Rien ne va plus chez VERTerrebonne

Jean-Marc Gilbert
Rien ne va plus chez VERTerrebonne
Rien de va plus chez VERTerrebonne alors que la Ville demande à l'ensemble du conseil d'administration de quitter leurs fonctions, lors de la prochaine assemblée générale.

LA VILLE DEMANDE UNE DÉMISSION EN BLOC DU CA

En raison de « relations difficiles dans la coordination de l’organisme ou entre les membres du conseil d’administration », la Ville de Terrebonne conclut qu’il n’est « plus possible pour les administrateurs en place de gouverner VERTerrebonne et d’atteindre les objectifs poursuivis par la Ville » et demande aux membres du CA de quitter leur poste lors de l’assemblée générale, à la fin mars.

« À défaut d’acquiescer à cette demande, [la Ville] se verra dans l’obligation de retirer les mandats confiés à l’organisme de même que les subventions qui y sont associées. » C’est en ces mots que le directeur du Loisir et de la vie communautaire de Terrebonne, Jean-François Lévesque, s’adresse aux membres du conseil d’administration dans une lettre datée du 25 février, dont La Revue a obtenu copie.

Cette décision semble découler des résultats d’une rencontre entre le directeur général de l’Institut de la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau, et les membres du conseil d’administration, la semaine dernière. Rencontre qu’évoque d’ailleurs la Ville, dans sa lettre.

Lors de cette rencontre, des discussions ont porté sur le fait que Stéphane Berthe ait été élu sur le conseil d’administration de l’organisme mandataire en mai dernier, quelques mois avant de déclarer son intention de se présenter à la mairie de Terrebonne en 2021.

Contacté par La Revue, l’expert en gouvernance se pose des questions sur ces deux rôles. « Il y a confusion. Il m’apparaît clair qu’il ne peut pas demeurer au sein du conseil d’administration tout en cumulant la fonction de candidat à la mairie », affirme M. Nadeau, en entrevue.

Il y a aussi une question de perception dans l’opinion publique, selon lui. « Si M. Berthe rencontre quelqu’un pour lui demander de l’aide pour quelque chose concernant VERTerrebonne et que la personne refuse, cette personne va se demander si elle dit non à l’administrateur de VERTerrebonne ou au potentiel futur maire de la Ville. Il y a une confusion des rôles et c’est contraire à la bonne gouvernance », insiste-t-il.

« Je suis en réflexion »

Joint par La Revue, Stéphane Berthe assure avoir vérifié auprès au Bureau d’intégrité et d’éthique Laval-Terrebonne (BIELT) et s’être fait confirmé qu’il n’y a rien d’illégal au fait d’être administrateur d’un organisme comme VERTerrebonne et candidat annoncé aux prochaines élections municipales.

Il ajoute qu’il n’est pas encore candidat officiel. « Je ne suis pas enregistré. Je n’ai pas activé un nom de parti politique, je n’ai pas d’équipe. Tant que je ne suis pas candidat officiel, je suis en réflexion », dit-il.

Par ailleurs, il s’étonne du fait que M. Nadeau ait informé la Ville de Terrebonne des détails de sa rencontre avec les membres du conseil d’administration de l’organisme à la suite de celle-ci. « Il est venu nous voir à la demande de VERTerrebonne, pas à la demande de la Ville. Et il s’agissait d’une rencontre à huis clos », argue-t-il.

La présidente du conseil d’administration de VERTerrebonne, Louise Arbour, affirme pour sa part avoir « tout fait pour éclairer les membres du conseil d’administration sur les bonnes pratiques en matière de gouvernance ». C’est pourquoi elle a demandé à M. Nadeau de venir rencontrer le CA.

Évoquant « un malaise » de certains membres du conseil d’administration à savoir que M. Berthe soit à la fois membre du CA et candidat annoncé à la mairie, la présidente affirme avoir le même avis que M. Nadeau. Une des preuves de ce malaise : Roger Pelletier, qui était secrétaire du conseil d’administration, a récemment claqué la porte.

Mme Arbour réfute par ailleurs que la rencontre avec M. Nadeau en était une à huis clos, en précisant que l’expert en gouvernance n’a signé aucun engagement de confidentialité en lien avec cette rencontre.

Des difficultés

Officiellement lancé en novembre 2018, VERTerrebonne est un organisme environnemental mandataire de la Ville. Il a comme mission « l’éducation, la formation et la sensibilisation des citoyens à l’environnement ». L’organisme gère notamment la patrouille environnementale et participe à l’organisation, en partenariat avec la Ville, de certaines activités comme l’Éco Week-End.

Depuis son lancement, l’organisme a toutefois éprouvé certaines difficultés. De tous les membres du conseil d’administration en place lors du lancement, seule Mme Arbour est toujours en poste. Rébecca Pétrin, qui avait le titre de directrice intérimaire a également quitté l’organisme. C’est maintenant René Obregon-Ida qui agit à titre de coordonnateur général.

Le coordonnateur réagit

Au lendemain de la publication de l’article sur notre site Internet, le coordonnateur général a tenu à réagir. Selon lui, il est faux de prétendre que tout va mal au sein de l’organisme. « Nous sommes loin de dire que VERTerrebonne ne remplit pas ses obligations. Je tiens à cœur la mission de l’organisme, affirme René Obregon-Ida. Ça se passe très bien sur le terrain et nous avons beaucoup de projets à mettre en place. »

Lorsqu’on lui demande comment vont les choses au sein du conseil d’administration, il se braque. « Je ne peux pas répondre à cette question. Je ne suis pas autorisé à vous répondre puisque c’est une question confidentielle », conclut-il.

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