Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Dépliant du Canadien Pacifique faisant la promotion du projet de train de banlieue en novembre 1992. (Coll. C. Martel)

Le Train de l’Est

Le 1er décembre marque le 5e anniversaire de la mise en service du Train de l’Est entre Mascouche et Montréal. Pour souligner l’occasion, nous avons cru bon de vous faire l’historique des projets de trains de banlieue sur notre territoire.

 

Les origines

C’est en février 1878 que le train dessert notre MRC, sur la ligne de chemin de fer Montréal – Québec. Bien que l’on ne parle pas ici d’un véritable train de banlieue, l’horaire des trains (1893) permet de quitter Mascouche à 5 h 10 et à 7 h 36 et d’arriver respectivement à Montréal à 6 h 30 et à 8 h 50. Le retour s’effectue par le train de 17 h 15. Au lendemain de la Seconde Guerre, l’horaire des trains ne permet plus aux navetteurs d’utiliser le train, laissant toute la place aux autobus de la Provincial Transport.

Les premières tentatives

En 1979, le gouvernement du Québec lance «l’idée» d’un réseau de trains de banlieue autour de Montréal, mais il n’y a pas de suite pour nous. En 1984, j’ai le mandat de diriger une étude visant à améliorer le transport en commun dans la MRC. Lors d’une rencontre avec le Canadien Pacifique (CP), on nous affirme que Terrebonne-Mascouche ne dispose pas d’assez de population pour rentabiliser un train de banlieue et qu’idéalement, il faut un bassin de 300 000 habitants. Toutefois, en novembre 1992, le CP propose la mise sur pied du réseau de trains de banlieue dans lequel figure la ligne Mascouche-Laval-Montréal. Une consultation publique se tient à la salle La Québécoise le 10 mars 1993, mais le gouvernement libéral ne compte pas mettre de l’avant ce projet avant 1998.

Les premières semences

En 1999, le maire de Mascouche, Richard Marcotte, favorise la relance du projet de train; une étude de faisabilité est mise en œuvre. Le 9 septembre 2001, une porte ouverte est organisée et une foule considérable s’entasse dans de vieilles voitures suffocantes; malgré tout, la perception du public est positive et les élus de la MRC vont, en octobre, demander d’évaluer la mise en place du train Mascouche-Montréal.

L’année 2003 s’amorce avec l’annonce de la mise en œuvre de deux trains de banlieue : ceux de Mascouche et de L’Assomption. Mais en décembre, le gouvernement Charest, nouvellement élu, met ces projets sur la glace.

De l’annonce à sa réalisation

En avril 2005, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) abandonne définitivement le tracé Mascouche-Laval-Montréal, mais annonce plutôt un nouveau projet qui passerait par Charlemagne, via l’autoroute 640. Le 17 mars 2006, Jean Charest annonce officiellement la mise en œuvre du projet qui devait être en service pour mars 2009.

Le projet est dès lors décrié par les experts, notamment en raison de la distance à parcourir, mais également en fonction des coûts qu’il engendra. Mais Québec ne perd pas de temps, le matériel roulant est commandé à l’automne 2007. Les audiences du BAPE confirment les craintes des experts, les commissaires émettent de sérieuses réserves quant au projet, mais le gouvernement Charest donne son aval.

En 2011, on constate que les coûts initiaux du projet estimés à 478 M$ s’élèveront plutôt à 665 M$! Le Conseil du Trésor ordonne la révision du projet – la gare de Charlemagne disparaît, mais le projet est relancé en décembre. Les travaux de construction vont s’intensifier en 2012 et 2013 – les rails sont déjà en place. La première gare, celle de Mascouche, est inaugurée le 9 septembre 2014, mais ce n’est que le 1er décembre que le train est mis en service. Finalement, le projet de train a coûté près de 900 M$. D’autres gares ouvriront dans l’est de Montréal en 2015. Toutefois, la construction du nouveau REM vient de nouveau compromettre la viabilité du Train de l’Est, en 2019.

Malgré les démarches de nos élus pour poursuivre les trains vers la gare Centrale (le tunnel du mont Royal étant fermé pour les travaux du REM), on peut se questionner sur la viabilité d’un train qui prendra près de 1 h 30 pour atteindre le centre-ville. Le tracé vers Laval ne serait-il pas une alternative à réévaluer?

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

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