Une Fête de la diversité empreinte de chaleur humaine

Par Stéphane Fortier
Une Fête de la diversité empreinte de chaleur humaine
La Fête de la diversité, c’est aussi un rassemblement rempli de couleurs.

Elles étaient plus de 250 personnes originaires d’une vingtaine de pays à venir se rencontrer et fraterniser lors de la Fête de la diversité le 14 décembre à Terrebonne. Tous avaient choisi, un jour, de s’installer dans la MRC Les Moulins.

Pour l’organisme AMINATE, lequel a pour mission d’accueillir, d’informer, d’accompagner et de référer les personnes immigrantes nouvellement arrivées à Terrebonne et à Mascouche, cette fête est devenue une véritable tradition au fil des ans. «Nous accueillons une clientèle très variée et chaque année nous amène des gens de diverses origines, mentionne Gérald Biron, président de l’organisme. Le nombre de gens accueillis est toujours en progression et nous peinons à répondre à la demande», de dire celui qui est reconnaissant envers l’entreprise Olymel, partenaire de la soirée.

Phénomène que confirme la coordonnatrice d’AMINATE, Hassiba Idir, originaire d’Algérie, et qui demeure dans la région depuis 15 ans. «Au fil du temps, nous avons accueilli pas moins de 51 nationalités et nous offrons des services à 140 nouveaux arrivants par année. Leur nombre est constamment à la hausse», affirme la coordonnatrice. Pour elle, l’intégration implique un long processus, d’autant que la majorité (70 %) arrive directement dans la région sans passer par Montréal d’abord. «Il y a les aspects social, professionnel, culturel dont il faut tenir compte. Nous visons l’autonomie des familles qui arrivent et nous les aidons avec convivialité et chaleur», assure Hassiba Idir.

L’île Maurice en vedette

Cette année, la Fête de la diversité mettait en lumière l’île Maurice, une petite île située en plein océan Indien, à l’est du continent africain. Le souper permettait d’ailleurs aux convives de savourer des plats typiques de l’endroit. Après les mots de présentation du président et de la coordonnatrice, Samantha Minerve, originaire de cette île paradisiaque, a présenté de long en large son pays, mettant l’accent sur ses traditions, son histoire, sa géographie et sa gastronomie. Suivaient le repas et la danse avec la musique mauricienne.

À l’approche des Fêtes, Samantha et son conjoint, Roody, ont parlé de toute l’importance accordée à la famille en cette période de réjouissances. «Avant les Fêtes, on fait d’abord le grand ménage de la maison et on change tous les vêtements, nous dit Roody avec le sourire. Heureusement toutes les dépenses sont compensées grâce au 13e mois de salaire», précise-t-il. «Chez nous, c’est très décoré, très convivial et tous les membres de la famille demeurent à proximité. Nous sommes très tissés serrés», ajoute Samantha Minerve.

Lors de cette fête, on retrouvait surtout de gens originaires d’Afrique (Guinée, Maroc, Algérie) et de l’Amérique du Sud (Venezuela, Colombie), et tous sans exception mentionnent que la famille est la plus importante valeur dans cette période de l’année. «Nos traditions, à Noël, sont très similaires à ce qui se fait ici, mais l’ambiance est différente. Dans mon pays, on fête beaucoup à l’extérieur, mais ici, avec le froid et la neige…», raconte Laura Reyes, originaire de Colombie. «Nous nous réunissons en famille, mais aussi avec la famille élargie. C’est une grande réunion familiale», poursuit, de son côté, Jessica Marrero, qui vient du Venezuela.

Chez Ghemina et Fatiha, qui nous viennent d’Algérie, c’est le jour de l’An qui est fêté. «Le jour de l’An est une fête universelle et les plats traditionnels sont servis et, bien sûr, on ne boit pas d’alcool», précise Fatiha qui, comme son amie Ghemina, est de confession musulmane. Elles ne fêtent donc pas Noël, qui est une fête chrétienne. «Nous, c’est plutôt l’Aïd. Et il y a deux occasions de fêter dans l’intervalle de 10 jours», explique Ghemina. L’Aïd al-Adha (signifiant «fête du sacrifice»), pendant laquelle le mouton fait l’objet d’un grand partage, ou l’Aïd el-Kebir, signifiant «la grande fête», par opposition avec l’Aïd el-Fitr, appelée Aïd as-Seghir, (ou «petite fête»), se veut, en effet, la plus importante des fêtes islamiques. «Saviez-vous qu’il existe 1 000 recettes de couscous en Algérie?» nous demande Fatiha.

Et en Haïti? «On fête comme ici, mais c’est vraiment le jour de l’An qui est important», rappelle Nephtalie Michel, originaire de Port-au-Prince. Ce sont les cadeaux et prières qui prennent le plus de place lors de cette période en Haïti.

Une telle fête a ravi tous les convives, et les Québécois de souche qui y assistaient ont pu, bien sûr, en apprendre beaucoup grâce à ces nouveaux arrivants.

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