Terrebonne-Namur, une mission aux retombées concrètes 

De passage à Bruxelles, la mission de Terrebonne a été accueillie par la Délégation générale du Québec. Photo Médialo - La Revue 
De passage à Bruxelles, la mission de Terrebonne a été accueillie par la Délégation générale du Québec. Photo Médialo - La Revue 

La Ville de Terrebonne a réalisé une percée sur la scène internationale en menant une mission en Belgique du 20 au 25 avril 2025. Forte d’une délégation d’une trentaine de représentants municipaux, économiques, culturels et de l’éducation, Terrebonne a posé les bases d’une collaboration durable avec la Ville de Namur, sa province et la Wallonie. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du protocole de coopération signé en novembre 2023 entre les deux villes francophones. 

Par Gilles Bordonado 

Sur le plan économique, la délégation dirigée par le maire Mathieu Traversy a signé un protocole d’entente avec le Bureau économique de la Province de Namur (BEP), gestionnaire du parc Ecolys, pôle européen d’innovation dédié à l’économie circulaire. Ce partenariat jette les bases d’un rapprochement concret avec Tera8, le futur écosystème écoresponsable que Terrebonne développe sur son territoire. « L’objectif de partager des modèles de développement durable est positif et continue d’inspirer notre municipalité », de souligner le premier magistrat.  

La MRC Les Moulins, représentée par Sylvain Ouellette, directeur du développement économique, profite déjà de l’expertise du BEP de Namur, et les retombées sont notables à InnoHub La Centrale, l’incubateur et accélérateur d’entreprises géré par la MRC.   

Outre la Chambre de commerce et d’industrie Les Moulins, plusieurs entreprises étaient aussi sur place. Stéphane Auger, de Microfix, a confié que ses visites avaient poussé sa firme « à se tourner vers l’Europe alors que les relations sont plus difficiles avec les États-Unis ». De leur côté, Marie-Claude Dufour, de MRCO Construction, et Jean Villeneuve, de Sable Villeneuve, ont vu leur mission être inspirée par leur visite européenne. « De plus, notre participation a permis de créer des liens d’affaires entre nous », d’ajouter les entrepreneurs.  

Pour Montoni, les rencontres belges ont mené à des visites de ces investisseurs européens au Québec. « Nos discussions ont consolidé nos liens. Celles-ci se poursuivent et pourraient entraîner la réalisation de projets communs », de dire le directeur Marc-André Fullum. 

Marina Zarija, d’Écowaterlab, spécialisée dans le traitement d’eau, note que les rencontres ne se sont pas soldées par des contrats, car les technologies employées diffèrent, mais qu’elles lui sont tout de même utiles dans la croissance de la compagnie.  

La délégation de la mission Terrebonne-Namur pose devant la Ressourcerie namuroise. Photo Gilles Bordonado

Visite des Namurois au Québec

Des représentants de Namur, dont Maxime Prévost, ministre des Affaires étrangères et bourgmestre de Namur, se sont arrêtés à Terrebonne en juillet pour poursuivre leurs échanges. Accompagnée d’échasseurs et de lanceurs de drapeaux qui se sont produits à Terrebonne, la délégation namuroise a visité des installations locales, dont la Brasserie du Ruisseau Noir, présente à Namur en avril, et le Complexe Enviro Connexions (CEC). Ce dernier a présenté ses façons de faire à une délégation peu familiarisée avec l’enfouissement sanitaire des déchets. 

Des retombées au-delà de l’économie

Le volet social de la mission a été marqué par une entente entre Terrebonne, le CPAS de Namur et l’organisme La HUTTE, spécialisé en intervention auprès des personnes en situation d’itinérance. Ce partenariat vise le partage d’expertises en prévention, en logement transitoire et en accompagnement psychosocial. À Namur, le directeur François Savoie a donné une conférence très courue. La HUTTE a reçu récemment une délégation namuroise, qui a eu droit à une tournée des services offerts au Québec aux personnes sans abri.    

Sur le plan de l’éducation, le Cégep de Lanaudière a poursuivi son dialogue avec des institutions scolaires belges. Sa directrice, Geneviève Perreault, maintient des liens étroits avec ses homologues wallons, et des collaborations sont à l’étude.  

Du côté municipal, les échanges entre Namur et Terrebonne ont été fructueux, surtout en ce qui touche l’aménagement urbain, la piétonnisation de centres-villes historiques, l’intégration des zones vertes et le rôle des pouvoirs locaux dans la planification de la transition écologique. Cette collaboration née de l’amitié développée entre Maxime Prévost et Mathieu Traversy est prometteuse.  

Deux artistes d’ici, Mélanie Haché et Francis Hétu, ont tissé des liens avec la scène artistique namuroise et se sont produits sur place avec éclat et professionnalisme. 

Reconnaissance internationale 

De passage à Bruxelles, la mission a été accueillie par la Délégation générale du Québec, qui a applaudi l’initiative de Terrebonne et confirmé l’importance géopolitique de la Belgique dans la stratégie d’ouverture de la Ville à l’international.  

Le maire et des délégués municipaux ont profité de leur passage dans la capitale belge pour rencontrer des représentants de l’Union européenne (UE). Cela a permis à Terrebonne d’être la première municipalité canadienne à s’inscrire au portail des villes de l’UE pour l’Amérique du Nord. De 2025 à 2028, ce programme financé par l’UE est conçu pour renforcer la coopération entre les villes et les régions de l’UE, des États-Unis et du Canada. Il les met en relation pour élaborer des solutions pratiques aux défis urbains communs. La priorité est donnée à l’innovation, à la durabilité et au développement inclusif, en mettant l’accent sur un échange de politiques réel et réalisable.