Une enquête qui n’inquiète pas Pierre Fitzgibbon

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Par Gilles Fontaine
Une enquête qui n’inquiète pas Pierre Fitzgibbon
La commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a ouvert une enquête sur Pierre Fitzgibbon, accusé par l’opposition de conflit d’intérêts dans le dossier de Bombardier.

Il y a une semaine, nous apprenions que la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale ouvrait une enquête sur des agissements du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, accusé par l’opposition de s’être placé en conflit d’intérêts dans le dossier Bombardier.

Rappelons que le ministre a rencontré tous les joueurs de l’industrie aéronautique au lendemain de l’annonce, au début du mois de novembre, de suppression de postes chez Bombardier, dont 2 500 au Québec. À la suite de cette rencontre, les médias ont rapporté la promesse du ministre de supporter le géant québécois.

«Je ne veux surtout pas banaliser tout ça. Même si je trouve le débat un peu triste, je dois en prendre conscience à cause de la perception des gens. Les ministres ont des règles très strictes à suivre. Techniquement, le 18 décembre, je dois être en parfaite ligne avec toutes les règles mises en place par la commissaire à l’éthique, ce que je respecte totalement», a soutenu le ministre et député de Terrebonne.

Fiducie sans droit de regard

«Mes actifs de contenus publics sont gérés de façon discrétionnaire par un courtier depuis plusieurs années, car il y avait les mêmes enjeux lorsque j’étais au conseil d’administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Et depuis un mois, je ne vois plus mes états. Je ne sais même pas ce que j’ai dans mon portefeuille.»

Le lendemain de son élection, Pierre Fitzgibbon a dû démissionner du conseil d’administration d’Héroux et ses actions ont été déplacées dans la fiducie sans droit de regard.

Rencontre

«Le geste que j’ai voulu poser a été de réunir le plus rapidement possible tous les acteurs de l’industrie aéronautique et de trouver une solution pour ne pas perdre d’emplois dans cette grappe industrielle qui est très importante pour le Québec. C’était la seule préoccupation qui m’habitait», a-t-il assuré.

Le ministre est aussi revenu sur les déclarations rapportées dans les médias. «Ce que j’ai dit à Bombardier, c’est que s’il y avait un projet structurant pour l’industrie et le Québec, le gouvernement écouterait. C’est vrai pour toutes les entreprises de cette industrie.»

Privatisation des profits

S’il admet que le gouvernement ne peut tout contrôler, il reconnaît que des enjeux additionnels pourraient intervenir lorsque la participation financière de Québec sera demandée.

«Je pense qu’il y aura de nouvelles questions à se poser lorsque viendra le temps d’évaluer la performance d’un dirigeant. Je crois que l’aspect financier ne doit pas être le seul critère. L’impact sur l’environnement, la mobilisation des employés, la façon dont les employés sont traités et comment ils se sentent joueront dans la balance. Nos interventions financières devront être arrimées avec un certain engagement social.»

«Le débat est triste. Il faut respecter les employés de Bombardier. Malheureusement, ces derniers n’ont pas cette reconnaissance lorsque l’on parle des dirigeants», conclut-il.

Si Pierre Fitzgibbon n’est pas préoccupé par l’enquête par laquelle il est visé, il ne peut que collaborer entièrement. Il sait plus que tout que ses gestes seront épiés et que ses décisions futures seront déterminantes pour la perception de l’électorat.

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