Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
William Dyson Moore à l’œuvre lors des balbutiements des Jardins Moore en 1985. (Photo : coll. Jardin Moore)

William Dyson Moore (1908-2002) – 2e partie

Grand visionnaire, écologiste, amoureux de la nature et créateur de beauté, « Dyson » Moore conçoit dans cette philosophie le quartier Moorecrest en 1944 et, plus tard, les Jardins Moore. Découvrons ce grand Mascouchois, villégiateur depuis 1944, puis résident permanent de Mascouche depuis 1966!

 

Moorecrest, la suite

Bien avant que ce soit une règle d’urbanisme municipale, Dyson « impose » des règles d’intégration et d’implantation architecturales à toute personne qui construit dans Moorecrest; il était 50 ans en avance sur les urbanistes. Dès le départ, il aménage un parc, puis organise des activités communautaires. Assisté de Joseph (Joe) Robert, un fermier voisin, il construit une trentaine de chalets.

Après la mort de son père, Dyson et Dora s’installent en permanence à Moorecrest, d’abord au 1311, rue Moorecrest, puis en 1985, au 1455, chemin Pincourt.

De l’Oasis florale aux Jardins Moore

Tout au long de sa vie, il a la chance de fréquenter des personnages inspirants, notamment Mme Colville, la propriétaire du Manoir seigneurial, voisin des Moore, où l’on retrouve d’ailleurs un magnifique jardin. Les liens entre les deux voisins se révèlent étroits, si bien que Dyson devient le coiffeur de madame, puis son ami et confident.

Bien que son mari soit à la «retraite» depuis un bon moment, Dora rêve d’un «petit» jardin. Toujours à l’écoute de sa douce, Dyson entreprend, malgré ses 77 ans, de poursuivre son œuvre de Moorecrest et se motive à ériger un immense jardin écologique. Influencé par son ami et mentor Tony Huber, assisté de l’horticulteur Michel Vaillancourt, il va réaliser des prouesses en convertissant en jardin cette pente argileuse sise entre la résidence et la rivière Mascouche. Grâce à des méthodes innovatrices et exceptionnelles (utilisation de copeaux de bois, vieux journaux, etc.), ils parviennent à transformer ce sol ingrat en terre fertile, et ce, par des moyens uniquement écologiques. Après cinq ans de labeur, le paysage est totalement transformé; déjà, les visiteurs affluent sur le site, au plus grand plaisir de Dyson qui partage avec eux tout son savoir.

Malgré le décès de sa femme, Dora, en 1991, le jardin poursuit son expansion avec l’apport de nouvelles variétés de fleurs. Le site joue de plus en plus un rôle éducatif dans la communauté. M. Moore sensibilise la population à la réduction, à la réutilisation et au recyclage des déchets afin d’en faire du compost domestique. Aussi, il signe pendant cinq ans une chronique dans La Revue.

Un riche héritage

Afin de soutenir les actions de M. Moore, la communauté s’investit dans sa cause avec la création, en 1992, de la Fondation Dyson Moore. Dix ans plus tard, la Fondation acquiert les Jardins Moore. William Dyson Moore demeure actif dans son œuvre jusqu’à la fin. Il nous quitte le 30 juillet 2002, à l’âge vénérable de 94 ans. Son héritage est grand. Outre le jardin et le quartier Moorecrest, il sut inculquer à ses concitoyens le respect de l’environnement en utilisant des techniques horticoles facilement praticables à la maison. Il montra qu’il est possible de jardiner sans l’usage de pesticides, d’insecticides et d’engrais. Aussi, en employant des techniques très précises quant à la tonte, à l’aération du gazon, à la valeur du compost, à la récupération des eaux de lessive comme fertilisants, à l’utilisation de feuilles mortes comme isolant, il prouva hors de tout doute que l’horticulture écologique est réalisable même sur de grandes superficies.

Non seulement ses actions furent reconnues par la région, il eut l’honneur, en 1992, de recevoir la Médaille commémorative du 125e anniversaire du Canada, puis en 1997, celle de l’Assemblée nationale. Aussi, Tony Huber lui a dédié une fleur de son cru, l’Iris William Dyson Moore.

Doté d’une grande sagesse, M. Moore disait souvent : «Les plus petites actions génèrent les grandes réalisations» et : «Plus on s’entoure de beauté, plus les événements que nous vivons en sont le reflet.»

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Sources : Notes de recherche de la Fondation Dyson Moore, intitulées Histoire à raconter – Économusée W.D. Moore, 2003; fonds de recherche de l’auteur.

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