Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
On danse le charleston! (Photo : Infogram.com)

Les Années folles

Nous amorçons la nouvelle décennie 2020. Sera-t-elle le reflet des années 1920, mieux connues sous le nom des «Années folles»? Cette décennie a été intense à tous les points de vue, marquées par de grandes nouveautés technologiques, sociales et culturelles sur fond de croissance économique.

Les effets de la guerre

Au lendemain de l’armistice du 11 novembre 1918, le moral de la population est au plus bas; la guerre a fait tant de victimes que le peuple se dit : «C’était la dernière guerre»! Plus jamais l’humanité ne devrait vivre une telle horreur! Pendant que la population panse ses plaies sociales, la gens libérés du rationnement consomment à outrance afin de combler le vide laissé par la guerre. D’ailleurs, ils retrouvent le goût de vivre; un vent de bonheur souffle sur le pays, mais c’est un tout un vent de changement qui pointe à l’horizon.

L’économie

Malgré une «mini» crise économique de 1920 à 1923, l’afflux de capitaux américains va permettre un boom économique sans précédent qui se reflète dans le développement commercial et industriel des grandes villes. D’ailleurs, la population rurale, notamment celle de notre région, va être grandement attirée par Montréal, qui se transforme rapidement. Nos campagnes se vident, car la métropole a beaucoup plus à offrir en matière d’emplois, mais aussi en confort et en commodités.

Le monde ouvrier s’organise. En 1921 naît la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, l’ancêtre de la CSN. Les jeunes ouvriers ont tout donné sous les drapeaux, c’était maintenant aux riches de contribuer!

La technologie

Au cours des années 1920, l’électrification rurale progresse rapidement au Québec. Cette avancée technologique favorise la mise en marché de nouveaux appareils électroménagers «comme le grille-pain, la cafetière, la bouilloire électrique, le réfrigérateur, la machine à coudre, le fer à repasser, la sécheuse, la laveuse et l’aspirateur facilitant ainsi l’exécution des» tâches ménagères. À cela s’ajoute la venue du téléphone dans la majorité des maisonnées.

Les femmes

Le retour à la paix a pour effet collatéral de déloger les femmes du marché du travail, elles qui maintenant avaient goûté à ce nouveau mode de vie. Une nouvelle génération de femme se libère des stéréotypes féminins. D’abord physiquement, les femmes osent se couper les cheveux et portent des pantalons comme le font les garçons. En contrepartie, les décolletés se font de plus en plus plongeants, au grand dam des parents et du clergé catholique qui crie au scandale. Un nouveau standard féminin apparaît, la femme doit avoir un corps athlétique. Quelques pionnières accèdent aux diplômes universitaires.

Bien que les femmes obtiennent le droit de vote au fédéral en 1917, la bataille se poursuit, principalement au Québec, afin d’intégrer les femmes au débat politique. Si Agnes Macphail est la première femme à se faire élire en 1921 au parlement d’Ottawa, le Québec résistera encore quelques décennies avant «d’accorder sa confiance au sexe faible».

La culture

Certes influencée par les femmes, la culture des années 1920 est en profonde mutation. Venu des États-Unis, le jazz (ou rag) s’étend à l’Occident; Montréal en devient un centre de diffusion. On danse maintenant au rythme du charleston. De nouvelles danses plus rythmées s’introduisent : le fox-trot, le one-step trouvent des adeptes même si elles sont interdites par l’Église catholique. La valse laisse la place au sensuel tango.

Le mouvement surréaliste modifie les courants en peinture, en sculpture, on assiste à de nouvelles formes de poésie, de théâtre, de ballet. Le music-hall et les opérettes foisonnent. L’architecture fait place à un nouveau mouvement : l’art déco. Bref, la culture se démocratise, on assiste à la naissance d’une culture populaire.

À l’ère de la radio

À compter de 1920, les ondes radio rayonnent depuis Montréal. Ce médium devient rapidement un vecteur culturel qui permet notamment de diffuser des nouvelles et de faire connaître à un grand nombre de personnes les œuvres des vedettes du cabaret et du music-hall.

Les Années folles connaissent une fin abrupte avec le krach boursier, en novembre 1929.

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Sources : Fonds de recherche de l’auteur et site Web entredeuxguerres.e-monsite.com.

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