Un Brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un Brin d’histoire
Extrait de la carte topographique 31H13 édition 1924 présentant le secteur de Mascouche Rapids.

Histoire de Mascouche Rapids

Au-dessus du coteau se dresse le secteur ouest de Mascouche, avec ses terres sablonneuses, peu propices à l’agriculture; délaissées des colons français, elles accueillent les pionniers anglophones au début du XIXe siècle. 

 

Le toponyme

Le nom à consonance anglaise Mascouche Rapids désigne le secteur environnant la succession de rapides sur la rivière Mascouche, là où furent établis le moulin seigneurial, le domaine et son manoir. Au fil du temps, tout le secteur au-dessus du coteau, à l’ouest du village de Mascouche, prend le nom de Mascouche Rapids.

Les origines

Les premières terres du chemin Pincourt sont concédées dans les premières années du régime anglais; celles du rang de La Plaine (Sainte-Marie) le furent principalement en 1771-1772, mais leur concession s’étirera jusqu’en 1802. Les terres du chemin des Anglais s’ouvrent en 1820, et celles de la côte Georges, en 1821. L’arrivée de nombreux immigrants irlandais, entre 1819 et 1850, va contribuer au peuplement d’un noyau d’anglophones dans ce secteur, auquel s’ajoutent des Écossais et quelques Britanniques ou Américains. Les familles Alexander et Robinson forment les plus importantes familles du secteur, mais on retrouvait également les familles du seigneur Pangman, ainsi que les Hodgson, Walker, Connor, Ewan, Foster, Brereton, Peterkin, etc. Entre 1850 et 1950, la communauté anglophone va constituer entre 7 % et 10 % de la population de Mascouche. La grande majorité des Anglo-Mascouchois vont s’établir dans le secteur de Mascouche Rapids, quelques familles francophones cohabitent dans ce voisinage.

Autour du manoir

C’est autour du manoir seigneurial que prend naissance cette communauté qui se consolide davantage avec la construction de l’église anglicane Grace en 1840. Il y avait déjà une «école» dans le secteur. En 1852, les méthodistes forment une paroisse et en 1856, ils construisent leur église en biais avec l’église anglicane. Le bureau de poste sis au manoir depuis 1842 prend le nom de Mascouche Rapids à compter de 1872, mais il ferme en 1882 après le départ des seigneurs Pangman.

Le hameau de Mascouche Rapids

Entretemps, un tout petit village prend forme avec le déménagement de l’église méthodiste sur la terre de George Alexander. L’événement serait survenu vers 1865 à la suite d’une mésentente avec les dirigeants de l’église anglicane, si bien que l’église fut déplacée 3,5 km à l’ouest de son site d’origine. Un cimetière prend bientôt place sur la terre voisine de Francis Alexander, voisin de la famille Rogers. Une école protestante (1452 Sainte-Marie) existe à 850 mètres à l’est, jusqu’en 1950. Dans les années 1880, le marchand Vital Corbeil ouvre, en biais avec le cimetière, un magasin général (1147 Sainte-Marie) qu’il vend en 1885 au marchand John Carmichael, qui l’exploite jusqu’à la fin de ce siècle. L’important producteur agricole du secteur, Joseph Alexander, prend la relève en exploitant un magasin général pendant quelques années.

Le tailleur Angus McPhee s’installe à la sortie ouest du hameau (1090 Sainte-Marie). Plus à l’est, Pierre Dubois exploite une boucherie alors que le forgeron André Soucisse tient une boutique de forge au coin de la montée du Domaine.

La correspondance avec le ministère des Postes permet de comprendre que les habitants de Mascouche Rapids ne fréquentent pas le village de Mascouche; c’est pourquoi ils vont insister pour obtenir un bureau de poste distinct au hameau de Mascouche Rapids. Ce dernier ouvre le 1er juillet 1886 chez George Alexander (1189 Sainte-Marie), mais sera fermé par les conservateurs de Borden le 28 avril 1913. Cela marque le début du déclin de Mascouche Rapids.

Le déclin de Mascouche Rapids

En 1925, l’Église méthodiste s’intègre à l’Église Unie du Canada. Un magasin général est toujours présent près du hameau, mais petit à petit, la communauté anglophone décline en nombre. La partie ouest du rang est annexée à la nouvelle municipalité de Saint-Joachim (La Plaine) en 1922, alors qu’au sud-ouest de Mascouche, une nouvelle communauté de villégiateurs anglophones se développe : Terrebonne-Heights.

Bref, au fil des décennies, le hameau perd en importance; l’Église Unie et son cimetière, ainsi que la concentration de quelques habitations anciennes témoignent de cet ancien village anglophone de Mascouche.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

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