Solo

Gilles Bordonado

Rosemarie, ma benjamine, a fait son entrée au cégep. Déjà. Artiste dans l’âme, elle dessine, peint, joue de la clarinette et est amatrice de jeux vidéo. Elle a donc opté pour le programme technique Animation 3D et synthèse d’images au Collège Bois-de-Boulogne, cégep le plus près de la région à offrir le programme. Même si je suis président de la Fondation du Cégep régional à Terrebonne, fréquenté par mon aînée, Émilie, j’étais assez fier de voir une de mes filles opter pour BdB, mon alma mater

Une idée vous est peut-être immédiatement venue en tête : le voyagement. Ça a aussi été le cas pour elle et pour nous, ses parents. En plein processus pour passer son permis de conduire, la future cégépienne a vite réalisé que ce ne serait pas une sinécure de se rendre à l’école.

Option 1 : De la maison à Mascouche, prendre un 1er autobus jusqu’au Terminus Terrebonne, un 2e pour aller au métro Henri-Bourassa et un 3e pour aller à BdB. 

Option 2 : De la maison à Mascouche, un 1er autobus jusqu’au Terminus Terrebonne, un 2e pour aller au métro Montmorency, prendre le métro jusqu’à Henri-Bourassa, et un 3e autobus pour aller à BdB. Ces deux options incluent la variante «papa ou maman t’amènent au Terminus Terrebonne».

Option 3 : Passer le permis, acheter une voiture, payer l’essence et l’entretien, passer des heures seule dans le trafic et payer le stationnement à BdB.

Et il y a eu l’illumination, l’option 4, trouvée par son papa : le covoiturage.

En deux clics sur le site covoiturage.ca, j’ai découvert une bonne samaritaine qui se rend matin et soir, quatre jours par semaine, de Mascouche… au Cégep Bois-de-Boulogne. Oui monsieur, oui madame, à BdB directement!

Pour moins cher que le transport en commun et en bien moins de temps, la dame partage sa voiture avec ma fille, entretient une conversation mutuelle sûrement intéressante et utilise la voie réservée de la 25 raccourcissant son trajet vers le boulot le matin et vers la maison en fin d’après-midi et réduisant un peu ses frais d’essence. Notre cégépienne a bien quelques autobus à prendre dans la semaine et nous, quelques déplacements à assurer en auto, mais la vie est plus simple pour tout le monde.

Tout ça pour dire que la suggestion du PQ de financer le covoiturage est totalement sensée. Il était plus que temps d’y investir des énergies véritables. Jeudi soir, je suis allé chercher Rosemarie au cégep pour étudier le trajet. À mon retour, j’ai été surpris du nombre d’automobilistes seuls se dirigeant tous dans la même direction. Les horaires de l’un et de l’autre sont variés, mais il y a là clairement des solutions à portée de la main. Si l’aller s’est fait en moins de 30 minutes, le retour en a pris 45. Probablement une vingtaine de minutes de moins que les automobilistes en solo, car Rosemarie et moi avons pu emprunter la voie réservée entre le pont de la 25 et Terrebonne. Nous avons aperçu un tricheur en solo dans cette voie rapide. Nous l’avons klaxonné pour son bien. Il joue avec le feu, car l’amende peut atteindre jusqu’à 200 $.

La proposition péquiste comprend un prolongement de la voie réservée sur l’autoroute 25. C’est l’évidence même. Entre Pie IX et le pont de la 25 à Laval, la voie réservée sur la 25 est destinée aux autobus seulement. Un non-sens. Elle est déjà là, pourquoi ne pas y permettre le covoiturage?

Je termine en remerciant la dame qui partage sa voiture matin et soir avec Rosemarie. Elle a fait un pas que bien d’autres automobilistes devraient franchir aussi. Merci, madame, et bonne route!

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