Un brin d’histoire

Photo de Claude Martel
Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Premier chalet d’Harry Dundas-Moss, construit vers 1923. (Photo : Claude Martel, 2015)

La propriété Moss-Random

Cette grande propriété est l’un des rares témoins de la grande période de villégiature des années 1920, à Terrebonne-Heights ou Mascouche-Heights. Située au bout de la rue Garden, elle présente deux chalets typiques de l’époque avec son grand terrain boisé. Il importe donc de préserver ces témoins qui ont marqué l’histoire de la région.

 

Les premiers chalets en log cabin

Au cours des années 1920, il y a un certain courant de nostalgie où bon nombre de villégiateurs, surtout anglophones, identifient la campagne à une sorte de retour aux sources; c’est la mode du camp en bois rond, cette habitation typique des premiers colons canadiens. Ce mouvement log cabin s’insère dans toute la période architecturale appelée «arts et métiers», mieux connue dans son terme original anglais arts and crafts.

Les chalets Moss-Random

D’autres villégiateurs, un peu plus soucieux de leur confort, vont construire des chalets à la mode du temps. C’est le cas de la famille d’Harry Dundas-Moss, au bout de la rue Garden, plus précisément au numéro civique 1900. Le 5 juillet 1922, Harry Dundas-Moss acquiert un grand terrain (lot 780-41 et 42) au bout de la rue, cherchant sans doute la paix et la quiétude des lieux. L’année suivante, il fait construire un premier chalet qui se trouve toujours là, sur cette grande propriété boisée du secteur. Ce chalet, la maison qui d’après nous a été construite peu après, ainsi que le hangar-garage sont des témoins très intéressants de la villégiature des années 1920. C’est pourquoi, à nos yeux, cet ensemble architectural bâti et paysager mérite un statut de protection historique étant donné son extrême rareté de conservation.

À l’origine, le déclin de bois était une imitation de bois rond, les ouvertures ont également été modifiées. À quelques pas du chalet, la maison familiale est tout aussi intéressante, car elle n’a subi à peu près aucune modification depuis sa construction.

La maison est habitée de façon estivale par la famille d’Harry. À son décès, en 1933, la propriété passe aux mains de ses filles, mais c’est Annie qui va en faire sa résidence permanente. Un jeune immigrant de Hollande arrive au Canada après la Deuxième Guerre et va s’intégrer au sein de la famille; il se nomme Kenneth Wayne Random. Il vient s’établir ici, car il enseigne l’anglais à la polyvalente Armand-Corbeil de Terrebonne. Il hérite de la propriété en 1970. Au fil des décennies, les habitants de cette maison vont conserver sensiblement l’intérieur et l’extérieur de façon intacte. L’intérieur de la maison est en soi un véritable musée, où l’on comprend bien le mode de vie des années 1930. La chambre de la bonne est toujours présente, les Dundas-Moss jouissant d’une certaine aisance, malgré le caractère modeste de la résidence d’été.

L’œuvre de Kenneth Random

On ne peut passer sous silence son dernier propriétaire, M. Random, décédé en mars 2017. Un personnage excentrique, non conventionnel pour bien des gens, qui s’est dévoué pour maintenir la valeur patrimoniale des lieux, tant par la « préservation historique » de la maison qui, faut-il le souligner, a manqué d’entretien, mais aussi par la préservation de la nature environnante. Le terrain Random est particulièrement intéressant, car il témoigne des derniers grands terrains de villégiature du quartier. Au fil des ans, les lots d’origine ont été morcelés en de plus petits terrains, si bien qu’aujourd’hui, on assiste à une certaine urbanisation du quartier.

Autre élément d’intérêt, M. Random a investi les dernières années de sa vie à rendre hommage à quatre jeunes militaires originaires de Terrebonne-Heights et morts au combat lors de la Deuxième Guerre mondiale. Rappelons que M. Random a vécu les horreurs de la guerre comme enfant sur le front. C’est pourquoi il a créé un organisme en souvenir de Robbie Cantley et de ses frères d’armes. D’ailleurs, il a aménagé sur sa propriété un monument commémoratif à la mémoire de ces jeunes garçons du quartier. Un groupe de bénévoles tente aujourd’hui de mettre en valeur cette belle propriété.

____________________

Source : Claude Martel, Histoire de la présence anglophone à Mascouche, SODAM, 2017.

Partager cet article

1
Commentez l'article

avatar
1 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
1 Auteurs du commentaire
Marc Lefebvre Auteurs de commentaires récents
Marc Lefebvre
Invité
Marc Lefebvre

J’ai connue Monsieur Ramdom pendant 30 ans de ma vie sa ma triste de savoir qu’il est partis sans que je peux lui dire au revoir .Je suis toute bouleverser de savoir que je ne pourrai plus lui parler.Une chance que vous avez faite cette article ,je vous en remercie . Marc Lefebvre