Un manque de considération et d’écoute dénoncé

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Par Pénélope Clermont
Un manque de considération et d’écoute dénoncé
Selon l’Action populaire des Moulins, l’organisme reçoit de nombreux témoignages et demandes d’aide par lettres, comme celle de la prestataire de 56 ans dont il est question dans l’article.

ORGANISMES COMMUNAUTAIRES AUTONOMES

Affirmant avoir fait preuve d’initiative, de créativité, de solidarité et de résilience afin d’être présents pour leurs membres et la population depuis le début de la pandémie, les 200 organismes communautaires autonomes (OCA) de Lanaudière, représentés par la TROCL, dénoncent le manque de considération et d’écoute du gouvernement du Québec.

Comme le souligne Hugo Valiquette, directeur de la Table régionale des organismes communautaires autonomes de Lanaudière (TROCL), « en temps normal, et encore davantage en cette période difficile que nous traversons, les OCA sont au cœur du filet social québécois ». « Ils ont tissé des liens de confiance avec des milliers de citoyens qui, avec la détresse causée par la pandémie, ont besoin plus que jamais de « leurs » organismes, introduit-il. Malgré la capacité d’adaptation incroyable de ces derniers, une lourdeur administrative et un manque d’écoute de la part du gouvernement viennent ajouter du stress et des inquiétudes dans une réalité déjà complexe. »

Des demandes sans réponses

Dans une conférence de presse tenue par visioconférence, Johanne St-Denis, coordonnatrice de l’Action populaire des Moulins, a affirmé que « les organismes des droits ont l’impression que toutes leurs interventions pour porter leur message sont vaines ». « Nous n’avons cessé d’interpeller le gouvernement sur toutes les tribunes où nous le pouvions, par tous les moyens à notre disposition en ces temps de confinement, par la voix et l’entremise de nombreux interlocuteurs, tant au niveau du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale que des organismes et regroupements sur le terrain, pour réclamer un soutien financier pour aider les personnes les moins bien nanties à traverser cette crise qui les affecte, elles aussi, de manière souvent dramatique », a-t-elle enchaîné avant de déplorer l’absence de réponses de la part des institutions.

Multiplication de témoignages

Elle a ensuite lu une lettre reçue par l’Action populaire des Moulins. Une parmi tant d’autres, selon elle.

« Je n’ai eu aucune aide supplémentaire pour la COVID-19, mais les fins de mois sont très dures, écrit une prestataire de la solidarité sociale âgée de 56 ans. Le coût de la vie a augmenté depuis le début de cette crise et les fins de mois sont encore plus dures qu’avant. Ils donnent de l’aide financière pour tout le monde, à part nous. Je ne suis pas éligible aux mesures annoncées parce que je ne peux travailler. Je suis découragée de voir que tous ont eu de l’aide, mais que moi, je n’ai droit à rien. Je crois que je suis humaine, comme tout le monde. S’il vous plaît, j’aimerais avoir une aide supplémentaire, comme tout le monde. Merci de bien vouloir me répondre. »

« Malheureusement, actuellement les organismes ne savent quoi répondre à ces demandes qui se multiplient », se désole Mme St-Denis.

Réelle reconnaissance réclamée

Au-delà des mots, le mouvement d’action communautaire autonome réclame une réelle reconnaissance. Maya Fernet, coordonnatrice aux enjeux sociaux de la TROCL, souligne : « Alors que les organismes communautaires autonomes soutiennent le filet social à bout de bras depuis le début de la pandémie, le gouvernement se doit d’écouter les besoins que ceux-ci expriment et qui sont le reflet des besoins de nos communautés. Les OCA portent la voix des citoyens, le gouvernement doit être à l’écoute. »

Elle conclut en mentionnant qu’il faut enlever la pression bureaucratique imposée aux organismes afin de leur permettre de réaliser leur mission et de s’adapter aux réalités sur le terrain. « Oui, les fonds d’urgence peuvent pallier certaines difficultés en répondant à des besoins ponctuels, mais ils ne règlent en rien le sous-financement des organismes », fait savoir Mme Fernet.

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