Situation précaire des maisons d’hébergement pour femmes

Situation précaire des maisons d’hébergement pour femmes
En 2017-2018, 119 femmes ont été hébergées avec leurs enfants à la maison d’hébergement Regroup’elles. Malheureusement, 135 demandes ont été refusées. L’une des conséquences de ce refus : le retour vers le conjoint violent.

Dans le cadre de la campagne internationale des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, une dizaine de groupes de femmes ont rencontré, le 3 décembre, la ministre responsable de la Condition féminine et ministre de la Justice, Sonia Lebel.

Si cet entretien était qualifié de «rencontre de débroussaillage», plusieurs participantes en sont ressorties optimistes.

«Nous avons discuté des enjeux de la condition féminine et de la violence faite aux femmes avec la ministre. Je crois qu’elle connaît la situation pour l’avoir vécue dans sa pratique de procureure. À tout le moins, elle a souhaité une rencontre rapide», nous mentionne Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF).

Plus de refus que d’hébergement

Bien qu’en août 2018, un nouveau plan d’action 2018-2023 ait été signé, la situation des maisons d’hébergement demeure très précaire.

«C’est de plus en plus difficile», lance Nancy Ménard, directrice générale de la maison d’hébergement de Terrebonne, Regroup’elles. «Nous refusons par manque de place davantage de femmes que nous en acceptons. C’est un phénomène troublant. C’est très inquiétant aussi, car lorsque les femmes nous téléphonent, elles ont la motivation du moment, elles sont décidées. Par contre, si elles ne trouvent aucune aide, soit qu’elles vivent en situation d’itinérance chez des amis, soit qu’elles retournent à la maison vers le conjoint violent», ajoute-t-elle.

En 2017-2018, Regroup’elles a accueilli 119 femmes et 78 enfants. Malheureusement, la maison d’hébergement a refusé 135 femmes et leurs 127 enfants. La situation est identique, sinon pire, à la grandeur du Québec. Pour la même période, 2 799 femmes et leurs 1 600 enfants ont été hébergés dans les maisons d’hébergement au Québec. Malheureusement, 9 717 demandes ont été refusées, soit trois fois plus.

Plan d’action 2018-2023

Le plan d’action 2018-2023 prévoit un financement de 520 M$ sur 5 ans consacrés aux actions récurrentes et 86 M$ de nouveaux investissements pour la mise en œuvre de 56 nouvelles actions, dont un soutien aux maisons d’hébergement pour femmes et aux organismes communautaires. Dans ces nouvelles actions, beaucoup toucheront des organismes pour la sensibilisation, la prévention et la mise en place de différents forums de discussion.

«Pour cette période, 40 M$ sur 4 ans seront voués aux maisons pour femmes violentées et aux organismes qui viennent en aide aux conjoints violents. Nous ne savons pas si ces investissements seront récurrents», explique Mme Monastesse.

Campagne de sensibilisation

La campagne des 12 jours est une période de sensibilisation et d’action. Elle débute le 25 novembre avec la Journée internationale pour l’élimination des violences envers les femmes et se termine le 6 décembre, jour de commémoration de la tuerie de la Polytechnique de 1989.

Pour de plus amples informations, visitez le www.fede.qc.ca.

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Quevillon Marie Paule Auteurs de commentaires récents
Quevillon Marie Paule
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Quevillon Marie Paule

Comme la population grandit il faut une maison plus grande pour donner des services adéquats à la situation bonne chance