Restons calmes

Par Gilles Bordonado
Restons calmes
Gilles Bordonado, éditeur de La Revue.

L’annonce du premier ministre François Legault quant au retour possible, bien qu’improbable, des enfants du primaire et du secondaire à l’école avant le 4 mai a fait sursauter dans les chaumières. Ce qui m’a fait sursauter, c’est la réaction de panique de bien des gens.

D’un côté, on désire connaître tous les scénarios, mais d’un autre, on ne veut pas tous les entendre. Si on ne veut pas que les politiciens nous « remplissent », laissons-leur la chance de nous dévoiler toutes les possibilités.

La réponse du PM faisait suite à une question évoquant l’annulation du retour en classe le 4 mai pour un retour à l’école en septembre. Sa réponse n’avait rien d’un absolu. C’était une hypothèse comme une autre. Le gouvernement du Québec ne retournera pas les élèves en classe sans avoir l’assurance que la santé des enfants, des ados et de leurs enseignants ne sera pas en danger. Nous n’avons pas tout fait ça pour rien. Laissons donc parler les spécialistes et faisons-leur confiance. Respirons par le nez et restons calmes.

C’est ce que nous faisons depuis les débuts et ça nous a assez bien servi, merci. C’est avec cette idée en tête qu’il faut envisager la suite des choses. Et vous, vous le saviez que nos enfants nous permettraient d’immuniser l’essentiel de la société? Pas moi. C’est une option qu’il faut explorer avec raison.

Cette crise va se terminer, doit se terminer. Le déconfinement arrivera bien un jour ou l’autre et il faut y faire face sans paniquer. J’ai hâte que cette tourmente se termine et que nos vies reviennent un peu à la normale, et je suis certain que c’est le cas pour la très grande majorité d’entre vous.

Que les gens qui souffrent d’hypocondrie et les oiseaux de malheur se le tiennent pour dit immédiatement, il y aura encore des risques d’attraper le coronavirus après la crise. La COVID-19 ne disparaîtra pas par magie. Le risque zéro n’existera jamais.

Personnellement, je compatis avec les gens qui ont perdu leur emploi et beaucoup avec les gens âgés de 70 ans et plus. Ceux qui souffrent le plus de cette crise sanitaire, ce sont eux. En particulier les 80 ans et plus qui ont le plus de risques d’en mourir s’ils en sont atteints. Car, pour les 60 ans et moins, et en particulier pour nos enfants, les risques sont bien moindres. Les statistiques le démontrent clairement.

Je regarde la situation des aînés dans certains CHSLD et j’avoue que je suis bouleversé par ce que je vois et j’entends. Si la plupart de ces centres et leurs employés font un boulot extraordinaire dans ces circonstances exceptionnelles, la crise prouve qu’il y a des trous dans notre offre de services aux aînés. François Legault a bien raison de s’en offusquer et de dire que c’est inacceptable.

En parlant des aviateurs qui faisaient face à l’aviation allemande lors du blitz de 1940 et de 1941, Winston Churchill avait déclaré que jamais dans l’histoire britannique, la vie d’autant de gens ne dépendait d’aussi peu de gens, dans ce cas, des courageux pilotes. Aujourd’hui, c’est le constat que nous apprécions en regardant ces travailleuses et travailleurs s’occuper de nos « aînés » pour un salaire de misère. On ne pourra plus détourner les yeux et c’est tant mieux.

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