Preuve d’imagination

Par Gilles Bordonado
Preuve d’imagination
Gilles Bordonado, éditeur de La Revue

LIBRE OPINION

C’est dans les moments difficiles qu’il faut savoir faire preuve d’imagination et les villes de Terrebonne et de Mascouche, de concert avec le milieu culturel et des affaires, en font preuve alors que le Québec poursuit son déconfinement à la suite de la pandémie de la COVID-19.

J’ai été épaté de voir Terrebonne mettre en commun les ressources de la SODECT et des Complexes sportifs Terrebonne pour organiser des spectacles en plein air dans le stationnement de la Cité du sport. Pour la fête nationale, Mascouche organise un feu d’artifice qui sera déployé en hauteur et présenté sur Internet pour souligner notre fierté nationale. De plus, plusieurs autres projets à saveur culturelle sont en préparation. Toutes ces initiatives démontrent la capacité de notre milieu à faire preuve d’imagination.

Ces municipalités mettent aussi de l’avant plusieurs mesures qui favoriseront une meilleure relance du Vieux-Terrebonne, mais aussi des secteurs de la restauration, du commerce de détail et du domaine culturel aux quatre coins de la MRC Les Moulins. Il est heureux que des entreprises puissent user des espaces en façade des restaurants et des commerces pour mettre en valeur leurs produits et services, le tout dans le respect de leurs voisins et de la sécurité publique.

Terrebonne planche sur un certain usage commercial de l’espace public avec l’ajout de terrasses sur des bouts de rues au cœur du Vieux-Terrebonne depuis des semaines. Sans la tenue des pièces estivales au Théâtre du Vieux-Terrebonne, le secteur de la restauration, déjà durement frappé par la pandémie, se préparait à des mois d’été bien difficiles. Le maire Marc-André Plante ne s’est jamais caché qu’il souhaitait un certain redéploiement de l’espace public dans le cœur du quartier, dont la valorisation culturelle du stationnement coin Saint-Pierre et Sainte-Marie. La tenue du marché de Noël a été un pas en ce sens.

Si je comprends les restrictions de résidents de voir leur quiétude en souffrir, je ne vois pas comment nous ne pourrions pas favoriser une juste cohabitation entre les vocations commerciale et résidentielle. En 2020, on ne peut pas se surprendre que le Vieux soit reconnu comme une destination touristique, culturelle et commerciale de choix. Comme le secteur résidentiel, ces missions sont au cœur de son identité. Des balises précises sur ce qui est permis doivent être mises de l’avant et elles le seront, de ce que je comprends.

Le cœur du quartier et ses maisons patrimoniales méritent réflexion et protection. Les discussions entourant l’ex-Folichon sont parfaitement saines et totalement justifiées. Cependant, quand je lis sur Facebook certains s’horrifier dès que l’on rase le moindre bâtiment sans valeur historique et en décrépitude, je décroche. On crie, on s’insurge et ces gens n’ont rien à suggérer d’autre que le statu quo de laisser ces nids à feu à l’abandon. On ne doit pas accepter n’importe quel projet, mais on ne doit pas s’opposer à tous les projets.

Cette parenthèse fermée, j’applaudis donc les mesures proposées par les municipalités et je sais que de nombreux propriétaires d’édifices commerciaux y collaborent. Plusieurs ont mis la main dans leurs poches en s’inscrivant aux programmes de soutien aux locataires commerciaux proposés par Québec et Ottawa, mais certains le refusent catégoriquement, ce qui est franchement triste. Tout le monde doit mettre la main à la pâte et ils sont également du nombre. Je comprends qu’ils vivent aussi des impératifs financiers, mais si leurs locataires doivent fermer leurs portes, ils ne seront pas avancés.

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