Une seconde qui change une vie

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Par Jean-Marc Gilbert
Une seconde qui change une vie
Le violent accident est survenu le 25 mai 2019 dans une bretelle d'autoroute. (Photo: courtoisie)

Le 25 mai 2019, la Terrebonnienne Megan Contant était victime d’un violent accident de la route. Souffrant d’un traumatisme crânien et d’une fracture de la colonne vertébrale, la jeune femme de 17 ans a craint de perdre l’usage de ses deux jambes. Un an plus tard, alors qu’elle récupère toujours, elle souhaite passer un message clair : ça n’arrive pas qu’aux autres.

« Aux environs de 17 h, je roulais sur l’autoroute en direction de chez moi lorsque j’ai perdu le contrôle dans une bretelle d’autoroute. En un instant, ma vie venait de basculer », peut-on lire dans un message publié sur sa page Facebook, un an jour pour jour après l’accident. Alors qu’elle roulait sous la pluie, sa voiture a dérapé vers le fossé avant de percuter de face un ponceau et d’effectuer des tonneaux. Elle s’est immobilisée sur le toit, 15 mètres (50 pieds) plus loin.

Rapidement prise en charge par des ambulanciers qui passaient par là, Megan a été transportée à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, puis transférée à Sacré-Coeur, à Montréal.

« J’ai passé 48 heures couchée sur une civière à ne pas pouvoir bouger du tout, à souffrir, et sans savoir si j’allais remarcher un jour. À mon réveil après la chirurgie, lorsqu’ils m’ont ramenée à ma chambre et que j’ai senti que je pouvais bouger mes jambes, ç’a été un grand moment d’émotion pour moi et ma famille », est-il écrit dans le message.

Ces 48 heures ont d’ailleurs été les plus longues et difficiles dans la vie de sa mère, Brigitte Bergeron. « Quand l’urgentologue m’a expliqué la gravité des radiographies, les deux genoux m’ont lâchée, se souvient-elle. Ensuite, l’équipe médicale a dû l’apprendre à ma fille et ç’a été tout un choc. Elle me demandait « Pourquoi? Pourquoi moi? Pourquoi ça m’arrive? » Je n’avais pas de réponse. Je pouvais juste être là pour elle et lui tenir la main. »

Longue récupération

Megan a suivi de nombreux traitements de physiothérapie à la suite de son accident. (Photo : courtoisie)

Au fil des semaines et des mois qui ont suivis, Megan a réappris à marcher, notamment grâce à la physiothérapie. Mais elle a aussi dû apprendre à vivre au quotidien avec certaines limitations physiques, la présence de douleur et de fatigue intense, ainsi qu’avec des sautes d’humeur, des problèmes de concentration et de mémoire. Elle a également dû abandonner temporairement l’école. Certains souvenirs de la dernière année sont plutôt flous. On doit lui montrer des photos pour que la mémoire lui revienne, nous raconte-t-elle en entrevue.

Heureusement, elle va de mieux en mieux et les effets indésirables, tant physique que psychique, diminuent progressivement, la médication aidant. Si la récupération suit bien son cours, Megan envisage de reprendre ses études collégiales en travail social cet automne, de façon graduelle.

Megan Contant vit maintenant avec des tiges et des vis dans sa colonne vertébrale. (Photo: courtoisie)

Incertitude

Même si elle a fêté son dernier anniversaire « avec fierté, debout sur [ses] deux jambes », ses 18 ans ne ressemblent en rien à ce qu’elle avait imaginé et souhaité, souligne-t-elle. Pire encore, un an après l’accident, elle ne sait toujours pas quelles sont les séquelles permanentes avec lesquelles elle devra apprendre à vivre pendant toute sa vie. Toute cette incertitude causée par un freinage un peu trop brusque sur une chaussée trempée, en l’espace d’un claquement de doigts.

C’est cette journée-là que Megan a appris, de façon brutale et cruelle, que les accidents graves n’arrivent pas seulement qu’aux autres. Et au final, c’est précisément ce qu’elle souhaite que l’on retienne de son histoire. « La plupart du temps, c’est quelqu’un qui connaît quelqu’un. Ça a toujours l’air loin de nous, dit-elle. Quand on est jeune, on se sent invincible et on croit que rien ne peut nous arriver. »

La jeune femme et sa mère espèrent que ce message pourra éviter que d’autres subissent le même sort et inciter à la prudence sur la route, même avec l’arrivée du beau temps.

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