Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire

Les 30 ans de la circonscription de Masson

Le 7 juillet, la Société d’histoire de Mascouche et le bureau du député de Masson ont fait une petite cérémonie humoristique rappelant les 30 ans de la circonscription électorale provinciale de Masson.

Marsan ou Masson?

La croissance démographique autour de Montréal impose une refonte des limites de la carte électorale en 1988. La MRC Les Moulins, alors réunie dans la circonscription de Terrebonne, se voit scindée en deux : Terrebonne d’un côté, La Plaine, Mascouche et Lachenaie se joignent à Charlemagne, Le Gardeur et L’Épiphanie de l’autre. On propose de changer le nom de Terrebonne pour Masson et de nommer la nouvelle circonscription du nom de Marsan, en l’honneur d’Amédée Marsan, professeur à l’ancienne école d’agriculture du Collège de l’Assomption.

Terrebonne ne veut pas changer de nom; Marsan évoque peu chez les contemporains, si bien que le nom de Masson est donné à la nouvelle circonscription en mémoire de trois hommes politiques de Terrebonne issus de la même famille, soit Joseph, Édouard et Rodrigue Masson.

Le territoire change au gré de la croissance démographique. En 1992, Lachenaie passe à Terrebonne et L’Épiphanie, à Rousseau. Puis, en 2011, on ne conserve que La Plaine et Mascouche. En 2017, Masson perd La Plaine et gagne l’est de Lachenaie.

L’élection du 25 septembre 1989

Les libéraux de Robert Bourassa sont en selle depuis 1985, l’économie va bien. L’opposition péquiste est en remise en question. Le nouveau chef, Jacques Parizeau, a un discours résolument souverainiste. Ici, le député péquiste de Terrebonne, Yves Blais, choisit de se présenter dans Masson. Il affronte la libérale Micheline Croteau-René, propriétaire des magasins Croteau. Sans surprise, Yves Blais remporte la victoire avec 59 % des voix, alors que les libéraux sont réélus au Québec.

Le scrutin du 12 septembre 1994

La crise d’Oka, l’échec des accords du lac Meech et de Charlottetown, la scission donnant lieu à la création de l’Action démocratique du Québec (ADQ) et le départ de Bourassa, malade, ont affaibli les libéraux. Leur nouveau chef, Daniel Johnson (fils), se coltaille à un Parizeau qui a le vent dans les voiles avec le fort courant nationaliste qui a suivi l’échec de Meech. Dans Masson, Yves Blais l’emporte avec 64 % des voix. Les péquistes de Parizeau gagnent, mais obtiennent le même pourcentage de votes que les libéraux.

Celle du 30 novembre 1998

La victoire du Non au référendum de 1995 provoque le départ de Parizeau, remplacé par Lucien Bouchard. Il affronte un ancien collègue conservateur, Jean Charest, devenu chef des libéraux provinciaux. La gestion de la crise du verglas et la reprise de l’économie ont valu une certaine sympathie à Bouchard, qui remporte l’élection malgré le fait que les libéraux aient obtenu plus de voix. Chez nous, Blais meurt subitement à quelques jours du scrutin, qui est reporté. C’est le maire de Le Gardeur, Gilles Labbé, qui brigue le siège péquiste; il l’emporte aussi avec 64 % des votes.

En 2003

Labbé se retire de la vie politique, permettant au professeur de philosophie Luc Thériault d’obtenir l’investiture péquiste dans Masson. La lutte promet d’être serrée, puisqu’il affronte le maire de Mascouche, Richard Marcotte, qui brigue le siège sous la bannière libérale. Au Québec, les libéraux de Jean Charest affrontent le chef péquiste et premier ministre sortant, Bernard Landry. Le projet de «réingénierie» de l’état proposé par Charest séduit une bonne part de l’électorat, qui souhaite une diminution du fardeau fiscal. Malgré une victoire libérale à Québec, Masson conserve son allégeance péquiste, mais surprise, la candidate adéquiste Nathalie Filion obtient un score respectable.

La suite

Au scrutin de 2007, la victoire de l’adéquiste Ginette Grandmont surprend contre le député sortant Luc Thériault et la libérale Denise Cloutier, conseillère municipale de Mascouche. L’année suivante, le jeune conseiller municipal sortant Guillaume Tremblay gagne son pari chez les péquistes et déloge la députée adéquiste, qui arrive au troisième rang. Tremblay ne se représente pas en 2012, souhaitant un retour sur la scène municipale. Il permet à la péquiste Diane Gadoury-Hamelin de l’emporter. En 2014 et en 2018, le caquiste Mathieu Lemay remporte le siège.

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Source : Site Web de l’Assemblée nationale du Québec, volets résultats et cartes électorales entre 1988 et 2018.

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