Un Brin d’histoire

Claude Martel
Un Brin d’histoire
L’Expo 67 est sans conteste l’événement marquant de l’année 1967. Ici, les îles Notre-Dame et Sainte-Hélène au cœur des célébrations. (Photo : Ville de Montréal)

L’année 1967 en bref

 

C’est l’année de l’amour, c’est l’année de l’Expo, dit la chanson; la société québécoise est en profonde mutation, on est au cœur de la Révolution tranquille, de la mise en œuvre du Vatican II, les travailleurs font la grève pour améliorer leurs conditions, la place du français et le mouvement souverainiste germent dans l’opinion publique! Le Québec est un vaste chantier.

 

La gouvernance locale

Une communauté qui est essentiellement rurale, composée de 20 950 habitants, dont un gros village en expansion (Terrebonne), fait office de principal centre de services; voilà ce qui résume le portrait du milieu. Les derniers chalets se convertissent en résidences permanentes; le portrait de la société change également avec l’apport de plus en plus nombreux de nouvelles familles «étrangères», venant des quatre coins du Québec. À Terrebonne (7 475 hab.), le maire François Paquin (depuis deux ans) tente de moderniser la ville, mais quelques vieux conservateurs manifestent encore leur opposition; Alfred Alexander est défait par Louis-Gilles Ouimet, qui devient maire de la paroisse de Saint-Louis-de-Terrebonne (2 830 hab.); Joseph-Édouard Sarrazin occupe toujours le fauteuil de maire de Saint-Charles-de-Lachenaie (2 880 hab.); Gilles Forest est à la barre de Saint-Henri-de-Mascouche (6 880 hab.) et depuis deux ans, c’est un gros village en voie de connaître ses premiers quartiers résidentiels; enfin, à La Plaine, un jeune et nouveau maire arrive en poste, Philippe Villeneuve, qui à son tour, entreprend de moderniser son petit patelin agricole de Saint-Joachim (870 hab.). 

Notre députation se compose de deux députés libéraux à Ottawa, soit Léo Cadieux (Terrebonne) et J.-Roland Comtois (Joliette-L’Assomption-Montcalm).

À Québec, les unionistes Hubert Murray (Terrebonne) et Robert Lussier (L’Assomption) en sont à leur première année comme députés. Le 31 octobre, le Dr Lussier devient ministre des Affaires municipales dans le cabinet de Daniel Johnson.

La société

Le nouveau gouvernement de Daniel Johnson poursuit malgré tout les réformes amorcées par les libéraux de Lesage. Le 21 janvier, le gouvernement vote la loi 21 mettant fin aux collèges classiques, remplacés dès l’été par les cinq premiers cégeps du Québec. En mars, on inaugure le nouveau pont-tunnel Louis-H.-Lafontaine et on annonce la création d’un programme d’allocations familiales.

En cette année où l’on commémore avec éclat le centenaire du Canada, l’Exposition universelle de Montréal devient sans conteste l’événement de l’année. Du 27 avril au 29 octobre, le site accueille 50 millions de visiteurs; outre l’impact touristique et économique sans précédent, le peuple québécois découvre la planète et s’ouvre culturellement au reste du monde! C’est là le principal héritage de l’événement.

Le 14 juillet, jour de la fête nationale des Français, le général de Gaulle est en visite à Montréal et lance son célèbre «Vive le Québec libre!» La foule est en délire, alors que la consternation règne à Ottawa. Était-ce là le véritable germe qui allait donner naissance au mouvement souverainiste du Québec? Le 14 octobre suivant, le congrès du Parti libéral du Québec rejette massivement la proposition du ministre René Lévesque visant la souveraineté-association du Québec, lui préférant la thèse du statut particulier de Paul Gérin-Lajoie. Lévesque quitte alors le PLQ et fonde, un mois plus tard, le Mouvement Souveraineté-Association qui allait, par la suite, contribuer à la formation du Parti Québécois. Chose certaine, en 1967, on assiste à la montée du mouvement indépendantiste au Québec, où était-ce inconsciemment un processus de décolonisation de l’état québécois?

Sur la scène fédérale, la Commission Laurendeau-Dunton, chargée d’enquêter sur le bilinguisme et le biculturalisme au Canada, dépose son premier rapport et recommande que l’anglais et le français soient déclarés langues officielles au Canada.

La politique municipale

Le promoteur Elias Kotler dépose son plan d’aménagement de l’île Saint-Jean prévoyant 722 logements, un centre commercial, écoles, motels et hôpital; à l’automne, on commence les quatre premiers immeubles de six logements, rue Paquin.

Dossier fusion : le ministère des Affaires municipales remet un volumineux dossier relatif à la fusion de Terrebonne et Lachenaie, mais l’étude ne fait aucune recommandation; le dossier demeure «à l’étude» pendant… longtemps! Malgré tout, la ville de Terrebonne s’urbanise rapidement. Il est question d’y construire un aréna, mais ça ne fait pas l’unanimité dans la population. Dans la visée des réformes scolaires, un projet d’école secondaire polyvalente est lancé afin d’accueillir 1 800 élèves; s’amorce ainsi l’école Armand-Corbeil. L’on crée une commission de toponymie à Terrebonne afin de désigner les noms des rues et parcs, mais cette dernière disparaîtra pour n’être recréée qu’en 2017.

Le budget des loisirs est en forte hausse, ce qui suscite les critiques de l’opposition. D’ailleurs, l’équipe du maire Paquin en a assez des critiques conservatrices du conseiller Léopold Bélisle, que l’on qualifie de «Séraphin».

L’île des Moulins devient un parc de maisons mobiles pour accueillir les touristes de l’Expo. L’événement passé, le propriétaire de l’île loue les roulottes de façon permanente, ce qui allait à l’encontre de la règlementation municipale. Une longue bataille prend forme sur l’avenir du site.

À Saint-Louis-de-Terrebonne, le conseil municipal continue ses pourparlers avec la Défense nationale afin d’acquérir le champ de tir Saint-Maurice. La nomination du député Cadieux à titre de ministre de la Défense nationale donne de l’espoir, mais en vain; 50 ans plus tard, notre député fédéral pousse toujours sur le dossier!

Les événements

Le 8 mai s’ouvre le nouveau bureau de poste de Terrebonne sur la rue Léopold-Lachapelle. Trois jours plus tard, les dignitaires de Terrebonne sont rassemblées afin d’inaugurer le nouveau boulevard des Seigneurs entre l’autoroute 25 et la montée Masson. Le dimanche 28 mai, une foule de plus de 600 personnes s’entasse pour assister à la bénédiction de l’église de la desserte Saint-Jean-Baptiste. En juin, du côté est de Lachenaie, on procède à l’ouverture de l’autoroute de la Rive-Nord (autoroute 40) entre le boulevard Henri-Bourassa et Berthierville.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

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