Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Le père Wilfrid Corbeil à l’œuvre. (Photo : Musée d’art de Joliette)

Wilfrid Corbeil (1893-1979)

Enfant de La Plaine, parmi les plus illustres personnages de cette localité, ce religieux de la congrégation des Clercs de Saint-Viateur consacrera sa vie à l’enseignement des beaux-arts et à l’architecture religieuse. On lui doit notamment le Musée d’art de Joliette.

La famille

Né à La Plaine le 20 mars 1893, plus précisément au 10851, chemin du Curé-Barrette, il est baptisé à l’église de Saint-Lin, car, à cette époque, cette partie de La Plaine relevait de cette paroisse. Il est le fils du beurrier Théodule Corbeil et de Dina Grégoire. En 1898, la famille déménage à Ville des Laurentides (Saint-Lin) où son père fait construire une usine (beurrerie) dans laquelle on fabriquait aussi des bonbons.

L’appel de Dieu

Après avoir fait ses études classiques au séminaire de Joliette, auprès des Clercs de Saint-Viateur (CSV), il se joint à cette communauté le 25 juillet 1912; il est alors âgé de 19 ans. Il prononce ses vœux en 1914 et est ordonné prêtre le 13 janvier 1918, année à laquelle débute sa carrière d’enseignant à Joliette. De 1925 à 1927, il œuvre au scolasticat d’Outremont, puis il part pour Paris où il obtient une licence ès lettres de la Sorbonne, en 1929. Il séjourne également à l’Institut catholique de Paris. Son passage en Europe lui permet de perfectionner sa formation en beaux-arts.

Serviteur de Dieu et de la beauté

En 1931, il est de retour au séminaire de Joliette à titre d’enseignant. Il y fonde un studio de peinture et réalise des décors de théâtre. En plus d’animer des classes de lettres, il dirige le journal étudiant et organise des expositions d’art.

Passionné par la beauté, il est un peintre talentueux et soutenu par plusieurs collaborateurs.

En 1936, il entreprend sa carrière d’architecte et procède à la construction du superbe noviciat des CSV de Joliette, en 1939-1940. L’édifice, s’inspirant d’une abbaye normande du 12e siècle, peut être qualifié d’œuvre maîtresse du père Corbeil. Il conçoit l’église de la paroisse Sainte-Thérèse (Joliette) en 1951-1952, puis la réfection de l’évêché de Joliette (1953-1954), pour ne nommer que celles-ci.

Très impliqué dans le milieu des arts, lui-même collectionneur, il participe à la mise en œuvre d’un musée d’art au séminaire dès 1943. Trois ans plus tard, il est cofondateur du Retable, une association destinée à promouvoir l’art sacré au Canada. Il peint des fresques religieuses, des chemins de croix et des tableaux, et figure comme créateur de biens mobiliers religieux. Sa peinture profane est aussi très prisée.

L’idée d’un véritable musée d’art germe en lui, si bien qu’au début des années 1960, il convainc son entourage d’investir dans ce projet. Il préside la Corporation et dessine les plans du Musée d’art de Joliette, lequel accueille le public en 1976.

Cet infatigable travailleur a su œuvrer en communauté; il pouvait même s’avérer critique envers elle, signe de son attachement aux CSV. Comme prêtre-éducateur, il avait compris que la beauté de l’art, notamment de l’art sacré, était un vecteur de spiritualité. Sa pensée, ses œuvres vont largement dépasser les frontières régionales, il compte même des collaborateurs en Europe et aux États-Unis.

Les honneurs

Le 10 septembre 1976, afin d’honorer son œuvre, le gouverneur général Jules Léger lui remet l’Ordre du Canada. La Ville de Joliette l’honore en nommant la rue du Père-Wilfrid-Corbeil face au cégep (ancien séminaire) et au musée. Le 14 janvier 1978, il reçoit le prix Louis-Philippe-Hébert des mains de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Il s’éteint à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal le 20 octobre 1979, à l’âge de 86 ans, et est inhumé dans le cimetière des CSV à la maison-mère de Joliette. En somme, le père Corbeil a consacré sa vie à l’avancement de l’art et de la culture, notamment dans la région de Lanaudière.

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Sources : Auteur inconnu, « Père Wilfrid Corbeil, c.s.v., 1893-1979 », Relais – Bulletin l’information des CSV de Joliette, 19 février 1980 – no 481; site Internet des Clercs de Saint-Viateur : « Wilfrid Corbeil, CSV, serviteur de Dieu et de la beauté » : http://www.viateurs.ca/viateurs-arts/no 121; fonds de recherche de l’auteur.

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