Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
L’école Lewis-King et son autobus scolaire vers 1950, au 1728, rue Thacker. (Photo : Coll. Bob Wood)

Les écoles protestantes de Mascouche

L’arrivée d’un premier noyau d’anglophones à Mascouche autour de 1820 va rapidement donner lieu à l’organisation d’un système scolaire anglophone, et ce, bien avant la mise en œuvre de la Commission scolaire catholique de Mascouche.

 

Autour du manoir

Le recensement de 1831 nous révèle la présence de John Oswald et de Mme Andrews comme enseignants et ceux-ci semblent habiter non loin du Manoir seigneurial. C’est donc qu’il y a une forme quelconque d’enseignement organisé dans ce secteur. L’on sait également que l’église Grace sert, dans ses premières années, d’école anglaise. En 1852, l’instituteur James Garatty habite aussi près du manoir, c’est donc logiquement qu’il enseigne non loin de là. Quand a-t-on construit la première école anglaise à Mascouche? La question demeure sans réponse. Y avait-il une école près du manoir? Ce n’est pas impossible, une carte topographique de 1918 semble indiquer cela, mais aucun document d’archives ne nous révèle cette présence.

La même carte présente clairement une autre école sur le rang Nord de La Plaine, aux abords du hameau de Mascouche-Rapids, plus précisément sur le lot 843, où se trouve aujourd’hui le 1452, chemin Sainte-Marie. On sait peu de choses sur l’histoire de cet établissement, sinon que cette école dissidente (protestante) dessert le territoire de Mascouche-Rapids; était-elle à cet endroit au milieu du XIXe siècle? Curieusement, c’est là qu’arrivait l’ancien chemin du rang Nord de la Petite Mascouche du Rapide (la continuation du chemin Newton), ce qui apparaît ici comme un facteur de localisation. La terre en question est alors la propriété du seigneur John Pangman, puis elle passe aux mains de Joseph Alexander. Ce sont-là deux personnes très susceptibles d’avoir contribué à l’établissement d’une école à cet endroit. Chose certaine, la carte topographique de 1918 illustre bien la présence de cette école-ci. Était-ce le même édifice qu’aujourd’hui? C’est bien possible.

Si l’école appartient à la Commission scolaire anglaise protestante de Mascouche, le terrain est demeuré la propriété de la famille Alexander, il est donc plus difficile de trouver ses origines. Le 22 mai 1954, l’école est vendue à Joseph Robert pour la somme de 975 $, alors que le propriétaire du terrain, John Harvey Alexander, vend celui-ci pour 100 $. La vente de l’école est en lien avec l’ouverture de la nouvelle école protestante, Lewis-King.

L’école protestante Lewis-King

Du côté de la St. Henri de Mascouche Protestant School Board, on constate qu’il y a davantage d’élèves du côté de Terrebonne-Heights et que la distance à parcourir jusqu’à Mascouche-Rapids est grande. On convoque une réunion au Mascouche Community Hall, le 10 août 1949, afin d’évaluer la situation. Elle est dirigée par le président (Chairman) de la commission scolaire protestante, Robert A. Thacker. On convient rapidement de la nécessité de construire une nouvelle école protestante qui servira à l’ensemble des élèves protestants de la municipalité. Le terrain choisi n’est nul autre qu’une partie de la fermette du président. On lui offre 5 000 $ pour l’achat du terrain nécessaire au bout d’un petit chemin (rue Thacker). La Commission municipale du Québec approuve la transaction le 9 décembre 1949 et le Surintendant de l’Instruction publique donne son aval le 14 janvier suivant. La résolution du 24 mars 1950 confirme l’acte de vente du terrain. D’ailleurs, un reçu conservé par Bob Wood et daté du 25 mars 1950 confirme la transaction; l’acte est fait au nom de l’épouse de M. Thacker, soit Elsie Davison. Les travaux s’amorcent aussitôt et l’école dédiée à Lewis King ouvre à l’automne 1950. L’acte de vente des terrains est toutefois officialisé le 27 mai 1952.

Dans la foulée des régionalisations des commissions scolaires, au début des années 1970, l’école passe de l’administration de la St. Henri de Mascouche Protestant School Board à la Commission scolaire Protestante Laurenval, couvrant les régions de Laval, des Laurentides et de Lanaudière. Depuis la réforme des écoles confessionnelles, en 2005, l’école Lewis-King porte le nom de campus B de l’école Pinewood et sert aux élèves de 1re et 2e année.

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Source : Extrait de Claude Martel (2017), Histoire de la présence anglophone à Mascouche, SODAM.

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