Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Des religieuses devant le couvent de la ferme Jésus-Marie à Lachenaie vers 1966. (Photo : coll. Claude Martel)

La ferme Jésus-Marie de Lachenaie

Mieux connue des Lachenois sous le nom de ferme des Sœurs, elle occupe une place marquante dans le paysage de l’est de Lachenaie de 1954 aux débuts des années 2000.

 

Une communauté d’enseignantes

Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, fondées en 1843 par mère Marie-Rose Durocher, sont établies dans de nombreuses villes et villages. Dès l’acquisition d’une ferme sur le flanc du mont Royal en 1889, la communauté s’en sert comme ferme pour approvisionner en produits frais ses différentes institutions.

En 1914, la communauté acquiert trois fermes de Dorval (239 arpents) en vue d’y établir une nouvelle maison mère. Mais la guerre eut tôt fait de contrecarrer ce projet, si bien que la propriété prend le nom de ferme Jésus-Marie. Dès 1922, les sœurs malades s’y rendent pour y refaire leurs forces. L’urbanisation grandissante a tôt fait de s’étendre et en 1940, le gouvernement fédéral exproprie 72 arpents de la ferme en vue d’y établir un aéroport. Au fil des ans, la croissance du transport aérien prend d’importantes proportions, amenant les sœurs à se départir de leur ferme en 1951, tout en conservant le droit de l’utiliser jusqu’en 1954.

La ferme Jésus-Marie

C’est du côté de Lachenaie que les sœurs trouveront les terres nécessaires pour poursuivre la mission de la ferme Jésus-Marie. Le 2 octobre 1953, elles achètent une première terre (lot 68-69) de 181 arpents appartenant à Robert Venne, pour un montant de 27 000 $, en laissant à ce dernier le droit d’y habiter jusqu’au 1er mai 1954. Des pourparlers s’amorcent afin d’acheter la terre voisine (lot 71) de Stanislas Venne. La vente se conclut le 19 mai 1954 avec l’acquisition de 192 arpents supplémentaires pour 15 000 $. La communauté décide alors d’ajouter un nouveau bâtiment à la ferme en agrandissant la résidence déjà existante.

Le 14 septembre 1954, le bétail et les volailles sont transportés de Dorval à la nouvelle ferme de Lachenaie. Deux religieuses y sont déjà, sept autres quittent Dorval pour leur nouveau couvent, le 11 novembre 1954. Comme par le passé, la ferme accueille toujours les sœurs malades ou convalescentes pour un séjour plus ou moins long. D’ailleurs, la propriété compte un petit chalet en bordure de la rivière.

Le 18 septembre 1960, le ministère de l’Agriculture du Québec reconnaît l’excellence de la ferme lachenoise et lui décerne le prix de lauréate de l’année pour le Mérite agricole, en plus de lui remettre un diplôme du Mérite agricole, ainsi qu’une médaille d’argent. L’honneur rejaillit sur la communauté religieuse et apporte un «brin» de fierté dans la communauté lachenoise.

Le vieillissement des membres de la communauté, conjugué au départ progressif des religieuses sur la scène de l’éducation, et la difficulté de trouver du personnel à la ferme amènent les sœurs à vouloir vendre la propriété, mais le projet ne se concrétise pas. En 1968, la communauté vend le troupeau laitier et en 1969, les volailles. En 1970, le gouvernement avise qu’il exproprie une bande de terre en vue de construire l’autoroute 640, ce qui est réalisé en 1972. Les sœurs décident alors de louer la terre, mais les religieuses y vivent toujours jusqu’à l’été 1976.

Le centre le P.A.S.

En août 1976, la sœur Claire Dupont amorce la nouvelle vocation de la ferme, qui devient le centre le P.A.S., pour «prière, art, service». L’étable, transformée en cuisine, en chambres et en salle d’animation, reçoit des groupes qui y viennent en retraite et en ressourcement. Par le biais de la poterie, des arts, de la prière, les sœurs transmettent leurs savoirs, mais cette fois, à des adultes dans le besoin.

L’œuvre se maintient jusqu’en 1999, alors que le projet le P.A.S. va s’établir à Montréal. La ferme est l’abandon, puis le 25 avril 2010, un incendie détruit partiellement l’ancienne étable. Le 1er novembre 2010, la ferme est vendue au promoteur Développements CMPM. Le couvent a été démoli et, en 2018, Hydro-Québec y a aménagé sa nouvelle ligne à haute-tension.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur et registre foncier du Québec.

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