Quelques mythes sur les agressions à caractère sexuel

Bien que nous ayons de nombreux outils pour enrichir nos connaissances, de nombreux mythes concernant les agressions sexuelles circulent toujours. Il n’est pas rare d’entendre dire que «la victime l’avait cherché», que «l’agresseur était dans un état d’ébriété avancé», qu’«il ne savait pas ce qu’il faisait».

Le comité intersectoriel régional en matière d’agression sexuelle vous propose un petit exercice à faire en famille et entre amis. Sans prétendre exposer l’ensemble des fausses conceptions, cet exercice vous propose les plus fréquentes. Et si vous entrez dans le jeu, peut-être vous amènera-t-il à entreprendre des démarches nécessaires pour en apprendre davantage (www.lumiereboreale.com) et ainsi être plus en mesure d’aider un proche.

Vrai ou faux ?

Les agressions sexuelles n’existent pas entre «chum» et «blonde».

Faux. Selon une étude de Poitras et Lavoie (1994), 54 % des adolescentes de 14 à 19 ans qui ont été agressées sexuellement l’ont été dans le cadre d’une relation amoureuse.

Une fille habillée sexy provoque l’agression sexuelle.

Faux. En réalité, les victimes sont âgées de 2 semaines à 90 ans. On voit bien que l’âge des victimes n’est pas en cause, pas plus que leur apparence, leur occupation et leur classe sociale. De plus, la minijupe n’est pas un permis de violer.

Une tape sur les fesses en passant, une caresse non désirée, un baiser forcé ne sont pas des gestes assez graves pour être considérés comme des agressions à caractère sexuel.

Faux. Des attitudes, gestes, regards et propos d’ordre sexuel faits ou dits contre la volonté d’une personne peuvent entraîner des conséquences importantes sur son sentiment de sécurité, son estime de soi, etc. et sont considérés comme des agressions à caractère sexuel.

La majorité des victimes (enfants, adolescents ou adultes) ne connaissent pas leur agresseur.

Faux. Près de 90 % des victimes connaissent leur agresseur et lui faisaient confiance. Il s’agit le plus souvent d’un ami, d’une connaissance, d’un ami de cœur, d’un membre de la famille, d’un voisin. De plus, les agressions arrivent souvent dans un endroit familier à la victime.

Plus de 75 % des agressions sexuelles ne sont pas dévoilées.

Vrai. Les victimes hésitent à dévoiler leur agression, car elles ont peur des représailles, de ne pas être crues. À tort, elles ont honte, se sentent responsables de ce qui leur est arrivé ou ne veulent pas causer de préjudice à leur agresseur.

On peut facilement reconnaître un agresseur par ses attitudes ou ses comportements violents.

Faux. Contrairement à ce que l’on peut penser, les agresseurs ne sont pas des personnes aux comportements bizarres ou à l’allure louche. L’agresseur est bien souvent «monsieur/madame tout le monde» et est connu de la victime.

J’ai toujours le droit de dire «non» à une relation sexuelle et même de changer d’idée en tout temps.

Vrai. J’ai le droit de choisir le moment où je désire vivre une relation sexuelle, et ce, sans aucune pression. J’ai aussi le droit de dire non même quand j’ai commencé à embrasser et à caresser l’autre.

Un enfant qui dévoile une situation où il a été abusé sexuellement est immédiatement cru.

Faux. Un enfant agressé ment très rarement. Dans 96 % des cas, les dévoilements se sont avérés fondés. Malheureusement, l’enfant doit se confier en moyenne 13 fois avant que quelqu’un le croie. Plus souvent qu’autrement, il fait face à des réactions négatives de son entourage à la suite du dévoilement. Il est de notre responsabilité comme adulte de l’écouter, de le croire et de lui apporter l’aide appropriée. Et s’il n’y avait pas eu d’agression, il est important d’aller vérifier ce qui se passe dans la vie de l’enfant qui porte des accusations puisque de telles allégations peuvent être une forme d’appel à l’aide.

Quel que soit le résultat que vous avez obtenu, n’oubliez jamais que la responsabilité d’une agression sexuelle revient à 100 % à l’agresseur et que le droit de dire NON est inviolable.

Ressources régionales

Ce petit jeu vous a donné le goût d’améliorer vos connaissances sur cette réalité encore trop présente que sont les agressions sexuelles? Il y a dans la région des ressources qui peuvent vous aider. N’hésitez pas à les contacter. Voici leurs coordonnées : les CLSC et leurs services Info-Santé et Info-Social, le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) La Chrysalide au (450) 964-7888 ou au 1 866 964-7888, Espace-Lanaudière au (450) 835-0900, Parents-Unis Lanaudière au (450) 755-6755, la Direction de la protection de la jeunesse au 1 800 665-1414, les centres désignés situés à l’urgence des centres hospitaliers pour les adultes et, pour les enfants de moins de 18 ans, au CSSS du Sud de Lanaudière (constituante CLSC-CHSLD).

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