Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
La Place Meunier vers 1964-1965. (Photo : SHRT, Fonds Aimé-Despatis)

La Place Meunier : premier quartier résidentiel de Lachenaie

Jusqu’aux débuts des années 1950, Lachenaie est essentiellement un milieu agricole. La villégiature est présente en bordure de la rivière ou sur quelques «terrasses» dans le centre de la paroisse. Mais le milieu des années 50 marque les premiers signes de l’urbanisation de Lachenaie.

 

Les années 1950

Les cultivateurs de Lachenaie vont vendre plusieurs parcelles de terrains en bordure de la rivière, le long du chemin Saint-Charles, contribuant lentement à la naissance d’une vocation résidentielle à Lachenaie. D’ailleurs, la plupart des acheteurs y bâtissent leurs résidences permanentes plutôt qu’un chalet d’été.

Le 28 juillet 1954, Jacques Meunier, cultivateur de Saint-Vincent-de-Paul (Duvernay), achète la petite terre d’Alexandre Messier (lots 205 et 206), comprenant également une autre petite terre (lot 198), plus à l’est. Le tout formant 36 arpents est acquis pour la somme de 9 000 $. S’établissant aussitôt à Lachenaie et pratiquant toujours le métier d’agriculteur, M. Meunier est à même de «sentir» la pression immobilière. Quelques terres plus à l’est, Claude Léveillé subdivise sa petite terre (lot 202) à la fin de l’été 1955 et donne naissance à la rue Léveillé, qui peu après, est rebaptisée sous le nom de rue Claude.

Le premier lotissement

Le 31 juillet 1959, Jacques Meunier dépose au bureau d’enregistrement du comté de L’Assomption un plan de lotissement formé de 17 terrains à prendre du lot 206. De concert avec la municipalité, un réseau (rudimentaire) d’égout et d’aqueduc est aménagé. Une première rue est aménagée et forme un «U» inversé à partir de la rue Principale (aujourd’hui une partie de la rue Desjardins). Les terrains nos 1 et 16 forment respectivement les rues Florent et Bolduc. La vente de terrains va bien, puisque dès l’été 1959, cinq lots sont vendus. Le 13 juillet, deux dames de Montréal, soit Alma Nobert-Boulard (terrains nos 5 et 6) et Imelda Dufresne (épouse d’André Bolduc) (terrain no 2) sont les premières clientes. Le 21 septembre, Alice Normandeau et Bert Dort sont aussi acheteurs. Dans les années qui suivent, Yvon, Raymond et Claude Bolduc deviennent propriétaires de terrains voisins, si bien que l’odonyme «Bolduc» s’implante naturellement pour désigner cette rue. Le 13 août 1962, un second plan de subdivision ajoute dix nouveaux terrains au projet.

L’expropriation de la nouvelle route 29

Le 11 août 1965, les propriétaires sont avisés par lettre que leur propriété sera expropriée pour fins de construction de la route d’accès au nouveau pont Mathe.  La nouvelle route vient traverser en diagonale la terre de Meunier et «brise» le cadre de lotissement initialement prévu. Pire, le tracé de la nouvelle route implique le déplacement de deux nouvelles maisons (celles d’Alma Norbert-Boulard et d’Yvon Bolduc), ainsi que la fermette de Rosaire Desjardins (lot 207).

Toutefois, la venue d’une nouvelle route, large, favorise le développement résidentiel du secteur, lequel est maintenant adjacent au secteur urbain de Terrebonne. Mais la construction d’un quartier neuf, avec des infrastructures modernes, nécessite des capitaux.

Les Habitations Lachenaie inc.

Le 13 décembre 1968, Jacques Meunier vend les 67 terrains (50 x 100 pieds) non vendus au promoteur immobilier montréalais Les Habitations Lachenaie inc., représenté par Paul Larivière (président) et Roger Soudre (secrétaire). La transaction se fait pour 19 000 $. Sans perdre de temps, le promoteur amorce les travaux d’infrastructure afin de construire le prolongement de la rue Florent, la rue H.-Coulombe et la «place» Meunier. La vente des terrains va bon train, mais en septembre 1970, la compagnie est en faillite. Un jugement de cour cède les actifs au promoteur immobilier Homeplan Realty qui «finalise» la vente des terrains. Le «quartier» est pratiquement tout construit en 1975.

De l’autre côté du pont Mathe, en 1970, le Domaine Lachenaie est à ses balbutiements avec l’ouverture des rues Chantal, Poirier, des Seigneurs et Curé-Bélanger. À l’extrême est de Lachenaie, la Place Beausoleil (Carrefour des fleurs) est lancée. Le visage de Lachenaie amorce une profonde et rapide transformation de son paysage!

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Source : Fonds de recherche de l’auteur et registre foncier du Québec

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