la Ville de Terrebonne.

Pour revenir au rapport, il est noté que, particulièrement dans Lanaudière, un nombre grandissant de personnes âgées de plus de 50 ans sont en situation ou à risque d’itinérance. L’itinérance des femmes est aussi de plus en plus visible.

Le comité spécial reconnaît que ces faits demandent une nouvelle façon de faire, surtout lors d’interventions.

Une prise de conscience collective

« Ce qu’il faut retenir, ce sont les échanges qu’il y a eu entre les différents milieux. [La démarche] a permis une prise de conscience collective, car les perceptions étaient différentes [d’un milieu à l’autre], déclare André Fontaine, conseiller municipal et président du comité spécial. C’est d’ailleurs l’une de nos recommandations : se rencontrer au moins une fois par année pour poursuivre cette collaboration et cette prise de conscience. Le portrait de l’itinérance bouge constamment. Cette rencontre annuelle nous mettra tous sur la même page. Ce rapport, c’est un bon début. Maintenant, on va s’assurer qu’il y ait une suite. »

« Le comité exécutif a pris acte du rapport et de ses recommandations. Il y aura des suites à ce travail, assure M. Paquin. Réunir les instances de la Ville et les organismes communautaires et institutionnels (CISSS de Lanaudière) a été remarquable. Il y a maintenant un canal d’échange. »

Un premier pas vers la sensibilisation

Outre maintenir une rencontre stratégique une fois par année, il est aussi recommandé dans le rapport d’intégrer les membres du comité spécial à la préparation de la Politique de développement social de la municipalité et de sensibiliser les citoyens au phénomène de l’itinérance, de même que des missions et actions des acteurs communautaires de Terrebonne.

D’ailleurs, d’ici quelques semaines, la Ville exposera la démarche liée sa Politique de développement social ainsi que ses participants.

Notons que le comité spécial portant sur l’itinérance et la toxicomanie est composé des conseillers municipaux André Fontaine, Simon Paquin et Dany St-Pierre, ainsi que de membres du cabinet du maire, des directions de la police et des loisirs et de la vie communautaire, du CISSS de Lanaudière, des organismes La HUTTE – Hébergement d’urgence de Terrebonne, Café de rue Solidaire de Terrebonne et Travail de rue Le Trajet, sans oublier deux citoyennes, Chantal Lapier et Amélie Girard. Tous ont tenu cinq rencontres, entre avril et novembre 2019, pour la préparation du rapport.

***

L’itinérance à Terrebonne en avril 2018

– 209 personnes sont en situation d’itinérance visible

– 75 % sont de sexe masculin

– 13 % sont sans revenu

– 35,8 % sont âgées de 18 à 29 ans

– Les personnes de 50 ans et plus sont deux fois plus nombreuses dans Lanaudière qu’ailleurs au Québec

– La dépendance ou la toxicomanie a été un facteur déterminant pour 42 % des personnes en situation d’itinérance

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