Un brin d’histoire

Photo de Claude Martel
Par Claude Martel
Un brin d’histoire

Le vote fédéral dans Terrebonne depuis 1968

La campagne électorale fédérale bat son plein et dans quelques jours, nous connaîtrons le verdict populaire. On profite donc de l’occasion pour dresser le bilan électoral de Terrebonne depuis les 50 dernières années.

La Trudeaumanie

La circonscription de Terrebonne vote libéral depuis 1917, hormis un bref mandat conservateur de 1958 à 1962. Lorsque les limites de la nouvelle circonscription de Terrebonne sont annoncées en 1968, le député de L’Assomption-Joliette-Montcalm, Roland Comtois, décide de s’y présenter. La nouvelle circonscription compte 23 municipalités entre Repentigny et Boisbriand et entre Saint-Roch-de-l’Achigan et Saint-Janvier-de-Lacroix.

À Ottawa, le nouveau chef libéral, Pierre Elliott Trudeau, brille par son charisme, mais également par ses capacités intellectuelles; il incarne le Canada moderne et provoque un enthousiasme partout où il passe. Sans surprise, il fait élire 154 députés sur 264. Terrebonne poursuit sa tradition libérale, permettant à Comtois d’obtenir 62 % des votes.

Le premier mandat de Trudeau déçoit une part de l’électorat québécois; l’alternative conservatrice, avec le chef Robert Stanfield, motive peu les Québécois, qui vont préférer accorder leur vote au créditiste de Réal Caouette. Le soir du 30 octobre 1972, Trudeau remporte le pouvoir, mais avec un gouvernement minoritaire. Bien que Comtois l’emporte, le créditiste Guy Meunier surprend en arrivant au 2e rang.

Une élection partielle a lieu en 1977; Comtois avait quitté son siège pour se présenter à Québec, sans succès. Il revient donc siéger à Ottawa. L’élection de 1979 se déroule sous fond de crise du pétrole. Les conservateurs de Joe Clark décrochent le pouvoir de façon minoritaire, mais vont le perdre de nouveau par les libéraux de Trudeau, 11 mois plus tard. Terrebonne accorde 69 % des voix à Comtois.

Le beau risque!

L’échec référendaire de 1980 plonge le Québec dans un sentiment ambigu face à son avenir constitutionnel. Le dossier du libre-échange avec les États-Unis est au cœur du débat; les Québécois nationalistes vont en grand nombre être tentés par l’idée du «beau risque» visant à reconnaître les aspirations du Québec au sein de la fédération canadienne. Le scrutin du 4 septembre 1984 apporte un grand vent de changement. Les libéraux sont délogés du pouvoir par les progressistes-conservateurs de Brian Mulroney. Dans Terrebonne, c’est la surprise, Roland Comtois perd son siège de député (après près de 30 ans), défait par le conservateur Robert Toupin.

Ce dernier démissionne du caucus conservateur, puis se joint au NDP avant de devenir candidat indépendant au scrutin de 1988. C’est son ex-attaché politique, Jean-Marc Robitaille, qui décroche la circonscription pour les conservateurs avec 53 % des voix.

Un vent de nationalisme québécois

L’échec des accords de Meech et de Charlottetown vont provoquer un relent de sentiment nationaliste au Québec. Quelques députés conservateurs vont quitter leur parti et former le Bloc Québécois afin de mieux défendre les intérêts du Québec… d’ici à la souveraineté!

Le soir du 25 octobre 1993, les libéraux de Jean Chrétien reprennent le pouvoir avec 177 des 295 sièges, mais surprise, le Bloc Québécois forme l’opposition officielle à Ottawa avec 54 députés; il ne reste que 2 conservateurs au Canada, les réformistes ont pris la place. Dans Terrebonne, Benoît Sauvageau remporte le vote pour le Bloc. Le «découpage» de la circonscription amène Sauvageau à se faire élire dans Repentigny alors que Paul Mercier devient député du Bloc en 1997. Diane Bourgeois lui succèdera, élue aux scrutins de 2000, de 2004, de 2006 et de 2008 avec des majorités avoisinant les 50 %.

D’une surprise à l’autre

L’élection du 2 mai 2011 apporte une surprise sous-estimée des sondeurs. Le charisme du chef du NDP, Jack Layton, provoque un vague orange au Québec, faisait élire 59 députés au Québec, dont Charmaine Borg dans Terrebonne (49 %), qui défait Diane Bourgeois (31 %). C’est le choc au Bloc, qui perd une part importante de sa députation, ne faisant élire que 4 députés. En 2015, les Canadiens en ont assez de la décennie conservatrice de Stephen Harper et portent leur dévolu sur le libéral Justin Trudeau. Dans Terrebonne, le NPD est relégué au 3e rang et la course permet l’élection du bloquiste Michel Boudrias (33 %) devant la libérale Michelle Audette (28 %). Que nous réserve le scrutin de 2019? À vous de le déterminer!

_______________

Source : Fonds de recherche de l’auteur.

Partager cet article

Commentez l'article

avatar