Un brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un brin d’histoire
Billet de 30 sous ou 15 pennys (pences), valant un quart de dollar, émis par la Banque de Québec le 1er octobre 1837. (Photo : Musée de la Banque du Canada)

La monnaie canadienne

La Conquête britannique de 1760 n’apporte pas trop de dépaysement en ce qui a trait à la monnaie; la livre française, qui vaut 20 sols, alors que le sol vaut douze deniers, est changée par la livre anglaise, valant 20 shillings, le shilling valant douze pennys (pences).  

Nouveau système, même réalité

Malgré de nouvelles unités monétaires britanniques, chaque colonie décidait de la valeur attribuée aux multiples pièces de monnaie utilisées sur son territoire. Tout comme sous le règne de la Nouvelle-France, les pièces de monnaie britanniques étaient rares au pays, si bien que l’on retrouvait une grande variété de devises et de pièces en circulation : de l’ancienne monnaie française, des dollars (ou piastre) espagnols, etc. En 1792, les Américains décident de créer leur propre dollar, ajoutant une masse de devises américaines dans le commerce canadien. La valeur du dollar américain est alors basée sur la valeur de la piastre espagnole.

On devine la confusion qui règne! En 1796, on adopte le cours d’Halifax voulant que 5 shillings équivaillent à 1 $. Bref, rien n’est simple avant l’Acte d’Union (1841).

La guerre de 1812, contre les Américains, complique la situation momentanément. Des billets de l’armée, émis en dollars par le gouvernement du Bas-Canada, vont circuler jusqu’en 1816. Par la suite, plusieurs banques vont émettre leurs propres billets, toujours en dollar, bien que la devise canadienne demeure la livre sterling ou anglaise. La Banque de Montréal (1817) a été l’une des plus grandes émettrices de billets et de pièces métalliques.

Le fameux « trente sous »

Sous le Régime français, on utilisait le sol, ou sou, comme valeur monétaire. Le terme « sou » est maintenu dans le langage populaire pour désigner le demi-penny anglais. Lorsque cohabitent les livres anglaises et le dollar américain au début du XIXe siècle, la conversion se faisait comme suit : il fallait 4 $ pour faire 1 livre, soit 480 sous. La livre équivalait à un quart de dollar, soit 120 sous; si bien qu’il fallait 30 sous (demi-penny) anglais pour faire 25 cents américains. Lorsque le gouvernement canadien passe officiellement au dollar, les gens vont continuer de désigner le 25 cents (quart de dollar) comme un « vieux trente sous »!

Le dollar canadien

L’Union politique entre le Haut et le Bas-Canada (1841) permet l’adoption d’un cours uniformisé au Canada, bien que l’argent américain, et même espagnol, circule encore. En 1851, le gouvernement canadien adopte une loi instituant l’obligation de tenir les comptes de la province en dollars et en cents. Mais les autorités britanniques retardent cette disposition. Ce n’est qu’en 1858 que la devise canadienne est officiellement née. On y retrouve des billets de 1 $, des pièces en argent de 20, de 10 et de 5 cents, et une pièce en bronze de 1 cent. La pièce de 20 cents se confond avec le 25 cents américain, si bien qu’à compter de 1870, on la remplace par une pièce de 25 cents canadiens. On y ajoute aussi la pièce de 50 cents. En 1887 s’ajoutent les billets en papier de 2, de 50, de 500 et de 1 000 $.

Dès 1866, le gouvernement imprime ses billets, tout en laissant le droit aux banques de faire de même. Avec la confédération de 1867, les billets gouvernementaux deviennent les « billets du Dominion ».

En 1935, en pleine crise économique, on crée la Banque du Canada, qui sera dorénavant la seule émettrice de billets; les billets du Dominion et ceux des banques privées sont retirés.

En 1987, on assiste au remplacement des billets de 1 $ par des pièces métalliques; neuf ans plus tard, les 2 $ connaissent le même sort. Finalement, le 4 février 2013, les pièces d’un cent disparaissent du paysage.

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Sources : James Powell (2005), Le dollar canadien : une perspective historique, Banque du Canada, 125 pages; fonds de recherche de l’auteur.

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