Dossier immigration : Le Québec, pour arrêter de fuir 

Brahim est arrivé au Québec en 2023.  (Photo Médialo - Raphaël Isselet)
Brahim est arrivé au Québec en 2023. (Photo Médialo – Raphaël Isselet)

Originaire d’Algérie, réfugié d’Ukraine, Brahim, Mascouchois depuis 2 ans, est au Québec depuis maintenant 3 ans. Ce qu’il souhaite avant tout, c’est de la stabilité.  

La guerre en Ukraine se déroule loin, très loin de chez nous. Et pourtant, ses conséquences sont visibles partout. Brahim a 32 ans, il est électrotechnicien, et, avec sa famille, il a fui l’Ukraine quand la guerre est arrivée. « Nous habitions à Marioupol. Nous sommes partis avant que les bombes n’arrivent, mais il fallait partir. Comment attendre quand tu ne sais pas s’il y aura un autre bus après ? Et ça a été très dur pour ma femme de quitter ses parents », raconte Brahim.  

Après un passage en Pologne, puis une arrivée en France pendant 6 mois, le couple et leur fille se retrouvent en Espagne. « On a essayé de s’installer, mais avec la langue et le travail c’était difficile. Et puis on a entendu que le Canada a fait un programme pour les Ukrainiens, donc on a postulé et on est venu ici. »  

La fin du PEQ 

Aujourd’hui, Brahim se prépare à demander la résidence permanente. Ou plutôt on se préparait. « Malheureusement, avec les changements des programmes, on était sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Et maintenant, d’un coup, on est sur un autre programme. Heureusement que mon travail est un peu qualifié, je peux poursuivre, mais il y a des gens qui ne peuvent pas vraiment réussir sur ce nouveau programme », explique Brahim. 

Ce nouveau programme c’est le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). « Moi, je ne suis pas contre le programme. Mais je suis contre que quand tu vas postuler, tu ne vas pas savoir si tu n’es pas choisi. Si tu es tiré, on va te dire ton nom et voilà, tu es tiré au sort. Mais si tu n’es pas choisi, ils ne vont pas te donner une décision, soit oui, soit non. Et avec le non, tu pourrais rester une année, deux ans, trois ans sans être tiré. C’est l’inconvénient de ce programme », raconte Brahim. 

Il n’est pas question pour lui de perdre du temps dans son intégration. « On a fait la semaine de l’intégration des valeurs québécoises. On essaie de faire notre mieux. Parce que, pour moi, c’est ma destination. Je ne veux plus changer. J’ai assez changé de pays, j’ai assez changé de culture. J’ai essayé de m’intégrer ailleurs, mais c’est bon. À l’âge de 32 ans, avec deux enfants, c’est bon. C’est ici ». Leur deuxième enfant est d’ailleurs né au Québec. 

Vivre dans l’incertitude 

Avec ce nouveau format, Brahim n’est pas sûr de pouvoir rester au Québec avant l’expiration de son visa actuel. « Si le PSTQ ne marche pas, j’ai deux solutions. Je peux faire l’entrée express. Mais je ne peux pas vivre au Québec. Et ça influe sur ma fille, elle s’est intégrée, deux ans de scolarité, elle parle français. Tout le monde parle français. Ses amis, tout. Et puis un autre choc pour elle, je ne veux pas ça. Honnêtement, je ne veux pas ça. Sinon, je peux demander le statut de réfugié », explique Brahim. 

Et toute cette incertitude génère beaucoup de stress pour le jeune papa. Ce qu’il se refuse à laisser voir à sa famille. « Je stresse, mais je le garde pour moi. Ils ont assez souffert. Surtout ma femme. Elle a assez souffert avec ses parents, avec la guerre, avec tout. Ma fille, parfois, il y a des profs qui ne la croient pas quand elle raconte son parcours. Elle dit, voilà, on vient de la guerre, j’ai vu des morts. Elle est un peu, vraiment, on peut dire, sous un choc lointain. C’est comme un cauchemar pour elle. Alors, j’essaie au maximum de la faire oublier », raconte-t-il. 

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