Venus d’Afrique, ils constituent un atout pour la région

Par Stéphane Fortier
Venus d’Afrique, ils constituent un atout pour la région
Les trois Maliennes Awa, Oumou et Sali.

Lors de la soirée soulignant le Mois de l’histoire des Noirs organisée par AMINATE, plusieurs immigrants provenant principalement d’Afrique ont bien voulu témoigner de leur expérience en tant que nouveaux Québécois.

Carine Djomani est originaire du Cameroun et est arrivée en terre québécoise en mai 2010. Mère de cinq enfants, dont les quatre derniers sont nés ici, elle était enseignante de profession dans son pays. «Je cherchais une vie meilleure pour mes enfants. En 2010, nous avons quitté un Cameroun instable politiquement. Le pays venait d’accéder à l’indépendance et l’avenir n’était pas nécessairement rose pour nos enfants. Nous sommes arrivés au Canada comme résidents permanents», relate Carine. Celle-ci déplore qu’à leur arrivée, personne n’était là pour leur tenir la main. «Nous n’étions pas informés sur la façon de fonctionner ici. Par exemple, chez nous, lorsque quelqu’un est malade, il se rend à l’hôpital. Ici, il faut prendre rendez-vous. Nous aurions aimé, à notre arrivée, compter sur les ressources d’accueil comme AMINATE», raconte celle qui aurait aussi souhaité que sa formation d’institutrice soit reconnue ici, histoire de pouvoir pratiquer son métier.

Carine Djomani et sa petite famille.

En 2016, la petite famille arrive à Terrebonne et tout de suite, AMINATE l’accueille. Non seulement Carine est-elle la bienvenue, mais elle y travaille comme adjointe administrative. C’est elle qui a organisé le Mois de l’histoire des Noirs à Terrebonne en 2017. «C’était important pour moi de souligner l’apport des Noirs dans notre région», dit-elle.

Arrivées du Mali

Sali, Oumou et Awa sont originaires du Mali. Elles sont ici depuis quatre ans, sauf Sali, qui est déjà au Canada depuis 10 ans. Oumou s’implique auprès d’AMINATE depuis le début. «C’est ma famille. J’ai choisi la région pour la tranquillité, la sécurité, bref, la qualité de vie pour nos enfants», explique-t-elle. Ce qu’elle a trouvé étrange à son arrivée? «Le fait que les gens, lorsqu’on les salue, ne répondent pas. Mais bien vite, j’ai compris que c’était comme ça ici», nous dit Oumou. Cette dernière mentionne qu’elle n’est pas venue à cause de la guerre dans son pays ou la politique, mais pour l’avenir de ses enfants.

Et comment voient-elles le Mois de l’histoire des Noirs? «J’avoue qu’au début, je ne comprenais pas l’idée, mais finalement, il s’agit là d’une belle occasion de faire connaître notre culture», de dire Awa. «Et nos valeurs», s’empresse d’ajouter Oumou. «Mais il ne faut pas oublier que le Mois des Noirs, ce n’est pas que pour les Africains, mais aussi pour les Haïtiens et ceux de bien d’autres pays», précise Sali, qui a étudié le droit dans son pays et qui voudrait travailler au niveau international ici.

Un brillant bonhomme

Lorsqu’on rencontre Doudou Sow, originaire du Sénégal et résidant au Québec depuis 15 ans, c’est sa grande érudition qui nous frappe. Ayant réalisé des études en sociologie, il a même écrit deux ouvrages sur l’intégration, lui qui est devenu conseiller stratégique à la régionalisation de la main-d’œuvre immigrante chez Lanaudière Économique. «Je tenais à être présent pour AMINATE, qui se veut un pont entre la société d’accueil et les nouveaux arrivants», d’avouer Doudou d’entrée de jeu.

«Je suis arrivé en février, en plein hiver, c’est pourquoi je dis que je suis ici depuis 15 hivers. Je n’ai pas vécu un choc culturel, mais un choc thermique! Mon intégration a été facile, car j’ai compris rapidement la notion de réseau au Québec. J’ai pu bénéficier d’un accueil chaleureux, j’ai vite trouvé ma place au Québec, où l’on parlait français, et j’ai développé des liens avec la population locale», rapporte Doudou.

Tous ces gens sont d’un apport formidable pour la MRC Les Moulins et AMINATE a su les accueillir afin qu’ils puissent enrichir la communauté par leurs connaissances, leur culture et leur joie de vivre.

 

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