Le troisième plus vieux jardin d’Amérique du Nord à Terrebonne ?

  • Publié le 9 mars 2026 (Mis à jour le 9 mars 2026)
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Le jardin Mackenzie-Masson au temps de sa splendeur. (Photo fonds Aimé-Despatie)
Le jardin Mackenzie-Masson au temps de sa splendeur. (Photo fonds Aimé-Despatie)

Un urbaniste et diplômé d’architecture de Montréal, Gérald McNichols s’est lancé dans le projet de restaurer le jardin Mackenzie-Masson, qui appartient au collège Saint-Sacrement.  

Gérald McNichols le souligne d’entrée : il n’est pas architecte. Il possède néanmoins une certaine expertise. 

À Montréal, M.McNichols n’est pas un illustre inconnu. Il a notamment participé aux premières réhabilitations du Marché Bonsecours, été membre du conseil du patrimoine de la Ville de Montréal, mais, surtout, a mené la restauration du jardin du séminaire Saint-Sulpice dans l’arrondissement montréalais Ahuntsic-Cartierville. C’est de là que lui est venue son appétence pour la restauration des jardins. « Pour ce projet à Saint-Sulpice j’ai visité des dizaines de jardins, j’ai travaillé avec le Potager du Roi à Versailles… j’ai développé une expertise », présente-t-il.  

Pour lui, le jardin Mackenzie-Masson est un trésor à préserver : il défend la thèse que le jardin daterait de 1810, soit la date à laquelle le terrain a été acquis en face du manoir Mackenzie-Masson. Cette date de naissance ferait du jardin d’un hectare le troisième plus vieux jardin en Amérique du Nord après le jardin Bartram à Philadelphie, fondé en 1728, et le jardin du séminaire Saint-Sulpice à Montréal daté de 1740.  

Un jardin témoin du passé 

Selon lui, l’un des meilleurs atouts du jardin quant à sa possible réhabilitation est sa bonne conservation… sous la surface. « La propriété du jardin a été transférée au Collège Saint-Sacrement en 1989. Au fil des années, le Collège a arrêté d’entretenir le jardin comme il l’était originellement, et c’est bien normal, ce n’est pas la vocation d’un Collège ».  

Mais le Collège aurait seulement recouvert les allées et le bassin existant par une fine couche de gazon. « On voit bien tout ce qu’il y avait avant, explique le porteur du projet, surtout au printemps lorsque le gazon n’a pas encore poussé et recouvert le relief ».  

Originellement, le jardin s’étendait sur un hectare, soit 10000 m2, la même taille que le jardin du séminaire Saint-Sulpice. Situé en face du manoir, le jardin comportait trois parties distinctes : une partie jardin à l’anglaise, une partie jardin à la française et enfin une partie arbres fruitiers et potagers.  

« On voit bien tout ce qu’il y avait avant surtout au printemps lorsque le gazon n’a pas encore poussé et recouvert le relief. » 
 Gérald McNichols 

Dans le meilleur des cas, Gérald McNichols rêverait de pouvoir enlever l’asphalte des aires de stationnement qui rogne un peu sur le jardin. « Il faudrait pouvoir enlever tout ça autour. Le jardin a besoin d’une masse critique de verdure pour pouvoir survivre ». Et sa survie est, pour l’urbaniste responsable du sauvetage du théâtre Corona de Montréal, essentielle. « C’est un jardin bourgeois qui était originellement fermé au public. Ce serait magnifique de pouvoir l’ouvrir pour que le monde puisse en profiter. Cela permettrait aussi d’avoir un lieu pour parler de l’histoire du manoir, par exemple. » 

Un chemin long et tortueux 

Pour mener à bien son projet, Gérald est entré en contact avec le Collège Saint-Sacrement. Pierre Cofsky, ancien directeur et membre actuel du conseil d’administration du Collège, présente la position de l’établissement à ce sujet : « Nous ne sommes pas contre une réhabilitation, mais il est important pour nous que nos élèves puissent conserver un accès au site. Et puis, surtout, le collège ne peut pas assumer le coût de la restauration ».  

Pour espérer voir le jardin Mackenzie-Masson reverdir un jour, Gérald McNichols va donc devoir trouver des appuis, notamment financiers. « Je connais cette situation. Le jardin du séminaire Saint-Sulpice était aussi un terrain privé, ce qui complique la situation pour avoir des aides du ministère, qui n’intervient que sur des parcelles publiques », conclut l’urbaniste. 

Gérald McNichols au jardin Mackenzie-Masson. (Photo Médialo – Raphaël Isselet)

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