Un brin d’histoire

Photo de Claude Martel
Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Construction du chemin du Coteau en 1969. (Photo : SHRT, fonds Aimé-Despatis)

L’année 1969 en bref

Le peuple québécois est toujours plongé dans sa Révolution tranquille, mais elle est un peu moins tranquille! C’est une année marquée par de nombreuses manifestations, dont une vire à l’émeute. Le sort de la langue française polarise les débats, contribuant davantage à la montée du nationalisme québécois. Notre MRC poursuit sa croissance urbaine avec ses 24 070 habitants.

 

La société

Le Front de libération du Québec (FLQ) commet un attentat à la Bourse de Montréal; quelques semaines plus tard, 15 000 manifestants défilent devant l’Université McGill en réclamant «McGill français»! La grève des policiers-pompiers de Montréal survient au mauvais moment, alors qu’une manifestation dégénère en émeute au centre-ville. Le Québec n’est pas habitué à une telle violence.

La loi 63, qui doit en principe favoriser l’usage du français dans l’enseignement, permet toutefois aux parents de choisir la langue d’enseignement pour leurs enfants, si bien qu’elle suscite un mécontentement généralisé qui donne lieu à la formation du Front commun du Québec français. La cause nationaliste lève d’un cran, le 16 novembre, lorsque la Société Saint-Jean-Baptiste donne son appui au projet d’indépendance du Québec. Un mois plus tard, le rapport de la commission Laurendeau-Dunton confirme que les francophones sont désavantagés au travail par rapport aux anglophones, que leurs revenus sont moindres et qu’ils ont moins de chances de promotion.

Sur le plan culturel, la télésérie Quelle famille s’amorce le 7 septembre; elle fera œuvre d’éducation populaire auprès des parents «démunis» face aux comportements de leurs jeunes. On ne peut également passer sous silence le match inaugural des Expos de Montréal, le 8 avril, au parc Jarry. Le baseball va certes connaître une popularité dans les années qui suivent.

La politique municipale

À Terrebonne, Claude Paquette en est à sa deuxième année comme maire. Bien impliqué dans la communauté, également président de la commission scolaire, il s’est fait élire en 1968 en critiquant sévèrement les dépenses de l’administration précédente. Toutefois, dès l’adoption de son premier budget (1968), celui-ci augmenta de 11 %. En 1969, le budget passe de 919 000 $ à 1 035 673 $, soit une augmentation de 13 %, franchissant la barre psychologique du million de dollars. La croissance des dépenses municipales fait jaser, mais en contrepartie, la ville connaît un essor urbain spectaculaire.

Parlant d’essor urbain, quatre promoteurs immobiliers de Terrebonne vont demander l’annexion d’une partie de Lachenaie à la ville de Terrebonne. Le quartier visé, le Pied-du-mont, se trouve dans les limites de Lachenaie, mais est formé par la continuation des terres de Terrebonne, dont le développement résidentiel vire à plein régime. Sans surprise, la réponse des autorités municipales de Saint-Charles-de-Lachenaie est un non catégorique.

Le 27 mars, le gouvernement fédéral annonce la construction d’un nouvel aéroport international à Sainte-Scholastique (Mirabel), entraînant un engouement auprès des élus de la région, qui voient déjà les retombées économiques jaillir jusqu’à Terrebonne.

À Saint-Louis-de-Terrebonne, le conseil municipal offre 2 000 $ à la Défense nationale afin d’acquérir le champ de tir Saint-Maurice – on attend toujours la réponse! La Municipalité acquiert également pour 1$ l’aqueduc de la crèmerie Grenache, qui dessert 25 abonnés au centre de la côte de Terrebonne.

Les élections municipales de novembre permettent la victoire sans équivoque de Joseph-Édouard Sarrazin à Lachenaie, contre son adversaire Fabien Beaudin. À Saint-Louis-de-Terrebonne, le maire sortant Louis-Gilles Ouimet fait une bouchée de son adversaire Robert Boyer. Toutefois, cette élection montre un malaise avec M. Boyer qui, provenant du rang Saint-Roch, tente de démontrer que les citoyens de l’ouest de la municipalité n’avaient pas l’écoute des élus.

Les événements

C’est officiel, dès le 6 février, les résidents peuvent acheter leurs boissons à la Régie des alcools; c’était attendu depuis longtemps. Le 15 avril, l’église de Saint-Joachim est détruite par un violent incendie; une nouvelle église est reconstruite au début de décembre sur un nouvel emplacement du boulevard Laurier. Le 26 juin, un déraillement spectaculaire démolit une partie de la gare de Terrebonne. En septembre, les élèves du secondaire entrent dans la première polyvalente de Terrebonne, Armand-Corbeil.

____________________

Source : Fonds de recherche de l’auteur.

Partager cet article

Commentez l'article

avatar