Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Autobus au départ de Terrebonne, direction Montréal, vers 1924. (Photo : Archives Lanaudière, fonds Aimé-Despatis).

Bilan de l’année 1919 à Terrebonne

La Première Guerre mondiale est chose du passé et la société se réorganise. L’administration municipale est un acteur important à l’aube d’une nouvelle décennie qui sera plus effervescente.

Les acteurs du milieu

Le député fédéral Jules-Édouard Prévost est en poste depuis un an. Député libéral, il s’oppose aux politiques conservatrices de Borden. Pour sa part, le député provincial Athanase David gagne du galon dans le gouvernement libéral de Lomer Gouin.

Avec près de 2 000 habitants, la ville de Terrebonne est dirigée par le maire Eugène Labelle, un ancien conseiller municipal et marchand. Pour une rare fois dans l’histoire de Terrebonne, le maire et trois conseillers sont élus sans opposition : le marchand-tailleur Louis-Henri Desjardins, le mécanicien Léon Forget et le ferblantier Henri Brassard s’ajoutent aux deux anciens conseillers : le commerçant Joseph Viau et le cultivateur Louis-Georges Ouimet. Un nouveau venu, le menuisier Arthur Sanscartier. Le notaire Amédée Jasmin fait office de secrétaire-trésorier depuis 1908.

Du côté religieux, le curé Joseph-Sinaï Comtois est assisté du vicaire Daniel Charbonneau. L’administration temporelle relève du conseil de la fabrique, composé des marguillers Clovis Ouimet, Eusèbe Ethier et Stanislas Boisvert. La commission scolaire est toujours présidée par J.-O. Renaud, assisté des  commissaires R. Deschambaut, Ernest-Séraphin Mathieu, Charles-Henri Desjardins et Napoléon Gauvreau.

L’administration municipale

Le budget de la Ville s’élève à 21 000 $, dont 15 500 $ représentent des dépenses fixes et 5 500 $ sont dévolus à l’entretien des propriétés et des services municipaux : trottoirs, chemins macadamisés (asphalte rudimentaire), éclairage, eau potable, etc.

Le 17 février, le pays est consterné par la mort de l’ex-premier ministre et chef du parti libéral, Wilfrid Laurier. Pour l’occasion, des condoléances sont expédiées par courrier à «Lady» Laurier. Le conseil municipal fait même publier dans le journal La Presse l’expression du profond regret de la population terrebonnienne.

Depuis 1914, la Ville est propriétaire de son réseau électrique, une sorte «d’Hydro-Terrebonne». Voilà que l’électricien municipal, Eugène Lapointe, demande à la Ville d’emprunter des chaises pour présenter des «vues animées» (films).

Fondé quelques années plus tôt par le curé Comtois, le Cercle St-Louis obtient une «reconnaissance» municipale. Cette association œuvre «dans un but de récréation, d’instruction pour l’esprit et de délassement pour le corps».

Les rues qui ont été macadamisées en 1913 et en 1914 se détériorent rapidement. Le conseil souhaite obtenir des octrois de la province totalisant 50 % des coûts afin de les réparer.

L’encaissement des taxes s’avère difficile et force la Ville à mettre en vente six propriétés «pour défaut de paiement». Le 15 novembre, un souper aux huîtres se tient dans la salle municipale afin de fêter le député Athanase David.

La vie économique

Le conseil municipal encourage toujours l’établissement d’industries dans les limites de la ville. Au cours de l’année, les élus accordent une exemption de taxe foncière pour une période de neuf ans au manufacturier Magloire Desjardins et Fils (rue Théberge).

Les restrictions liées à la guerre étant disparues, les entrepreneurs George Moody et M. Sladen mettent en œuvre le premier service d’autobus (estival) entre Terrebonne et Montréal. L’autobus avec roues en caoutchouc durci allait jusqu’au terminus du Mile-End, au coin des rues Bernard et Saint-Laurent.

Toujours la prohibition

De 1915 à 1917, la vente de boissons alcoolisées était interdite dans les limites de la ville de Terrebonne. L’opposition à la vente d’alcool demeure forte, encouragée par le clergé et les éléments les plus conservateurs de la communauté. Voulant plaire au plus de gens possible, le conseil municipal accorde des permis à trois hôteliers de la ville, en autorisant seulement la vente «de la bière et de vins légers». Le coût annuel du permis pour les hôteliers est de 200 $; en comparaison, la taxe d’eau était de 50 $.

La grippe espagnole

Une troisième vague d’influenza, connue sous le nom de «grippe espagnole», frappe à l’hiver 1919. Au cours de l’année, cette grippe provoque la mort de 28 citoyens de Terrebonne.

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Source : J. Corbeil, A. Despatis : Terrebonne, 110 ans d’histoire.

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