Un baume signé du pinceau de Gabriell

Karine Limoges
Un baume signé du pinceau de Gabriell
«L’escalier du savoir» occupe une place symbolique juste à l’entrée, dans le vestibule, au-dessus d’une lampe qu’on allume seulement lorsqu’un résident décède. (Photo : Karine Limoges)

L’artiste peintre Gabriel Lavoie décrit son travail comme «symbolique». Mais au-delà des thèmes de la transcendance et de la spiritualité qu’il explore à travers son pinceau, l’artiste dont les toiles décorent actuellement la Maison Adhémar-Dion offre aux patients en fin de vie un baume sur le cœur et apaise leur esprit.

«On me dit souvent “je peux rentrer dans ton tableau”, ce que je considère comme un grand compliment», avoue celui signe «Gabriell». C’est le bénévole Pierre Houle qui a repéré le premier l’artiste Gabriel Lavoie au Symposium des arts visuels de l’AAAVT. Aux côtés de quatre autres artistes peintres, Gabriell a été invité à exposer ses tableaux lors d’un symposium à la Maison Adhémar-Dion au mois d’avril. Depuis, ses toiles demeurent accrochées aux murs de l’établissement de soins palliatifs. Et elles le resteront jusqu’en janvier.

«Mes œuvres viennent comme une vision la nuit, elles me réveillent, explique le peintre rencontré par La Revue àla Maison Adhémar-Dion.Dans un état de mi-éveil, les images défilent dans ma tête et [s’imbriquent] l’une dans l’autre, elles deviennent de futurs tableaux.» Le maître du pinceau peut coucher ses visions sur papier dès le lendemain et même encore des années plus tard. Ses images se transforment «au fur et à mesure». «Je peins en évolution, il suffit d’écouter les signes et continuer avec de nouvelles idées qui viennent se greffer à mon œuvre», poursuit-il.

Paix, amour et sérénité

Chaque toile explore la spiritualité à un certain niveau, amène vers la méditation puis vers une prise de conscience. «L’escalier du savoir» occupe une place symbolique juste à l’entrée, dans le vestibule, au-dessus d’une lampe. L’œuvre, peinte à l’acrylique et à l’huile, représente un livre sur lequel se dresse un escalier en colimaçon autour d’un arbre aux racines apparentes qui s’élève en direction de la lumière. À titre symbolique, la lampe placée sous la toile ne s’allume maintenant que si un résident décède. «Symboliquement, un lien fort s’est créé entre l’œuvre et la maison», décrète l’auteur de la toile.

De ses toiles émane une ambiance de sérénité, de paix, d’amour. Les couleurs apaisent et élèvent à la fois.

Équilibre

L’artiste de Terrebonne se décrit cependant «plus terre à terre» qu’auparavant. «J’étais plus flottant, je me laissais aller pour m’inspirer, mais j’ai équilibré le tout», résume-t-il. Les temples parsèment cependant grandement son travail. «Je crois aux vies antérieures, révèle le peintre. Elles donnent un sens à ma vie, dégagent une force, sont peut-être un sanctuaire qui représente un endroit pour retrouver la paix intérieure, en soi. On me dit souvent “j’aimerais me retrouver là”, dans un monde ou dans un état de conscience supérieur.»

Ses toiles font voyager celui qui les regarde. Pour sa part, Gabriel Lavoie chérit les anecdotes que suscitent ses œuvres. Il explique qu’un homme ayant récemment perdu sa femme a pleuré devant l’une de ses œuvres et comment «L’escalier du savoir» est devenu un lieu de rencontre pour le couple que la mort a séparé. «L’arbre ressemblait à celui qu’ils avaient planté ensemble», a-t-il appris.

En 2013, l’Académie internationale des Beaux-Arts du Québec a décerné à Gabriel Lavoie le premier prix en peinture du concours thématique ACADÉMIA pour son œuvre «L’arbre du temps», en hommage à Gilles Vigneault, thème du concours provincial. Par ailleurs, au symposium de l’AAAVT, Lavoie a remporté le prix du public, tout comme l’année précédente. Il exposera ses toiles au Festival de peinture à Mascouche du 30 août au 1er septembre.

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