Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Party de retour des soldats de la Deuxième Guerre, en septembre 1945, dans les locaux du MCC. (Photo : Coll. Bob Wood)

Le Mascouche Community Club

La communauté anglophone de Terrebonne-Heights formait indéniablement une société unie, organisée et autonome de toute la dynamique communautaire de Mascouche ou de Terrebonne. Les années 1920 sont des années de défrichement, d’implantation, rien ne nous démontre qu’il y a à ce moment-là des structures ou des activités communautaires bien établies. Toutefois, il est certain que dans les années 1930, une communauté au sens social du terme est déjà bien organisée.

 

Une communauté anglophone bien distincte

Rappelons qu’il y a à Terrebonne-Heights une caractéristique sociale bien particulière à ce moment : la majorité des gens qui viennent s’y établir sont d’anciens soldats de la Première Guerre mondiale. Donc, l’identité militaire, et tout ce qui en découle, est beaucoup plus marquée que ce que l’on peut retrouver à l’époque dans une communauté francophone comme Terrebonne. La source de la vie communautaire du quartier va par conséquent graviter autour de l’organisme Mascouche Community Club.

La naissance d’un organisme

Dès les années 1930, un groupe de villégiateurs du secteur s’organise en association sous le nom de «Mascouche Community Club». Sur le terrain de John Walsh, là où se trouve aujourd’hui la Légion canadienne, on transporte un wagon de marchandise (box car) que l’on agrandit afin d’en faire un chalet communautaire. L’organisme réunit, semble-t-il, la majorité des villégiateurs, qui deviennent membres de l’association. Une carte de membre retrouvée dans les archives de notre concitoyen Bob Wood montre qu’un comité organisateur est bien en service en 1939-1940 et qu’il est présidé par A. Thomas.

Les archives de Bob Wood renferment un «livre des minutes» de l’association dans lequel on note une première rencontre tenue le 5 septembre 1943. D’ailleurs, la charte du Mascouche Community Club Incorporated (MCC) est délivrée par le lieutenant-gouverneur de la Province de Québec en date du 8 novembre 1944, elle-même issue d’une demande à la suite d’une résolution d’une assemblée spéciale du comité tenue le 23 août 1944. L’incorporation de l’organisme n’est pas un hasard, car en 1945, elle fait l’acquisition d’un vaste terrain sur la rue Poplar, situé derrière le magasin Curwood; d’ailleurs, le terrain était la propriété de Robert Curwood. Le MCC va entreprendre la construction d’un grand chalet de parc faisant environ 100 pieds sur 75. C’est dans cette salle que se tient, en septembre 1945, un grand party soulignant le retour des soldats de la Deuxième Guerre (photo ci-contre). On peut facilement s’imaginer qu’après six ans d’horreur, la population vit d’importants moments de bonheur.

L’organisme voit aux loisirs et va même acheter la plage Mugford (rue Poplar) le 23 août 1954. Sur le terrain du MCC, on retrouve un terrain de baseball où se déroulent plusieurs activités de plein air. Parmi celles-ci, le Field Day est une grande fête marquant le départ des villégiateurs, le week-end de la fête du Travail.

Terrebonne-Heights… presque une municipalité!

L’association va être très active dans la communauté au cours des années 1940 et 1950, mais s’essouffle rapidement au début des années 1960. Pendant cette période, elle sera à l’origine de la création d’une branche de la Légion canadienne, d’une école protestante, d’un service «communautaire» d’incendie, de la mise en place de plaquettes en bois avec les noms de rues, etc.

L’indépendance et le niveau relatif d’autonomie de la communauté anglophone de Terrebonne-Heights vont inciter les membres du MCC à faire des démarches afin de détacher le quartier de Mascouche et d’en faire une municipalité indépendante… anglophone! Des tentatives multiples, notamment en 1946 et en 1958, vont avorter. Faut-il souligner que l’élite conservatrice ne voyait pas ce projet d’un bon œil.

Bref, à défaut d’avoir une instance civile propre à Terrebonne-Heights, le MCC faisait à la fois un peu office «d’hôtel de ville» et de centre communautaire du quartier. En 1964, la propriété de la rue Poplar est vendue à la Royal Canadian Legion, Branch 120.

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Source : Extrait de Claude Martel (2017), Histoire de la présence anglophone à Mascouche , SODAM.

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