Un Brin d’histoire

Claude Martel
Un Brin d’histoire
Les armoiries de la Ville de Terrebonne.

Les armoiries de Terrebonne

Voici la dernière de cette série de chroniques sur nos armoiries locales. C’est la Ville de Terrebonne qui fut la première à se doter d’armoiries sur notre territoire, c’était au début de 1956.

 

Les premières armoiries

Dès 1934, il fut question de doter la Ville de Terrebonne d’armoiries. L’idée ne vient pas d’un membre du conseil, mais du frère Savignac, un Clerc de Saint-Viateur, enseignant au Collège Saint-Louis.

C’est tout probablement au cours de l’année 1955, avec l’arrivée du nouveau maire Léon Martel, que le conseil municipal décide de se doter d’armoiries. C’est l’entreprise le Collège canadien des armoiries qui effectue ce mandat. Le conseil municipal les adopte en janvier 1956. En voici la description : «De sable au griffon d’or, armé de lampassé de gueules (rouge), tenant dans ses pattes une fleur de lys d’or; à une rivière courante en pointe d’argent».

L’écu est timbré d’une couronne murale d’or, maçonnée de sable. L’écu français est ici soutenu par deux branches d’érable de sinople (verte), symbole du Canada, feuillées et boutonnées d’or, croisées en pointe en sautoir et liées d’un ruban de gueules (rouge) retenant un listel de parchemin d’or chargé de la devise en lettres gothiques : «Patriaie Decoratus Amore», ce qui signifie, «L’amour de la patrie est mon ornement».

La couleur sable (noire) de l’écu symbolise la simplicité honorable. Le griffon formant le cœur de l’écu rappelle une créature légendaire issue de l’Égypte antique d’il y a 6 000 ans. Il apparaît ici sous la forme imagée avec le corps d’un aigle (tête, ailes et serres) greffé sur l’arrière d’un lion (abdomen, pattes et queue), muni d’oreilles de cheval et d’une queue de serpent repliée entre les jambes. On s’en sert très souvent en héraldique. Dans la mythologie, il était consacré à Apollon; il était considéré comme un génie protecteur et sert ici comme symbole de force et de protection. Le griffon représente aussi les premiers pionniers français venus s’établir à Terrebonne et le patrimoine ancestral. Il rappelle l’obligation des descendants de protéger à jamais ce qui leur a été légué avec tant de peine et de misère par leurs ancêtres.

La fleur de lys symbolise les origines françaises des premiers colons de Terrebonne. La rivière au bas de l’écu signifie les eaux de la rivière des Mille Îles, alors que la couronne symbolise les villes. Le terme «armé de lampasse» montre les griffes et la langue sortie du griffon. Enfin, au cours des ans, une variante des armoiries fut produite, rehaussant les tours de la couronne murale et modifiant l’aspect visuel de la rivière.

Celles de Saint-Louis-de-Terrebonne

De son côté, c’est en décembre 1977 que le conseil municipal de Saint-Louis-de-Terrebonne confie le mandat de confectionner des armoiries à la Maison Heraldic, de Montréal, pour la somme de 250 $. Ces armoiries identifient à la fois le territoire, l’histoire et les aspirations du milieu. En voici la description, telle que d’écrite par Raymond Lambert de cette maison : «D’azur (bleue) au chevron d’or chargé d’une route de commerce d’azur accompagnée en chef de deux fleurs de lys d’or et en pointe sur une terrasse sinople (verte) et un érablier propre. L’écu est timbré d’une torsade d’or et d’azur, surmontée d’une gerbe de blé d’or. Le tout est soutenu par deux branches d’érable et de sinople, liées en un ruban de gueules (rouge), retenant un listel de parchemin d’or, chargé de la devise La terre que j’aime».

Ici, la fleur de lys représente saint Louis, roi de France et saint patron de la paroisse religieuse de Terrebonne. Le chevron identifié comme le toit d’une maison représente la protection. La terrasse (verte sur l’original) représente les loisirs. La route représente le commerce et l’industrie et, enfin, le boisseau de blé représente l’agriculture, activité dominante sur le territoire.

Le Griffon

Terrebonne ne fait pas exception à cette vague de création des logos. La Ville profite d’ailleurs d’une occasion bien spéciale pour divulguer son nouveau sigle. En 1982, les villes de Terrebonne et Vitré, en France, conviennent d’établir un programme de jumelage. C’est ainsi, en présence du maire adjoint de Vitré, Jean-Claude Bazin, que le maire Claude Desjardins procède au dévoilement du nouveau logo, en octobre 1982. Le «Griffon», tel est son nom. Produit par Gilles Robert et Associés au coût de 3 500 $, le nouveau sigle reprend le griffon qui forme le cœur de l’écu des armoiries de Terrebonne, dont on a stylisé la forme. Malgré la fusion avec Saint-Louis-de-Terrebonne, le 8 juin 1985, le «Griffon» se maintient comme logo de la nouvelle ville.

Le logo de la fusion

Le 27 juin 2001, les villes de Terrebonne, Lachenaie et La Plaine sont unifiées à la suite du décret de fusion proclamé quelques jours auparavant. Les instances municipales décident alors de se doter d’un logo de transition, regroupant sous un même chef les trois logos des ex-municipalités.

Le logo de la nouvelle ville de Terrebonne

Nouvelle image, reflet de l’avenir et témoin du passé. La nouvelle identification visuelle apparaît au cours de l’année 2002 et met en évidence la lettre «T» et le chiffre trois. Trois, pour rappeler les trois villes fusionnées; pour souligner le passé, le présent et l’avenir; pour rappeler les vocations clés de la ville : le résidentiel, le commercial et l’industriel; et enfin, pour témoigner de l’activité humaine : sociale, économique et culturelle.

Graphiquement parlant, les trois masses de couleurs vives font ressortir la lettre «T», pour Terrebonne. Ces trois masses présentent un blason protecteur, clin d’œil au riche passé patrimonial et à la grande qualité de vie du milieu. La nature, intimement liée à l’évolution du territoire, est représentée par l’eau, source de vie, qui coule d’un élément à l’autre, et par l’arbre, symbole de force et de stabilité. Le blason s’appuie sur un trait vert, qui balaie l’horizon, en un geste vaste et protecteur, gage d’un avenir prometteur. Le tout est signé par une typographie à la fois moderne et racée d’où se dégage un sentiment de simplicité et de pérennité.

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Sources : Fonds Aimé-Despatis, Société d’histoire de la région de Terrebonne, archives de la Ville de Terrebonne.

Les illustrations proviennent des archives de la Ville de Terrebonne

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