Un Brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un Brin d’histoire

L’histoire du bas de Noël

 

Les recherches sérieuses sur l’histoire du bas de Noël sont plutôt rares, mais les légendes populaires transmises depuis des siècles convergent vers une même histoire.

 

De la légende à l’histoire

Il y a de cela très longtemps, un pauvre veuf vivait avec ses trois jolies filles. Il n’avait pas l’argent nécessaire pour marier ses filles et il s’inquiétait de ce qui allait leur arriver après sa mort. De passage dans cette contrée, saint Nicolas entendit les villageois parler cette histoire. Voulant aider le veuf et ses filles, mais sachant que le pauvre homme n’accepterait pas la charité, il attendit en pleine nuit, se glissa par la cheminée et déposa dans les bas de chacune des filles un sac de pièces d’or ou boules d’or selon la tradition. Le lendemain matin, les filles y découvrirent assez d’or, purent se marier et vécurent heureuses pour toujours!

La coutume

C’est en Europe que prend naissance la tradition du bas de Noël, particulièrement dans les pays où le culte de saint Nicolas est présent. Elle dérive aussi d’une tradition germanique et scandinave en lien avec Odin, dieu du ciel dans la mythologie nordique européenne. Dans cette coutume, les enfants plaçaient dans leurs bottes des carottes, de la paille ou du sucre près de la cheminée afin de nourrir le cheval volant du dieu Odin. Pour les récompenser, Odin remplaçait la nourriture par des bonbons ou des cadeaux.

Au fil du temps, les bas de tous les jours ont remplacé les bottes, puis beaucoup plus tard, des bas spéciaux de Noël ont été confectionnés afin d’être accrochés sur l’âtre du foyer. Toutefois, dans certains pays – c’est notamment le cas de la France –, les enfants continuent de placer des chaussures sur la cheminée. En Hollande, on place toujours du foin et des carottes pour le cheval de Santa Claus!

Au fil de l’évolution de la chrétienté, la coutume dédiée au dieu Odin s’est transposée dans celle de saint Nicolas ou elles ont fusionné. Selon les pays, notamment les pays nordiques européens, la coutume d’origine du dieu Odin est demeurée plus longtemps. En Italie, la coutume était plutôt celle d’une grand-mère qui plaçait des cadeaux dans les bas.

La tradition voulait que l’on place une orange dans le bas de Noël, peut-être un clin d’œil aux boules d’or laissées par saint Nicolas. Dans certaines cultures, les enfants qui n’avaient pas été sages pendant l’année se voyaient remettre un morceau de charbon au lieu des fruits, des friandises ou des petits jouets.

Le bas de Noël en Amérique du Nord

De ce côté-ci de l’Atlantique, la tradition du bas de Noël semble remonter au XIXe siècle. C’est en fait l’illustrateur new-yorkais Thomas Nast qui présente des bas de Noël suspendus à une cheminée dans un récit de George Webster racontant la visite de Santa Claus. Il y aurait donc un lien entre l’implantation du bas de Noël en Amérique et la «transformation» du personnage de saint Nicolas ou Santa Claus, comme paru en 1860 dans le Harper’s Illustrated Weekly, où Nast publie les dessins d’un Santa Claus qui troque les habits de l’évêque d’origine pour un costume rouge orné de fourrure blanche et d’une large ceinture de cuir noir.

Au Québec et en Acadie, on peut supposer que la tradition française de placer des souliers près de la cheminée, le soir de Noël, ait été relativement pratiquée jusqu’à ce que la tradition du père Noël apparaisse, avec le bas de Noël, vers la fin du XIXe siècle. Il appert également que dans certaines familles québécoises, les enfants accrochaient leurs bas au pied du lit plutôt que de les suspendre au foyer. La coutume du bas perd en importance au Québec avec l’arrivée des cadeaux sous le sapin, au milieu du XXe siècle. Elle connaît toutefois une certaine recrudescence en ce moment.

Pour cette dernière chronique de l’année 2018, permettez-moi de profiter de cette tribune pour vous transmettre mes meilleurs vœux des fêtes et une année 2019 qui comblera vos désirs.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

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Gisèle Dubé Auteurs de commentaires récents
Gisèle Dubé
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Gisèle Dubé

J’adore tes articles.Bonne saison des fêtes.