Une histoire de 1884 bien actuelle

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Par Jean-Marc Gilbert
Une histoire de 1884 bien actuelle
L'homme éléphant, ce classique du théâtre contemporain, sera présenté sur la scène du TVT le 2 février. (Photo : Jean-François Hamelin)

L’HOMME ÉLÉPHANT EN TOURNÉE

La tolérance et l’acceptation de la différence, concepts bien présents dans l’actualité, ne datent pas d’hier. Ce sont aussi des sujets principaux dans la pièce L’Homme éléphant mise en scène par Jean Leclerc. Acclamée par les critiques l’an dernier, la pièce dont la distribution a été renouvelée s’arrêtera au Théâtre du Vieux-Terrebonne le 2 février à l’occasion de sa tournée québécoise.

En quoi l’histoire de celui qu’on a surnommé «l’homme éléphant» et qui se déroule à la fin du 19e siècle dans un monde où l’Empire britannique est à son apogée est-elle encore pertinente aujourd’hui? «Ça parle de tolérance et de différence. C’est aussi une peinture d’une société victorienne en pleine révolution industrielle, mais aussi très hypocrite. Plus la pièce avance, plus on se rend compte que (Joseph) Merrick était utilisé par tout le monde», explique Jean Leclerc, en entrevue.

Il ajoute que ce «classique du théâtre contemporain traduit en 22 langues» est aussi une histoire vraie. En effet, des curieux payaient pour voir l’anglais Joseph Merrick, né avec le syndrome de Protée qui le rendait difforme, en plus de le faire souffrir. Celui que certains appelaient «le monstre» a été suivi pendant plusieurs années par le chirurgien Frederick Treves.

C’est d’ailleurs en lisant les mémoires de ce médecin que l’auteur Bernard Pomerance a eu l’idée d’écrire la pièce originale, il y a maintenant 40 ans.

Nouveaux comédiens

Si la performance de Benoît McGinnis en avait charmé plus d’un l’an dernier, le metteur en scène promet que celle d’Éric Paulhus aura le même effet. «Je trouve que la pièce est aussi bonne, sinon meilleure. Quelques comédiens ont retrouvé leurs personnages et les nouveaux se sont bien intégrés», juge le metteur en scène, mentionnant au passage que certains jouent deux à trois rôles. «C’est un tour de force de pouvoir passer de l’un à l’autre très rapidement.»

«Il y a eu plusieurs “Ouf!”, des “Ha!” ainsi que des larmes»

Au moment de l’entrevue, la première représentation de la tournée venait d’avoir lieu à Sainte-Geneviève. «La salle était complète et l’accueil, très chaleureux. C’était le silence complet. Les gens ont vraiment embarqué dans la narration. Il y a eu plusieurs “Ouf!”, des “Ha!” ainsi que des larmes», relate M. Leclerc.

Sans artifices

À la suggestion du metteur en scène, Éric Paulhus a incarné son propre Joseph Merrick plutôt que d’imiter d’autres qui ont joué le rôle par le passé. Pas de maquillage, pas de costumes exagérés. C’est par la performance de l’acteur, jumelé au rythme, à la musique et à la lumière, que l’émotion est transmise au public. Le comédien est aussi suivi de près par un physiothérapeute en ce qui concerne sa posture. «Il doit trouver une façon de jouer sans se faire mal et sans que son corps ne conserve de séquelles. Il fait des exercices avant, mais aussi après chaque représentation.»

Celle de Terrebonne arrive environ dans le milieu du calendrier de tournée, qui comporte 23 dates jusqu’à maintenant et qui prendra fin le 16 mars à Gatineau.

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Pour assister à la pièce L’Homme éléphant, présentée au Théâtre du Vieux-Terrebonne le samedi 2 février à 20 h, procurez-vous des billets au theatreduvieuxterrebonne.com ou au 450 492-4777.

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