Un avenir optimiste pour les femmes du Québec

Par Sophie Ginoux
Un avenir optimiste pour les femmes du Québec
Élue députée de la circonscription BromeMissisquoi en octobre, Isabelle Charest a été nommée ministre déléguée à l’Éducation, puis ministre de la Condition féminine.

ENTREVUE AVEC LA MINISTRE ISABELLE CHAREST

L’ancienne athlète de haut niveau et actuelle ministre responsable de la Condition féminine au sein du gouvernement provincial, Isabelle Charest, a amorcé son nouveau mandat politique avec détermination et dynamisme. Son objectif est simple : permettre à toutes les femmes du Québec de réaliser leurs rêves.

La vie d’Isabelle Charest s’est considérablement accélérée depuis les dernières élections. Après avoir remporté la circonscription de Brome-Missisquoi le 1er octobre 2018, elle a été nommée ministre déléguée à l’Éducation avant de se voir confier, le 5 février, le ministère de la Condition féminine. Mais ce ne sont pas les défis qui font peur à cette ancienne patineuse de vitesse qui a remporté trois titres mondiaux et a été chef de mission de l’équipe du Canada aux Jeux olympiques d’hiver de 2018.

Elle est également très à l’aise dans un milieu encore dominé par les hommes. «J’ai eu la chance de bénéficier d’un traitement égal à celui de mes pairs masculins lorsque j’étais une athlète. Et j’ai également réussi à avoir un parcours significatif au sein d’Équipe Canada, où moins de femmes sont impliquées, avoue-t-elle. Je suis cependant consciente que toutes les femmes n’ont pas encore accès à toutes ces opportunités, notamment lorsqu’il s’agit de postes de gouvernance.»

«  Je suis cependant consciente que toutes les femmes n’ont pas encore accès à toutes ces opportunités, notamment lorsqu’il s’agit de postes de gouvernance. »

Concilier vie professionnelle et vie familiale

Mme Charest a, comme bien d’autres sportives, abandonné sa carrière de patineuse pour fonder une famille. Elle sait aussi combien la vie d’une athlète de haut niveau, d’une entraîneuse et, puisqu’elle le vit à présent, d’une politicienne est exigeante. «Notre vie familiale peut naturellement constituer un frein à nos ambitions professionnelles en tant que femmes. Me lancer en politique a d’ailleurs été une décision concertée avec mon conjoint et mes enfants.»

La nouvelle vie de la ministre implique en effet beaucoup de travail. Entre les multiples réunions, les heures de présence à l’Assemblée nationale et dans sa circonscription, les déplacements, les entrevues et les participations à des événements, les semaines sont bien chargées. «J’essaie de mon mieux de me libérer le week-end pour être avec ma famille, mais je comprends parfaitement que d’autres femmes ne veulent ou ne peuvent pas suivre cette voie», admet-elle.

Obtenir la parité

La parité est souvent à l’ordre du jour du ministère de la Condition féminine. Il en constitue même un des trois principaux plans d’action, même si les conditions de travail et de rémunération des femmes se sont améliorées au fil des années. «Personnellement, je déplore qu’elles soient encore sous-représentées dans des corps de métier qui offrent de belles perspectives professionnelles comme l’intelligence artificielle, les sciences et la construction. Si elles étaient davantage intégrées dans ces filières, elles gagneraient de meilleurs salaires et amélioreraient leurs conditions de vie.»

Mme Charest est toutefois consciente que pour parvenir à un tel résultat, il faut encourager les femmes à choisir des métiers traditionnellement masculins. Il ne faut pas non plus sous-estimer les freins sociaux et historiques qui gênent encore l’accès des femmes à certains postes, notamment en gouvernance. «L’ascension est effectivement difficile pour les femmes dans certains domaines, et celles qui accèdent à des postes de direction ont souvent dû faire preuve de beaucoup de résilience.»

Une bonne dose d’optimisme

La parité hommes-femmes n’est pas le seul dossier sur la table d’Isabelle Charest. Les violences conjugales et sexuelles sont malheureusement toujours d’actualité lorsqu’il est question de la situation des femmes, au Québec comme ailleurs. «Il faut seconder toutes les femmes qui se trouvent dans une position de vulnérabilité, que ce soit sous leur toit, sur un banc d’école ou sur leur lieu de travail», soutient la ministre.

Elle est consciente que ce pari est loin d’être gagné, mais elle veut l’appréhender avec confiance. «Soyez optimistes! lance-t-elle aux Québécoises. Nous allons faire avancer les choses et franchir les obstacles devant nous.» Un message des plus inspirants à l’occasion de la Journée internationale des femmes, n’est-ce pas?

NDLR Cette entrevue a été réalisée pour notre cahier spécial sur la Journée internationale des femmes.

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