Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Première église de Lachenaie. (Photo : Coll. C. Martel)

L’année 1794 dans les archives de Lachenaie

L’année 1794 ne passera pas à l’histoire comme une année marquante ou riche en événements historiques dans la région. C’est pourquoi je l’ai sélectionnée pour vous faire un portrait d’une société rurale dans une année banale en apparence.

 

Mise en contexte

Avec ses 750 habitants, Lachenaie est un milieu rural agricole peu populeux, relativement prospère dans le contexte de l’époque; d’ailleurs, la culture du blé occupe une place importante dans l’économie locale. À défaut de structure municipale, c’est le capitaine de milice H.-Eustache Joly qui fait office de «leader civil» de la communauté, alors que le curé Joseph Ducondu encadre les aspects sociaux. Quelques notables ont une influence certaine, c’est le cas de l’homme politique Pierre Panet, retraité dans son domaine à la limite est de la paroisse, qui fait tout de même office de membre du Conseil exécutif du Bas-Canada. De plus, son fils Bonaventure siège également comme député au nouveau parlement.

En 1791, les habitants de Lachenaie adressent une requête afin d’obtenir un curé résident; l’évêque répond favorablement et leur envoi le curé Ducondu. Ce dernier trouve le presbytère petit et délabré, constate que les comptes n’ont pas été tenus et qu’il y a de petits cas de mœurs dans la paroisse! Il tente donc de s’attaquer à ces problèmes.

En 1793, le curé est malade, mais parvient à vaquer à ses occupations. Il avise son évêque d’un cas de concubinage entre Pierre Muloin et la veuve de son cousin germain, qui habite à Mascouche. La situation fait en sorte que Muloin est méprisé de la paroisse entière! L’évêque se montre réticent à autoriser des travaux au presbytère, non seulement en raison de la dépense que cela entraînerait pour les paroissiens, mais aussi du fait que Lachenaie serait une des premières paroisses qu’il laisserait sans curé, «dans un moment de rareté de prêtres».

Au fil des jours

En février, on apprend le décès du seigneur Jacob Jordan, des suites d’une longue maladie. Ce n’est qu’au début de novembre que l’on connaît le nom du nouveau seigneur, Peter Pangman, un commerçant de fourrures qui a œuvré en Saskatchewan.

En avril, une requête des habitants demande la permission de réparer le presbytère, d’y faire une allonge de 20 x 30 pieds, ainsi que de réparer le clocher de l’église. Le curé demande toujours à son évêque que faire avec le cas Muloin. Dans une lettre du 14 mai, Mgr Jean-François Hubert permet au curé de faire les réparations nécessaires à la croix du clocher de l’église. Dans le cas de Muloin, il doit se repentir et se comporter selon les règles de l’Église; on comprend bien que l’évêque cherche à écraser le scandale provoqué par cette situation.

 

Le 26 mai, le curé mentionne dans sa lettre qu’il n’a pas encore reçu de nouvelle pour le clocher et qu’il a dû, hier, opter sans délai pour réparer le clocher. Mais sa lettre parle largement d’un grave problème qui sévit à Mascouche. Il traite les Mascouchois de «coquins stupides» qui semblent vouloir la peau de leur curé (Antoine Foucher). En étudiant la correspondance des archives mascouchoises, on constate plutôt que le curé Foucher ne fait pas l’unanimité dans sa paroisse, son style de gestion autocrate et son appréhension à gérer la fabrique à sa guise déplaisent, même le seigneur Pangman portera plainte de la situation en 1795.

À la mi-juin, une requête des habitants demande de nouveau à l’évêque la permission de réparer et d’agrandir le presbytère. Dans une lettre du 15 juin, le curé mentionne à son évêque que le pénitent Muloin «donne des marques de repentir»!

Le 9 octobre, le grand voyer (ministre des Transports) René-Amable Boucher de Boucherville est de passage à Lachenaie au sujet de deux ponts à réparer.

Le 13 octobre, le curé Ducondu écrit à son évêque et lui annonce «qu’il n’est pas frappé mortellement et qu’il a encore bien du temps à vivre». Il cessera ses activités en raison de la maladie en novembre 1795 et meurt le 7 mars 1796.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

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Lucie Asselin
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Lucie Asselin

Je cherche des informations concernant une maison que j’ai achetée au 938, rue St-Louis, j’ai été à la société d’histoire et pas grand chose, je sais qu’on appelait cette partie de rue la petite wesmouth, je veux savoir qui possédait cette maison et les autres autour