Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Sir Wilfrid Laurier en 1906. (Photo : Bibliothèque et Archives Canada)

Sir Wilfrid Laurier (1841-1919)

 

Le 17 février 2019 marque le centenaire de la mort de Wilfrid Laurier, lequel fut sans conteste l’un des plus grands premiers ministres du Canada. Descendant d’une grande famille de Lachenaie, né à Saint-Lin le 20 novembre 1841, le jeune avocat et journaliste amorce une longue carrière parlementaire en 1871.

 

Sa jeunesse

Fils de l’arpenteur Charles (alias Carolus) Laurier et de Marcelle Martineau, il quitte Lachenaie avec sa famille pour s’établir à Saint-Lin vers 1834. C’est donc sur la ferme paternelle que Wilfrid voit le jour. Il fait son primaire à Saint-Lin, puis en anglais à New Glasgow. Il part vivre chez sa grand-mère maternelle où il suit son cours classique au Collège de l’Assomption, après quoi il fait son droit à McGill. Il rencontre Zoé Lafontaine, qu’il épouse le 13 mai 1868, à Montréal. Le couple n’eut pas d’enfant.

Le journaliste

Au cours de ses études, il développe un intérêt pour la politique; il est déjà foncièrement  libéral. Après ses études, il œuvre quelque temps à Montréal, puis à L’Avenir, mais c’est à Arthabaska (Victoriaville) qu’il prend racine et s’occupe du journal Le Défricheur. Il se fait élire député provincial en 1871, puis il passe au fédéral en 1874, où il amorce une longue carrière de 45 ans.

L’homme politique

En 1877, il est nommé ministre du Revenu, lieutenant pour le Québec, il prend la défense des «Canadiens français» et défend d’ailleurs avec brio la cause du chef métis Louis Riel. En 1887, il devient chef du Parti libéral du Canada et passe en mode «reconquête progressive du pouvoir» après la défaite de son parti. Ses idées favorables au libre-échange avec les États-Unis lui valent la défaite de son parti au scrutin de 1891, mais en revanche, le Québec vote majoritairement libéral.

Le 23 juin 1896, il remporte la victoire et devient premier ministre du Canada. Le développement économique du pays et l’unité nationale sont les deux priorités de sa carrière politique. Sa notoriété est indéniable, surtout au Québec. Il réorganise le système d’immigration, il développe aussi un second chemin de fer transcontinental entre Moncton et Vancouver, favorisant la colonisation de territoires inexploités. Dans cette veine, il intègre, en 1905, deux nouvelles provinces à la confédération, soit l’Alberta et la Saskatchewan.

L’économie canadienne s’est passablement développée sous son règne, si bien qu’il relance son vieux rêve de libre-échange commercial avec États-Unis, en 1911. Cela devient l’enjeu du scrutin fédéral, et les conservateurs de Borden l’accusent de manquer de loyauté envers l’Angleterre et de conduire le Canada vers l’annexion politique des États-Unis. Cette désinformation lui fait subir une âpre défaite!

Il est malgré tout un excellent chef de l’opposition et parvient à conserver l’unité au sein du parti, du moins jusqu’en 1916. Il défend les droits des Franco-Ontariens à l’instruction bilingue dans les écoles, ce qui lui vaut des appuis chez les francophones. Bien qu’il soutienne la participation canadienne à la Première Guerre, il refuse la conscription et propose un référendum sur le sujet, mais les Canadiens anglais vont appuyer massivement le projet, alors que le Québec le rejette en très grand nombre. Laurier incarne donc ici le symbole de la division du pays – cette fameuse dualité, les deux solitudes.

La situation provoque une profonde scission chez les libéraux fédéraux, si bien que Laurier subit une cuisante défaite en 1917. De nouveau, il reconstruit son parti. Malade, il meurt foudroyé par une hémorragie cérébrale à Ottawa, le 17 février 1919.

Son héritage politique

Le paysage du Canada s’est profondément transformé sous son règne, passant d’une économie rurale à l’industrialisation et à une forte croissance urbaine. Il était certes un politicien habile, éloquent, une légende vivante qui attirait les foules. Favorisant l’unité canadienne, il fut aux prises, plus souvent qu’à son tour, avec la dualité sociologique qui oppose l’opinion des Canadiens français, principalement au Québec, au reste du Canada anglais!

À Terrebonne, la rue Laurier (Vieux-Terrebonne) et le boulevard Laurier (La Plaine) rappellent la mémoire de cet illustre personnage. À Mascouche, une rue et un quartier portent son nom.

 

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Source : Réal Bélanger (2015), L’encyclopédie canadienne, article «Sir Wilfrid Laurier».

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