Une union de syndicats « historique »

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Par Jean-Marc Gilbert
Une union de syndicats « historique »
Guillaume Tremblay, Chantal Riopel, Patrick Lepage et Sylvain Roy représentent respectivement les cols bleus, les cols blancs, les policiers et les pompiers de Terrebonne. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

Parce qu’ils jugent que la relation entre la Ville de Terrebonne et ses employés est pire que jamais, différents syndicats représentant environ 1 000 employés de la Municipalité s’unissent et s’organisent sur une bannière commune : l’Intersyndical de Terrebonne.

La date du 8 janvier n’a pas été choisie au hasard pour l’inauguration de l’intersyndical. Elle marque aussi l’anniversaire d’entrée en fonction du directeur général de la Ville, Alain Marcoux, l’homme que les représentants syndicaux tiennent en bonne partie responsable de la détérioration importante des relations de travail et des «coupures importantes dans les services» aux citoyens.

Affirmant que M. Marcoux est bien connu pour «son récent saccage des services publics à Montréal», les syndicats des employés manuels (cols bleus), des cols blancs, des pompiers et des policiers s’unissent pour éviter que le redressement des finances publiques se fasse «sur les dos des services». Un cinquième groupe en attente d’accréditation, les employés professionnels, joindra à l’alliance sous peu.

Des économies, mais à quel prix?

Guillaume Tremblay, président par intérim du syndicat des cols bleus, a été le premier représentant syndical à s’exprimer. Il a rappelé que l’arrivée en poste du directeur général a entraîné de nombreux changements au sein des directions, changements faits «de manière cavalière et improvisée». Des restructurations qui ne sont pas étrangères au «cafouillage du déneigement» et «à l’insatisfaction des citoyens quant à leurs services», croit M. Tremblay, rappelant les résultats d’un sondage Mainstreet publiés en novembre et selon lesquels 47,5 % des Terrebonniens considéraient ne pas en avoir pour leur argent comme contribuables. «Que vaut le redressement économique de notre Ville si on n’a plus les services de qualité qu’on avait auparavant?» renchérit Chantal Riopel, présidente du syndicat des cols blancs.

Une grande première

Les pompiers, dont la convention collective est valide jusqu’en 2022, et les policiers, qui eux sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2018, se disent aussi inquiets depuis l’arrivée du directeur général.

Durant la conférence de presse, les représentants syndicaux ont répété à plusieurs reprises qu’une telle alliance était «une première» et qu’un front commun comme celui-ci n’avait jamais été nécessaire auparavant. Est-ce donc dire que la relation n’a jamais été aussi mauvaise entre la Ville et ses employés?

«Ce n’était pas toujours rose avant, mais il y avait du respect. L’alliance s’est faite naturellement, car là, ça va trop loin. Nous n’avons jamais vu ça avant», affirme Patrick Lepage, président de la Fraternité des policiers de Terrebonne.

En plus d’inaugurer l’Intersyndical de Terrebonne, la conférence de presse avait pour but de lancer officiellement la campagne #ProtégeonsNosServices, qui se déroulera sur plusieurs mois pour informer les citoyens sur l’état des services publics à Terrebonne. Quant à savoir quelles seront les prochaines étapes pour l’alliance, les représentants syndicaux sont restés vagues sur la question.

La Ville réagit

Dans un communiqué de presse diffusé en fin d’après-midi mercredi, la Ville de Terrebonne a tenu à «rétablir les faits». «Il n’y a eu aucune coupure dans les services directs à la population en 2019 et il n’y en aura pas en 2020. Au contraire et à titre d’exemple, 1,6 M$ supplémentaire a été injecté pour améliorer le service de déneigement, soit une hausse de 16 %», rappelle d’abord la Ville.

«Dans toutes nos décisions visant à restructurer les finances de la Ville, je dois veiller à ce que la capacité de payer de nos citoyens soit toujours tenue en compte. La rémunération globale de nos différents groupes d’employés présentement en négociation est de 10 à 12 % supérieure à celle des neuf autres plus grandes villes du Québec», ajoute le maire, Marc-André Plante.

Si la Ville considère comme «louables» les efforts de mobilisation syndicale, elle ajoute que «le personnel de la Ville doit faire partie de la solution» pour offrir des services aux citoyens «à des coûts raisonnables». L’administration ajoute qu’elle souhaite discuter de «bonne foi» et «négocier avec ouverture et réceptivité».

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