Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Une sœur enseignante des Saints Noms de Jésus et de Marie casse la croûte avec quelques élèves, près du couvent, en bordure de la rivière des Mille Îles. (Photo : Coll. C Martel)

Bilan de l’année 1919 dans nos campagnes

La semaine dernière, nous avons pu observer les acteurs et événements marquants de l’année 1919 à Terrebonne. Nous poursuivons dans cette même veine en dressant le portrait des communautés rurales.

 

Terrebonne Paroisse

Le territoire de Saint-Louis-de-Terrebonne ne compte que 678 habitants. En janvier, le maire sortant, Joseph Martin, est réélu pour une troisième année. Le conseil municipal compte cinq anciens conseillers, ainsi qu’un nouveau, Juste Desjardins. C’est une autre année tranquille où seul l’entretien des chemins et des ponts est d’actualité. Le maire Martin, cultivateur et président de la Commission scolaire de Pincourt, défend le projet d’un nouveau pont sur la Grande-Ligne (ch. Gascon) afin de traverser la rivière Mascouche; un projet qui implique également les élus de Mascouche.

Mascouche

Avec ses 1 900 habitants, la municipalité de Saint-Henri-de-Mascouche  est dirigée par un nouveau maire, Oscar Dugas, qui a défait le maire sortant, Eugène Allard, lors de l’élection du 9 janvier. Il est assisté des conseillers Paul Turenne, Joseph Beauregard, Albert Robinson, Henri Brien et de deux nouveaux : Victor Bourgoin et Onésime Demers. Le secrétaire-trésorier est Joseph-Wilfrid Beaudouin. Le «spirituel» est sous la gouverne du curé de la paroisse, J.-M.-Alphonse Dugas.

Sur le plan municipal, l’entretien des routes et des ponts est au cœur des délibérations, si bien que le maire et le conseiller Robinson participent à un congrès à Québec sur les «bonnes routes». Il en coûtera un gros 40 $ à la Municipalité. Il est question de construire une route entre Mascouche et Saint-Esprit – la future route 18! D’ailleurs, après un éboulis, une portion de la montée de la Pachane (ch. Saint-Henri) est refaite près du village.

L’état de désuétude du pont du Bas de Mascouche amène la Municipalité à embaucher l’avocat Ernest Hébert pour défendre le dossier. Un litige vieux de quatre ans avec l’entrepreneur de ponts Pacifique Leroux se conclut en cour, à Joliette, entraînant des frais de 768 $ à la Municipalité.

En octobre, le conseiller Onésime Demers se voit forcé de démissionner, car il n’avait pas les qualités requises pour siéger au conseil selon l’article 228 du Code municipal, notamment parce qu’il ne possédait pas un bien-fonds d’au moins 400 $. L’histoire entraîne également un jugement de cour à Joliette, le 1er décembre, obligeant le départ du maire et du conseiller Henri Brien. Que s’est-il passé entre-temps? Le 17 décembre, des élections partielles se tiennent et le maire Dupras, ainsi que les conseillers Brien et Demers sont élus sans opposition.

Lachenaie

Les quelque 720 habitants ont élu un conseil municipal composé du maire sortant Aristide Laurier, des quatre anciens conseillers et de deux nouveaux : Alphonse Vaillancourt et Alexandre Clarck. Le curé J.-A. Chaussé est établi dans la paroisse depuis 1906.

Dès le 4 janvier, la commission scolaire doit fermer les trois écoles à cause du terrible fléau de la grippe espagnole. L’épidémie est si violente que les écoles n’ouvrent que le 21 février. La stratégie fut probablement bénéfique, car peu de Lachenois perdent la vie lors de ce fléau.

Le village accueille un nouveau service; la femme du marchand général Gaspard Venne, Albina Vienne, prend la direction du nouveau comptoir de la Banque provinciale du Canada à compter de mai, lui qui s’ajoute au bureau de poste déjà présent dans le magasin.

La Plaine

La nouvelle mission de Saint-Joachim est de plus en plus viable, si bien que des opposants de la première heure acceptent maintenant de fréquenter la nouvelle église de La Plaine. Des demandes sont effectuées afin d’obtenir l’érection officielle de la nouvelle paroisse qui, cette fois, inclurait une partie de Sainte-Anne-des-Plaines. Le curé de cette paroisse, Joseph Coursol, est toujours opposé au projet, mais l’on s’en bien qu’il n’a plus l’écoute des hautes instances religieuses, si bien que les démarches officielles s’enclenchent à l’automne de 1919. C’est une grande victoire pour ceux qui déjà, 10 ans auparavant, avaient lancé l’idée de créer une paroisse à La Plaine.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

 

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