Dossier immigration: du Chili au Québec

Camilla est au Québec depuis bientôt 4 ans. (Photo gracieuseté)
Camilla est au Québec depuis bientôt 4 ans. (Photo gracieuseté)

Camilla Pierotic est chilienne, installée au Québec depuis novembre 2022. À 32 ans, la jeune femme est arrivée pour rester.   

« Je suis arrivée ici comme étudiante internationale pour étudier le marketing numérique. Dans mon pays, j’ai un baccalauréat en ingénierie commerciale. Après ma vocation de diplôme, c’est l’administration des affaires », raconte Camilla.  

Quand elle est arrivée au Québec, Camilla ne parlait pas français. « J’avais lu que ce n’était pas si important que ça et que j’allais me débrouiller qu’en parlant espagnol et anglais. Mais je me suis rendu compte que non. L’information qu’il y a dans nos pays c’est différent de la réalité. C’était un premier choc », explique la jeune femme.  

Apprendre le français 

En janvier 2023, Camilla se lance dans le programme de francisation, avec pour objectif d’apprendre le français le plus vite possible. Elle termine ses études en août 2023 et arrive sur le marché du travail. « Dans mes CV, je cochais toujours français de base parce que je suis très exigeante, bien que je suis en mesure de communiquer. »  

Camilla s’inscrit alors à une session d’information Objectif Intégration. « Au début, je ne comprenais pas. Mais c’était l’accent, parce que, dans la francisation, on est tous dans le même niveau, on va dire, mais je ne savais pas qu’il y avait l’accent des Canadiens, des Français, des Québécois, des Algériens, du Sénégal. Donc ça, c’était un autre monde, décrit-elle. Mais je me suis dit, Camilla, tu connais, tu es capable. Et là-bas, j’ai eu un déclic, je comprenais tout. Et c’était vraiment intéressant de comprendre l’histoire de Québec, la province où j’habite. » 

Un sentiment d’incompréhension 

Avec les changements au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), le statut de Camilla est plus précaire. Parmi toutes les demandes pour se qualifier au sein des nouveaux programmes, la jeune femme se sent submergée par les informations. « Comme j’habite dans la zone de Montréal, les premiers tirages ne m’ont pas appelée. À ce moment, j’étais angoissée. Je me disais, qu’est-ce que je fais? Est-ce que je déménage à une autre ville? Donc, j’ai commencé à chercher quelle ville serait admissible. »  

Mais la jeune femme se prépare aussi à devoir quitter le Québec. « J’ai commencé à faire quelques démarches pour faire l’évaluation des diplômes au Canada. Et là-bas, ils m’ont déjà donné une maîtrise en administration de ces affaires. Il y a des gens qui vont partir du Québec à cause de ça, directement », dit Camilla. « Et je dis, ça, c’est dommage pour le Québec, parce que moi, j’ai tout l’amour ici. J’ai appris le français, je me suis adaptée. Et maintenant, même si je ne peux pas rester, je dis toujours, je suis gagnante. Toujours. Au moins, j’ai déjà gagné le français. » 

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