SAVIEZ-VOUS QUE par André Côté

Tenue vestimentaire et violence ?

Une nouvelle parue la semaine dernière m’a fait rire sous cape. Il semblerait que le gouvernement Harris ait dans son sac de réformes une idée saugrenue pour les écoles de l’Ontario. Voulant contrer le phénomène de la violence scolaire, il s’apprêterait à imposer le port du costume dans l’ensemble du réseau scolaire ontarien. Il n’en fallait pas plus pour soulever les passions ainsi qu’un tollé de protestations.

D’une part, des parents et des groupes de pression brandissent la Charte des droits pour dénoncer cette intrusion dans la vie personnelle des jeunes. Ils s’insurgent contre ce désir d’uniformisation et de non-reconnaissance de la personnalité des individus qui s’exprime bien souvent au moyen de la tenue vestimentaire.

D’autre part, plusieurs parents silencieux applaudissent à cette idée, car un costume coûte beaucoup moins cher qu’un ensemble Fila ou Tommy.

Or, en Californie, le port du costume à l’école est obligatoire depuis les cinq dernières années et cette pratique a fait chuter de 91% la violence juvénile. Vous n’êtes pas sans savoir que plusieurs jeunes associent tenue vestimentaire et groupe d’appartenance. Ainsi, lorsque tout le monde est habillé de la même manière, il est assez difficile de s’identifier à une catégorie de personnes et de provoquer ainsi des bagarres qui tournent parfois au drame. Encore là, le modèle états-unien n’a rien de comparable à ce que nous vivons ici dans notre beau pays.

Pourtant, j’ai connu l’époque du costume obligatoire, car j’ai fréquenté un collège privé durant huit ans. C’était la pratique du temps et j’en étais fier. Je me rappelle également que plusieurs écoles publiques imposaient une forme d’habillement à leurs élèves cet usage a sombré dans la nuit des temps.

Encore aujourd’hui, certaines institutions privées obligent leurs élèves à porter une tenue vestimentaire réglementaire. Ils s’y plient à leur corps défendant

Je vous avoue que je me pose de sérieuses questions quant au retour du port obligatoire d’un costume à l’école. Cette forme de nivellement des différences me semble bien drastique alors qu’on pourrait, à la rigueur, expliquer aux jeunes que « l’habit ne fait pas le moine ». Ce serait, à mon sens, beaucoup plus formateur et efficace que d’appliquer une médecine de cheval à un « mal » qui, en réalité, n’affecte pas vraiment le rendement scolaire et la performance intellectuelle.

Selon moi, la tenue vestimentaire n’a rien à voir avec la violence tout est dans la tête !

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