Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Edmond Coursol, curé de Sainte-Anne-des-Plaines (1907-1922)

Les dernières objections du curé Coursol – 1re partie

La création de la mission Saint-Joachim en 1915 n’est qu’une étape vers la création officielle de la paroisse de La Plaine. Du côté de Sainte-Anne-des-Plaines, plusieurs habitants craignent de voir une partie de leur paroisse être annexée à la future paroisse de Saint-Joachim. Cette éventualité va donc pousser les opposants au projet à poursuivre leurs attaques.

 

Vers la fondation de la nouvelle paroisse de Saint-Joachim

En août 1919, le curé de Saint-Joachim, Sinaï Barrette, fait parvenir à Monseigneur Forbes un long mémoire où il fait état des dispositions de chacun de ses paroissiens quant à l’annexion d’une partie de Sainte-Anne-des-Plaines et de l’érection canonique de la paroisse de Saint-Joachim. Depuis 1915, fait-il remarquer, certains paroissiens se sont faits à l’idée de voir Saint-Joachim érigée en paroisse. En 1919, il évalue le nombre de requérants à 24 et le nombre d’opposants à 16. À l’automne, les autorités religieuses semblent prendre l’affaire au sérieux, puisque l’Archevêché de Montréal délègue à l’archidiacre, Monseigneur Le Pailleur, la tâche de faire un rapport sur le projet de paroisse à La Plaine.

Monseigneur Le Pailleur amorce sa longue enquête en demandant au curé Coursol son avis sur la question. Dans sa lettre du 5 septembre 1919, Monseigneur Le Pailleur informe en effet le curé Coursol de l’inclinaison favorable de Monseigneur Bruchési quant aux projets d’annexion et de paroisse. La réponse du curé Coursol ne se fait pas attendre. Il informe Monseigneur Le Pailleur de la vive opposition que peut rencontrer un tel projet. Il cite comme exemple la procession du Saint-Sacrement organisée par le curé Barrette, en 1916, et qui s’est déroulée sur le territoire de Sainte-Anne-des-Plaines. Les paroissiens de Sainte-Anne ont planté, à plusieurs reprises, des balises sur le terrain d’un opposant à l’annexion qui, excédé, les a tranchées à grands coups de hache. Le curé Coursol, s’il ne croit pas que les opposants aillent à l’encontre des autorités ecclésiastiques, craint cependant que l’annexion crée un long malaise. Il conclut en affirmant son opposition aux limites de l’éventuelle paroisse pour le rang de La Plaine et demande donc à Monseigneur Le Pailleur de se rendre sur place afin de juger par lui-même.

Le 19 septembre, Monseigneur Le Pailleur dépose son rapport à Monseigneur Bruchési. Après un bref historique du dossier depuis 1913, l’archidiacre de Montréal en vient à la conclusion qu’il est difficile d’exclure la partie de Sainte-Anne-des-Plaines du projet d’érection canonique. Il propose donc à Monseigneur Bruchési de juger du bien-fondé de la requête des habitants de Sainte-Anne-des-Plaines. En octobre, Monseigneur Le Pailleur informe les curés de Sainte-Anne et de Saint-Joachim de son intention de vérifier les arguments des deux parties en présence et surtout des bonnes dispositions de l’archevêque de Montréal quant à l’annexion. Le 6 octobre, une nouvelle requête de la majorité des francs-tenanciers de Sainte-Anne-des-Plaines est envoyée à Monseigneur Bruchési. Les 20 signataires réclament une fois de plus le démembrement de la partie de Sainte-Anne-des-Plaines comprenant l’ensemble du fief Sainte-Claire, soit le rang Sainte-Claire, du no 467 au no 509, le rang du Trécarré, du no 325 au no 333, et le rang de La Plaine du no 305 au no 324, et son rattachement à la mission Saint-Joachim. Le 10 octobre, les opposants de Sainte-Anne-des-Plaines font parvenir une contre-requête portant les signatures de 11 francs-tenanciers s’opposant à l’annexion. Le même jour, Monseigneur Le Pailleur, chargé de présider la commission qui enquête sur les allégations de la requête, annonce une assemblée le 10 novembre à La Plaine dans la maison Thérien.

Le curé Coursol continue de faire opposition et refuse d’annoncer en chaire la tenue de l’assemblée sous prétexte que la lecture d’une telle annonce doit être faite par un homme assermenté. Monseigneur Le Pailleur, dans une lettre datée du 24 octobre, rappelle le curé Coursol à l’ordre. Le curé Coursol reconnaît sa faute, mais en profite pour expliquer qu’il est peiné de voir le rang de La Plaine être détaché de sa paroisse, alors que près d’une dizaine d’opposants au démembrement y résident.

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Source : C. Martel (1997). La Plaine : Un long cheminement vers l’autonomie.

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