Un cycle infini de plastique recyclé

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Par Pénélope Clermont
Un cycle infini de plastique recyclé
Loop Industries a récemment obtenu un prêt de 4,6 M$ de la part du gouvernement du Québec pour entre autres agrandir son usine pilote et son laboratoire de Terrebonne.

Au contact de Loop Industries, le plastique, matière ennemie de l’environnement, prend des airs un peu plus verts. L’entreprise de Terrebonne a en effet développé une technologie innovante permettant de ramener le plastique à sa source première, entraînant ainsi un cycle infini de recyclage.

L’idée vient du président de Loop Industries, Daniel Solomita. Avec le Dr Hatem Essaddam, chimiste, il a créé dans son sous-sol de Lorraine la première génération d’une technologie de dépolymérisation. On était alors en 2014. Dans l’usine pilote de Terrebonne fondée un an plus tard, la cinquantaine d’employés de l’entreprise développe la deuxième génération de cette technologie, qui consiste à réduire le plastique de type PET (polyéthylène téréphtalate) à sa plus simple expression, soit à ses monomères de base, MEG (monoéthylène glycol) et DMT (diméthyle téréphtalate).

Le plastique PET est notamment utilisé pour les bouteilles d’eau ou de boissons gazeuses comme pour le polyester, que ce soit pour des chandails ou des tapis, qui deviennent donc des sources d’approvisionnement pour Loop Industries.

Un produit pur comme résultat

Si d’autres entreprises se targuent de pouvoir recycler le plastique, Nelson Gentiletti, chef de l’exploitation et de la direction financière de Loop Industries, suggère que cette dernière possède un avantage : « Notre procédé se fait à basse température, dévoile-t-il. Nous sommes capables de séparer les monomères sans que les produits qui ne sont pas du plastique se défassent. Le filtrage est donc beaucoup plus facile à réaliser, ce qui diminue aussi notre coût d’exploitation. »

En d’autres mots, qu’une bouteille soit contaminée de composantes alimentaires ou chimiques, Loop Industries est en mesure d’en tirer un produit pur pouvant être en contact avec des aliments, et ce, à travers un cycle de recyclage infini, rappelle M. Gentiletti. Si on pousse la réflexion plus loin, les déchets de plastique encombrant les océans pourraient constituer une matière première en or pour la jeune entreprise aux visées internationales.

Nouvelle usine aux États-Unis

Le défi? « Avoir accès à des déchets de façon systématique », soulève le chef de l’exploitation. Attachée à ses racines québécoises et terrebonniennes, Loop Industries demeure consciente que sa chaîne d’approvisionnement ne peut se trouver uniquement au Québec, où elle se concentre principalement à développer sa technologie.

En partenariat avec Indorama, leader mondial en fabrication de plastique PET vierge, elle a décidé de construire une usine à Spartanburg, en Caroline du Sud, laquelle sera prête à la fin de 2020 ou au début de 2021. De là, Loop Industries pourra vendre ses « petites billes de plastique recyclé » à des géants de l’industrie, dont Coke, Pepsi et Danone (Évian), avec qui elle a signé des ententes.

Le monde sera le prochain terrain de jeu de l’entreprise de Terrebonne. « Au Japon, 90 % des bouteilles de plastique sont récupérées », informe M. Gentiletti. Ce sont des pays comme celui-là que Loop Industries a dans sa mire. « Plus les pays ont développé un savoir-faire en matière de collectes de déchets, plus notre technologie devient attrayante pour eux », conclut-il.

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