Un Brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un Brin d’histoire
Victor-Théodule Daubigny (Photo : Archives de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal)

Victor-Théodule Daubigny (1836-1908)

Considéré, à tort ou à raison, comme «le père de la médecine vétérinaire française en Amérique», Victor-Théodule Daubigny a fortement contribué à l’évolution de cette discipline au Québec.

Ses origines

Né à Crillon, le 29 février 1836, dans le département de l’Oise en France, il épouse, à l’âge de 23 ans, Marie-Élise Chouquet. Après des études à l’Institut catholique de Beauvais, il décide, à 16 ans, d’exercer le métier de clerc-notaire, puis celui de cultivateur et enfin celui d’agent d’assurance en banlieue parisienne. En raison d’une situation économique et politique très instable en France, il tente de faire fortune au Canada et, en avril 1872, il vient d’établir sur une ferme dans le village de Lachenaie.

Il perd son épouse «en couches» pendant son voyage. Il se remarie peu après, à Montréal, le 23 avril 1873, à Sophie Laurier, cousine de Sir Wilfrid Laurier.  Voyant qu’il y a en ce pays beaucoup de déficiences dans les soins apportés aux animaux, il décide, en 1876, d’entreprendre des études au Montreal Veterinary College. En 1879, il termine ses études avec trois autres diplômés du premier groupe francophone. Il est dès lors nommé directeur de la section française de l’école et fait la navette entre Montréal et la ferme de ses beaux-parents à Lachenaie, qu’il conserve comme résidence principale.

Le directeur d’école

En 1885, il quitte cette école et crée, en compagnie du Dr Orphir Bruneau, l’École de médecine vétérinaire française de Montréal. Cependant, après quelques mois, il rompt son alliance avec le Dr Bruneau en raison de divergences idéologiques, tant religieuses que linguistiques et politique. Il s’associe plutôt au vice-recteur de la faculté de médecine de l’Université Laval, Emmanuel Persillier Lachapelle, ainsi qu’à trois autres associés et il fonde, le 4 avril 1886, l’École vétérinaire française de Montréal, laquelle s’affilie à l’Université Laval. Mais la présence de cette université en sol montréalais provoque beaucoup de dissension, notamment auprès de l’évêché de Montréal, si bien que le règlement de cette question provoque le départ de la branche montréalaise de l’Université Laval, qui par le fait même entraîne la fermeture de son école vétérinaire en 1893.

Âgé de 60 ans, Daubigny rebaptise son établissement, qui devient l’École de médecine comparée et de science vétérinaire de Montréal. Cette institution est aujourd’hui devenue la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe.

La préretraite

Il en profite alors pour déléguer une bonne part des responsabilités à son fils, François-Théodule, vétérinaire enseignant depuis 1889. Toutefois, il consacre plus de temps à la recherche qui le mène à d’importantes avancées, notamment dans la tuberculose bovine, la morve équine et diverses maladies contagieuses.

Dès 1902, il s’implique dans la fondation de l’Association des médecins vétérinaires du Québec, qu’il préside de 1904 à 1906. De plus, entre 1890 et 1900, il investit dans l’acquisition foncière de plusieurs propriétés de Lachenaie.

Le 10 juillet 1896, il achète la magnifique propriété de l’aubergiste Pépin Talon dit Lespérance (1553, chemin Saint-Charles) sise à deux pas de la gare et va s’y établir avec son épouse. En 1900, le couple possède plusieurs propriétés au village (dont le terrain actuel de la caserne de pompiers Roland-Dupré) et plusieurs terres dans le haut de Lachenaie. En 1905, sa santé est déficiente et il cède la majorité de ses biens à son fils, François-Théodule.

En 1905, il perd sa deuxième épouse et se remarie, quelques mois plus tard, à Amanda Rouleau, dans l’église de Saint-François-de-Sales. À la suite d’une brève bronchite, il décède sur sa ferme de Lachenaie le 11 décembre 1908, à l’âge de 72 ans; il est inhumé trois jours plus tard dans le cimetière situé sous l’église Saint-Louis-de-France de Terrebonne.

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Sources : Fonds de recherche de l’auteur sur l’histoire de Lachenaie; Dr Michel Pépin, Histoire et petites histoires des vétérinaires du Québec, Éd. François Lubrina, 1986, 351 p.; Louis-Philippe Phaneuf, «Daubigny, Victor-Théodule», dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 1994.

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Pierre Morin Auteurs de commentaires récents
Pierre Morin
Invité
Pierre Morin

Sa première femme est morte « en couches » c’est-à-dire pendant l’accouchement. Qu’est-il arrivé de l’enfant ? Il est mort avec sa mère ?