VOICI, VOILÀ – UNE AFFAIRE, UNE AUTRE, par Marie-France DespatiS

Chronique tonique, un brin éclectique, un tantinet philosophique, en masse humoristique et un fétu ironique.

À l’école

Il y a bien des années de cela, circulait une opinion à l’effet que les meilleures écoles de journalisme se retrouvaient dans les hebdos. On disait que la formation ne pouvait être plus complète que dans ces petites enceintes où le métier obligeait à des contacts parmi les plus intimes avec la communauté et les individus, dus à la proximité d’un journal avec ses lecteurs concitoyens.

Un autre bel exemple que cette croyance est fondée nous est apporté par le prix « coup de cœur » gagné par notre pigiste Valérie la semaine dernière.

La Revue et son fondateur, Aimé Despatis, peuvent se vanter d’avoir formé de tels rédacteurs qui ne se contentent pas des flashs, des surfaces et du surplace. On a reconnu à Valérie d’avoir produit un reportage sur une activité sportive en y insérant une dimension humaine inédite.

Même s’ils ne remportent pas tous des distinctions, combien de talents ont émergé à La Revue! Outre les Yves Chartrand du « Journal de Québec » et Joël Goulet de TQS, les Danièle Miny, Jacques Laliberté, Pierre Danzelm, Gilles Bordonado, Louise Despatie, Philippe Pilette, l’auteure de ces lignes de même que nos rédacteurs actuels sont tous issus d’un modèle de journalisme qu’un idéaliste a su transmettre et que tous ont adopté parce qu’il est… Aimé.

Ce qu’il y a de particulier, c’est qu’il continue d’attirer. J’ai reçu la semaine dernière une demande de collaboration d’une jeune aspirante à ce modèle de journalisme. Je devrais dire une demande d’implication puisqu’elle écrit : « Je m’appelle Élodie, j’ai 15 ans et je m’intéresse à votre hebdomadaire. J’aimerais devenir journaliste et connaître le milieu. (….) je voudrais que les gens participent activement, car après tout, c’est leur journal hebdomadaire. Je voudrais que la ville de Terrebonne soit la plus « cool » de Lanaudière. Si j’écrivais pour votre journal, je ferais une rubrique positive. Une place pour les jeunes. Je lancerais des défis à Terrebonne. »

Élodie, à l’instar de vous tous, lecteurs, constitue notre raison d’être. La Revue a constamment privilégié l’échange sinon la complicité. Une place bien chaude vous est toujours réservée. Avec vous, nous sommes toujours sur les bancs d’école où nous apprenons les uns des autres.

Pas de pays sans paysans

« L’image est percutante. Au milieu d’un champ, un agriculteur déverse des dizaines de litres de lait, l’air un peu piteux. « Et pendant ce temps, des gens meurent de faim », dit-il. »

Semble-t-il que le documentaire « Pas de pays sans paysans » sera aussi percutant et fera peut-être même plus de vagues que « L’erreur boréale ».

Je pensais justement cette semaine à l’état de nos belles terres agricoles rongées de plus en plus par l’urbanisation et à celles qui nous restent, mais pour lesquelles je me demande, lorsque l’Union paysanne me transmet des communiqués portant sur le film d’Ève Lamont qui sera présenté jusqu’au 1er décembre au cinéma Ex-Centris, si elles ne sont pas infestées de pesticides ou alors ogéèmisées.

Je compte aller voir ça, mais j’aimerais que tous les décideurs d’affectation de sols, urbanistes et élus y aillent aussi. Peut-être que ça nous engagerait dans une autre voie, un autre idéal que celui disponible à la moindre petite ville venue.

Pas de pays sans Maison

Petite action sans doute que d’aller quérir moutarde, pâté, confiture, miel et vin à la Maison de Pays à Terrebonne, mais je crois que cette petite part vaut mieux que de juste déplorer l’état de fait ci-haut. Les petits producteurs de Lanaudière présents dans la plus vieille maison de Terrebonne, sise rue Saint-François-Xavier, assurent à nos papilles plus que du contentement; ils produisent à petite échelle, artisanalement et proprement. Ils assurent de la santé.

Pontage

Le projet du prolongement de l’autoroute 25 avec son pont est désormais en marche. Le ministre de l’Environnement du Québec l’a accueilli à la suite du rapport du BAPE qui, nous dit-on, l’approuve (sans l’écrire toutefois) « avec d’importantes réserves », notamment en ce qui a trait à la voie réservée pour le transport en commun. On apprend que le projet initial fait tomber les six voies à quatre et n’inclut ni de voie réservée ni de piste cyclable.

Le ministre aurait entériné le projet, environnementalement parlant (sic), car il permettrait une réduction de la pollution par une augmentation de la fluidité de la circulation.

A-t-on bien lu ?

D’autre part, la lecture récente des journaux nous informe de ceci : de 1998 à 2003, les déplacements automobiles ont augmenté de 4,7 % et le parc automobile de la région de Montréal a monté de 10 % (deux millions de véhicules). On statue en parallèle que le transport est responsable à 47 % des gaz à effet de serre.

On serait sans doute avisé comme société d’investir aussi dans les hôpitaux parce qu’à ce rythme, c’est de pontages dont les gens auront besoin pour que leur sang reste fluide…

Reconnaissance

Un proche m’a avoué avoir eu mal au cœur d’avoir donné, de s’être fait assurer qu’il serait mis au courant des résultats de son apport, puis d’avoir appris qu’on l’avait carrément oublié. Je crois que la reconnaissance, la gratitude, doivent être comprises comme des cadeaux, des ajouts, des surplus à l’intense bonheur de donner pour participer au mieux. C’est ce que je lui ai dit.

En écho à ceci, j’ai fouillé dans les citations des sages de ce monde et ai trouvé celle-ci, que je lui dédie: « Qui donne ne doit jamais s’en souvenir, qui reçoit ne doit jamais l’oublier. »

Comme ces gens qui ont reçu de lui ont effectivement oublié, j’estime qu’une autre pensée devrait l’inspirer : « Le blé et la reconnaissance ne poussent qu’en bonne terre. » Il faut cultiver sa bonté, certes, mais tout autant son discernement.

C’est de gratitude dont je veux parler, mais, amoureuse des mots et de leur signification, je me suis mise à songer en termes de re-connaissance. Je me suis dit que c’est comme de partir en reconnaissance, à la découverte d’un nouveau terrain ou encore de le redécouvrir sous d’autres aspects.

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