Un lieu bucolique (bientôt) à la disposition des Mascouchois

Karine Limoges
Un lieu bucolique (bientôt) à la disposition des Mascouchois
Grâce à l’accompagnement de Nature-Action Québec, la Ville de Mascouche a été en mesure d’acquérir un milieu naturel à valeur écologique exceptionnelle. (Photo: archives La Revue)

ACQUISITION DU DOMAINE SEIGNEURIAL

Après moult rondes de négociations, la Ville de Mascouche a annoncé qu’elle s’était entendue avec le propriétaire du Manoir seigneurial et de sa forêt domaniale. Le conseil municipal fera donc enfin l’acquisition de ce joyau patrimonial, qui aura suscité les passions et fait couler beaucoup d’encre pendant la dernière décennie.

La Municipalité acquiert ce patrimoine forestier et architectural au coût de 5,6 M$. Un règlement d’emprunt de 10 M$ assurera le cadre financier de cette acquisition et sera présenté lors de la prochaine séance du conseil, le 20 octobre. Ce montant prévoit – outre l’achat – les coûts reliés à la démolition des bâtiments à vocation éducationnelle (le juvénat et le gymnase), aux travaux de sécurisation et de réfection de base des bâtiments patrimoniaux, aux aménagements extérieurs, aux suivis archéologiques, aux divers services professionnels et à l’embauche de personnel requis pour le suivi du projet.

Si tout va bon train, les Mascouchois pourront profiter de la forêt qui deviendra un lieu public dès l’été 2015. «C’est un projet que nous avions annoncé l’an dernier afin de le réaliser dans les trois mandats à venir, a stipulé le maire Guillaume Tremblay. Notre volonté d’aller de l’avant se fonde, avant tout, sur l’apport inestimable de ce lieu dans la vie mascouchoise. Cette décision du conseil restera gravée dans l’histoire de Mascouche.» Dernier vestige des grands domaines seigneuriaux encore intact au Québec, le Manoir seigneurial et sa forêt s’étendent sur une superficie de près de 25 millions de pieds carrés.

Reliée au parc du Grand-Coteau  

Par des corridors verts près de l’intersection des chemins Sainte-Marie et des Anglais, la forêt domaniale rejoindra le parc du Grand-Coteau. Les deux sites récréatifs en milieu urbain ainsi réunis créeront un espace récréatif de plus de 40 millions de pieds carrés que la Municipalité entend bien gérer de façon «écologique et socialement responsable».

Figurant parmi les 31 boisés d’intérêt métropolitain et reconnu comme boisé de grande valeur par le ministère des Ressources naturelles et la Fondation de la Faune du Québec, le projet cadre avec les avenues identifiées en 2012 par le Comité de sauvegarde du Manoir. Précisons que Canards Illimités Canada avait également identifié, dans une partie de la forêt du Domaine, l’un des plus grands milieux humides de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Toutes ces instances pourraient par ailleurs offrir des possibles subventions au projet à naître à Mascouche. Notons aussi que le projet s’inscrit parfaitement dans les orientations et objectifs du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), tout en correspondant aux objectifs du règlement du schéma d’aménagement 97-33R.

Impact sur le compte de taxes

Un tel projet d’envergure ne restera pas sans conséquence sur le compte de taxes. Toutefois, la Municipalité espère bien aller chercher les sommes nécessaires pour aider au financement de ce projet porteur pour les générations futures. Dans le «pire» des scénarios, advenant aucune subvention, l’acquisition coûtera aux citoyens 6 M$, ventilé sur le compte de taxes en 2015 à hauteur de 4,85 $ pour une maison évaluée à 250 000 $, à quelque 12 $ en 2016, puis à 8 $ en 2017 pour un total d’un peu plus de 25 $ à terme. «Nous nous engageons à travailler en collaboration avec les élus en place et l’ensemble de la CMM pour obtenir le financement disponible», a exprimé M. Tremblay. Des démarches ont notamment été entamées auprès du Fonds de développement métropolitain de la CMM, dans le cadre du programme d’acquisition et de conservation d’espaces boisés.

Concessions

Si les négociations ont été longues et ardues, le directeur général de la Ville, Claude Perrotte, affirme avoir été en mesure d’économiser 500 000 $. «Nous avons négocié serré, et je suis fier du résultat: une acquisition au coût de 5,5 M$ plus taxes», résume-t-il. Ceci équivaut à environ 23 sous du pied carré. En contrepartie, Daniel Meyer Ouaknine a négocié de conserver une partie des terres (1 million de pieds carrés) à l’extrême ouest du Domaine, dans le périmètre du chemin Sainte-Marie, du chemin Pincourt et de la montée du Domaine, côté sud, en zone agricole permanente.

Il a également obtenu une servitude en cas de développement résidentiel du Domaine. À cet égard, Guillaume Tremblay a réitéré que le conseil n’avait aucun objectif de développement immobilier, une clause de protection assurant de toute façon le zonage. À ce propos, le maire «rend à César ce qui lui appartient», en remerciant au passage l’ex-mairesse Denise Paquette qui a cru bon, en 2013, d’enchâsser le rôle de conservation de la forêt seigneuriale à l’intérieur du règlement 97-33R.

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Les objectifs dans un horizon de 10 à 15 ans

– Dans un premier temps, sécuriser et stopper la dégradation des lieux

– Démolir le juvénat et le gymnase, ayant jadis servi à l’école Le Manoir

– Dynamiser et animer rapidement les lieux

– Ultimement, installer des infrastructures municipales (complexe multisports, piscine, relais champêtre, maison de la culture, salle communautaire)

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