Une campagne de financement pour fonder une famille

Jean-Marc Gilbert

media@larevue.qc.ca

Une campagne de financement pour fonder une famille
Claudia Houle et Steve Tousignant espèrent être en mesure de réaliser leur rêve commun d’avoir un enfant. (Photo : courtoisie)

Claudia Houle et Steve Tousignant rêvent d’avoir un enfant. Ils sont toutefois confrontés à une dure réalité affectant un couple sur six au Québec : l’infertilité. Puisque le gouvernement a mis fin à la gratuité complète du programme de procréation assistée, le couple doit trouver 11 000 $. Devant le peu de solutions qui se présentent à eux, ils ont lancé une campagne pour financer une fécondation in vitro (FIV).

Le couple de Terrebonne tentait d’avoir un enfant depuis un certain temps. Lorsque le diagnostic d’infertilité est tombé, il a frappé comme un coup de massue.

«Nous avons toujours rêvé d’avoir un enfant. Je viens moi-même d’une famille de six et j’en voulais au moins trois. Je crois même que mon conjoint en voulant encore plus», relate Claudia Houle.

Agir rapidement

Maintenant âgée de 33 ans et devant l’importance du montant à recueillir, Mme Houle a rapidement eu l’idée de mettre sur pied une campagne de financement.

Une page intitulée «Mission bébé éprouvette» a été créée sur le site GoFundMe.com. En trois semaines, le couple a amassé un peu plus de 900 $.

Il organise également un souper spaghetti le 8 juillet au Club de Golf de Terrebonne. Environ 125 personnes sont attendues. Surtout des proches et des amis.

Avec les billets vendus au coût de 45 $ (gratuit pour les enfants), Mme Houle et M. Tousignant souhaitent amasser entre 2 500 $ et 4 000 $, une fois les dépenses payées.

Elle remercie d’ailleurs le Golf, qui lui remettra près de 100 % des profits, ainsi que le traiteur Produits alimentaires Rino inc., qui fournira le repas gratuitement.

Il y aura également un tirage de chèques-cadeaux provenant d’autres commanditaires.

Loin du compte

Malgré l’argent amassé grâce à cet événement, l’objectif de 11 000 $ ne sera pas encore atteint.

«Je vais sans doute organiser un autre événement, mais je ne sais pas encore quoi. Et je ne veux pas encore demander de l’aide aux mêmes personnes», souligne la Terrebonnienne.

Aucune garantie

Une fois l’argent récolté, le couple entamera le processus. Toutefois, comme Mme Houle l’indique clairement dans le texte de la page GoFundMe, «il n’y a pas de bébé garanti».

Bien que les taux d’efficacité varient en fonction de divers facteurs, selon les plus récentes données canadiennes, le taux de naissances vivantes découlant d’une FIV est de 33 % pour les femmes de moins de 35 ans. Chez les 35 à 39 ans, ce taux chute à 24 %.

Celle qui souhaite devenir mère déplore la décision du gouvernement d’avoir mis fin à la gratuité complète du programme de procréation assistée, mettant plutôt sur pied un programme de crédit d’impôt variable selon le revenu, et en restreignant l’accès au remboursement.

En février, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’était attiré les foudres des couples infertiles.

Lorsque questionné sur son intention d’éliminer aussi la couverture des médicaments utilisés pour la FIV, il avait répondu que le coût de la fécondation in vitro ne devrait pas représenter un obstacle.

«Il est insultant, le Dr Barrette. Il est en train de dire que si je ne suis pas capable de trouver 11 000 $, je n’ai pas les moyens d’élever un enfant», dénonce-t-elle.

En 2014-2015, alors que la fin de la gratuité du programme de procréation assistée avait été annoncée, plus de 10 000 cycles ont été réalisés au Québec, un record.

 

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