Un brin d’histoire

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Par Pénélope Clermont
Un brin d’histoire
Billet de la loterie nationale de colonisation de 1884.

Histoire des loteries

Loto-Québec fête ses 50 ans cette année. En fait, elle a été créée en 1969, mais c’est en 1970 que les billets de loto ont pris leurs envols. Pour l’occasion, on relate un bref historique des loteries au Québec.

Dans l’Antiquité

Aussi loin que l’on puisse reculer dans l’histoire, l’être humain témoigne d’une profonde attirance pour le jeu et les tirages au sort. L’empereur Néron (l’an 37 à 68) marquait les fêtes de l’Éternité par des tirages populaires allant jusqu’à mille lots par jour. En contrepartie, le droit romain défend les jeux de hasard avec échange d’argent. En France, les ordonnances se succèdent afin de contraindre les jeux de hasard, de même que les jeux de quilles, de boules ou de billes. Mais ce sera toujours sans véritable succès, le goût du jeu l’emporte sur les lois! Bon prince, François 1er assouplit les règles en 1520 en créant un bureau de loterie. Dans différents pays d’Europe, les États vont organiser des loteries afin de financer leurs coffres, que ce soit pour financer une guerre ou des infrastructures.

En Nouvelle-France

En 1611, Louis XIII émet l’interdiction de tous jeux moyennant de l’argent. En 1684, les autorités interdisent plusieurs jeux, mais en parallèle, on sait que la femme du gouverneur de Denonville organise des loteries! Au 18e siècle, on autorise certaines loteries. Dans les faits, elles sont plutôt réservées à l’aristocratie. Bref, la société s’adonne libéralement aux jeux de cartes et de billard, agrémentés de substantiels paris. Toute porte à croire que les jeux et loteries étaient bien répandus et qu’ils bénéficiaient d’une tolérance générale des autorités.

Avec les Anglais

Les Britanniques s’adonnaient également aux jeux et vont se montrer plus ouverts. D’ailleurs, afin de ramasser un million de dollars pour combattre les Américains, ils lancent une loterie en 1776. En 1810, on autorise une première loterie privée visant à financer la construction d’une route entre Montréal et les Cantons de l’Est.

Revirement de situation, une loi de 1817 bannit formellement tout jeu de cartes, de dés, de dames, de quilles ou tout autre type de jeu afin de briser « ce vice pernicieux » qui, semble-t-il, provoque la ruine de plusieurs individus. Mollement appliquée, cette loi ne donnera pas de résultats. De plus, les loteries américaines envahissent les pages des journaux canadiens. À défaut des loteries, les tirages, encans et bazars au profit des bonnes œuvres deviennent fort populaires au Québec. Dans les années 1830, les loteries américaines déclinent et disparaissent, laissant place à l’éclosion de plusieurs petites loteries privées.

Loterie nationale

Dès le 1er janvier 1857, toute forme de loterie devient interdite au Québec. Mais en 1860, l’Église catholique convainc le gouvernement de permettre les tirages ou bazars pour les œuvres charitables avec de petits montants. En 1867, la Province de Québec permet l’usage de loteries pour le soutien religieux, scolaire ou la colonisation, et ferme la porte à toutes loteries étrangères. C’est dans ce contexte que nait la grande loterie du Sacré-Cœur.

Dès 1884, le curé Labelle met en œuvre la loterie nationale de colonisation, elle fera modèle et permettra la création de la Loterie de la Province de Québec. Mais en 1893, les loteries sont de nouveau interdites, malgré les veines tentatives de 1934 et 1950. En 1968, le maire de Montréal, Jean Drapeau, lance une « taxe volontaire » en guise de loterie. Déclarée illégale, elle suscite l’intérêt du gouvernement du Québec qui, soutenu par une réforme en profondeur du Code criminel canadien par le gouvernement Trudeau, va permettre la tenue des loteries à compter du 1er janvier 1970.

Loto-Québec

Le 14 mars 1970 se tient le premier grand tirage de Loto-Québec sur les ondes du canal 10-CFTM. On y achète des billets pour la Mini Loto (50 ¢), l’Inter Loto (2 $) et la Super Loto (10 $). Plusieurs produits vont être lancés par la suite, mais l’arrivée en décembre 1983 du 6/49 va révolutionner l’intérêt des loteries au Québec.

Source : Michel Labrosse (1985), Les loteries – de Jacques Cartier à nos jours, Stanké.

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